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Région Drâa Tafilalet: Choubani contesté, le budget rejeté

Région Drâa Tafilalet: Choubani contesté, le budget rejeté

14 membres du gouvernement ainsi que Saâdeddine Elotmani se trouvent depuis vendredi à Errachidia au moment où le président de la région El Habib Choubani semble en train de perdre sa majorité.

Quatre jours auparavant, le conseil de la région Drâa-Tafilalet avait rejeté le projet de budget présenté par le président Choubani.

El Habib Choubani dirige ce conseil composé de 45 membres dont 12 du PJD comme lui. Il avait été élu par 24 voix contre 18 pour son concurrent Mohamed El Ansari de l’Istiqlal. Les autres voix, non-PJD, provenaient du RNI (2), du PPS (5) et du MP (5).

Lundi 2 octobre, le projet de budget a été rejeté par 24 voix contre 17 seulement qui ont voté pour. C’est-à-dire que Choubani a perdu 7 voix en cours de route. Le projet sera présenté mi-octobre en seconde lecture.

Ce qu’il est intéressant de relever, c’est que l’opposition à Choubani, désormais plus nombreuse, n’a pas voté de manière mécanique, mais a émis des critiques de fond.

Saïd Chbaâtou, l’un des chefs de file de l’opposition, et ancien président de la région, reproche au président Choubani, de ne pas associer les conseillers à la gestion, encore moins à la prise de décision ou à l’élaboration du budget.

Dans une déclaration à Médias24, Chbaâtou estime que “les projets sont bien, mais il y a mieux“. Il évoque le “coût d’opportunité et la nécessité de rationaliser les choix budgétaires“. Selon lui, pour chaque projet, il faut calculer le coût et les retombées et les comparer. “Il ne s’agit pas de dépenser des recettes que le président n’a rien fait pour mobiliser“.

Les recettes des régions sont en effet à ce stade de la mise en place de la régionalisation avancée, des montants acquis mécaniquement, car transférés par l’Etat ou prélevés sur les taxes ou impôts de la région concernée. La région Drâa-Tafilet disposera pour la première fois de son histoire de 500 MDH de recettes.

Les positions exprimées lors de la réunion du conseil divergent sur un éventuel "déficit de communication" entre la présidence et les conseillers et le retard dans l'élaboration du Plan de développement régional (PDR), qui est la pièce maîtresse du travail du conseil et un document essentiel qui sert de feuille de route pour le développement du territoire.

"Nous appelons vivement la présidence du conseil à associer tous les membres sans exception au processus de prise de décision", a affirmé un conseiller à cette occasion, notant que "les débats houleux et passionnés" qui ont émaillé la session montrent clairement que des dysfonctionnements existent quelque part d'où la nécessité de solutions pour transcender cette situation.

D'autres conseillers s'interrogent sur la partie habilitée à définir les priorités du conseil, estimant que les travaux des commissions n'aboutissent pas dans la plupart des cas aux résultats escomptés. Cbaâtou accuse le président d’ignorer totalement les commissions.

Ils estiment que la solution passe par l'implication "de toutes les forces présentes au niveau de chaque province y compris les conseillers régionaux élus au sein de chaque province". Une programmation horizontale est nécessaire, car les élections s’effectuent au niveau des provinces.

tafilalet

Elotmani et 14 membres du gouvernement sont venus à l'écoute de la région.

En réponse à ces critiques, le président du conseil de la région Drâa-Tafilalet, El Habib Choubani, a estimé que ces observations ne sont pas fondées.

"La question de la communication soulevée lors de la session est un faux problème", a-t-il indiqué, notant que les rapports entre la présidence et les membres du conseil fonctionnent de manière normale dans le cadre des institutions à travers les débats au sein des commissions et le rôle dévolu aux chefs des groupes.

Le conseil est doté de canaux de communication et cette mission est confiée à la direction des affaires du conseil, a-t-il ajouté, notant que la mise en place d'un site web est nécessaire puisque cet outil permettra de "communiquer de manière institutionnelle".

S'agissant du retard accusé dans l'élaboration du PDR, M. Choubani estime qu'il est "hors de la volonté du conseil", faisant observer que "la Trésorerie provinciale et les délais de visa du budget" sont responsables de cette situation.

Les critiques formulées par certains conseillers à l'adresse de M. Choubani portent aussi sur la démarche suivie par la présidence dans l'élaboration du projet de budget 2018.

Sur ce point précis, un conseiller du PAM (opposition) indique que le budget n'a jamais été alloué pour un vrai développement de la région, estimant que le budget "est toujours superflu et ne travaille pas de fond sur les problèmes posés dans certains secteurs vitaux comme l'eau potable, la santé et le désenclavement de la région".

Le budget a été élaboré sans diagnostic préalable, il n’y a aucune vision, accusent des conseillers.

Le chef du gouvernement a entamé vendredi une visite de trois jours dans cette région qui a souffert de “marginalisation et d’enclavement“, selon ses propos. Il est accompagné de 14 membres du gouvernement.

Drâa Tafilalet est l’une des régions qui souffrent le plus de déficits et de pauvreté multidimensionnelle au Maroc.

Le 08 Octobre 2017

Source web par Médias 24

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