Permis de conduire ou permis de mal se conduire ?

Permis de conduire ou permis de mal se conduire ?

Najib Boulif épingle des auto-écoles qui estiment pour leur part qu’il faut chercher les failles ailleur

60% des permis de conduire ont été octroyés de manière détournée par les auto-écoles marocaines. C’est ce qui ressort de l’intervention de Najib Boulif, secrétaire d'Etat aux Transports, lors de la séance des questions orales tenue mardi dernier à la Chambre des conseillers. 

Que peuvent bien signifier les mots «manière détournée» dans la bouche de ce haut responsable ? La réponse est à chercher dans les derniers communiqués que son département a publiés récemment et qui parlent de non-respect des heures réglementaires consacrées aux cours théoriques et pratiques,  de corruption et de menace  des fonctionnaires des centres d’examen. Lesquels ont été également pointés du doigt.  Des visites surprise effectuées par les responsables dudit secrétariat d’Etat ont permis de constater de visu que les examens, notamment dans leur volet pratique, ne se déroulaient pas conformément aux normes réglementaires puisque certains candidats n’effectuaient pas la nécessaire rotation qui permet de jauger leur capacité à conduire dans des conditions réelles. De même, le temps qu’il leur a été imparti pour ce bout de conduite était insuffisant. Une situation de plus en plus confirmée par le taux de réussite aux examens pratiques du permis de conduire qui est passé de 98% à près de 40% dans plusieurs villes suite à l’entrée en vigueur  des nouvelles mesures prises par le département de tutelle.

Pour plusieurs propriétaires des auto-écoles, il est difficile de se faire une idée précise des chiffres fournis par le secrétariat d'Etat aux Transports. «Nous ne disposons pas de données précises pour évaluer en toute objectivité le chiffre avancé par Boulif. Mais, nous ne nions pas l’existence de mauvaises pratiques encouragées par certaines auto-écoles. Des pratiques qui causent du tort à l’ensemble des professionnels du secteur», nous a déclaré le propriétaire d’«Auto-école Val Fleuri» à Casablanca. Et de poursuivre : «Il ne faut donc pas généraliser et mettre tous les propriétaires sur un pied d’égalité. Ceci d’autant plus que nous ne sommes pas les seuls à être pointés du doigt. Le département de tutelle doit également balayer devant chez lui».

Notre source estime que les accusations proférées contre les propriétaires des auto-écoles sont monnaie courante et que les ministres chargés du secteur les considèrent comme de simples boucs émissaires auxquels ils n’hésitent pas à imputer tous les maux possibles et imaginables. «Nous ne pouvons pas assumer seuls tous les maux du secteur. Nous ne sommes que le maillon d’une chaîne. Et la sortie médiatique de Najib Boulif n’est qu’une manœuvre politique destinée à détourner les regards sur les véritables dysfonctionnements du secteur», nous a-t-elle confié.

Où en est-on des mesures visant à durcir les conditions d’obtention du permis de conduire, à savoir l’apprentissage des rudiments de la mécanique et des premiers soins, le prolongement de la durée d’obtention du permis à  six mois, voire plus ? « Nous n’avons pas assisté jusqu’à présent à un quelconque changement notoire de nos méthodes d’apprentissage ou autres. Nous dispensons les mêmes cours théoriques et pratiques avec les mêmes contenus et les mêmes méthodes du travail », nous a indiqué notre source. Et d’ajouter : « Depuis cinq ans, nous avons pris l’habitude de nous attendre à de nouvelles réformes et chaque ministre vient avec son lot de mesures à prendre mais rien de concret n’a été mis en place. Alors, en tant que professionnels, nous avons, à plusieurs reprises, demandé la réglementation des tarifs et des heures réglementaires d’apprentissage ainsi que l’augmentation du nombre d’examinateurs. Mais rien ne semble venir. Il y a eu dernièrement un changement dans la configuration des circuits  des examens pratiques qui sont devenus de plus en plus difficiles  mais  pas plus ».  En attendant, notre source nous a affirmé que l’ensemble des professionnels sont pour l’application de la loi mais à condition, bien entendu, qu’elle le soit à tout le monde sans distinction ni exclusive.

Le 27 Octobre 2017

Source Web Par Libération

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