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La démographie scolaire exerce une forte pression sur le budget de l'enseignement

La démographie scolaire exerce une forte pression sur le budget de l'enseignement

La démographie scolaire et estudiantine exerce une forte pression sur le budget de l’Etat, sur les infrastructures et sur le marché du travail. Le Maroc entame les années décisives où il va atteindre le pic de la démographie estudiantine.

Le ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur Mohamed Hassad a présenté ce jeudi 11 mai le budget de son ministère devant la commission parlementaire dans le cadre de la discussion du projet de Loi de Finances 2017. Une mine de chiffres et d’informations (la présentation du ministre peut être feuilletée en fin de cet article).

La première chose qui vient à l’esprit est l’inflation des chiffres d’une année à l’autre et donc des besoins. Cela montre si besoin était qu’il n’y a pas que le contenu et la qualité de l’enseignement qui sont en jeu. Les conditions d’apprentissage le sont également.

Le nombre d’élèves de l’enseignement public (primaire, collège, secondaire qualifiant) est de 5.952.985 en cette année 2016-2017, en hausse de 3,3% par rapport à l’année précédente, ou 190.000 élèves. Même si le taux d’accroissement démographique au Maroc se rapproche du seuil de renouvellement des générations (1,25% en 2014), la poussée démographique à l’école va se poursuivre en raison du rattrapage du déficit de scolarisation.213.199 enseignants sont employés à plein temps pour former cet effectif. A lui seul, l’enseignement primaire public réunit 3,5 millions d’enfants.

Donc, près de 6 millions d’élèves dans l’enseignement public et …près de 1 million d’élèves dans le privé. 950.662 élèves plus exactement sont recensés dans les écoles primaires, collégiales ou secondaires du privé. Un élève marocain sur 6 étudie dans le privé, sentence sans appel quant à l’image de l’enseignement public.

Dans le primaire, l’enseignement est maintenant généralisé ou peu s’en faut. Les taux sont de 98% environ. Ils sont tirés vers le bas par la scolarisation des filles en milieu rural. Les taux de scolarisation tombent à 88,2% au collège et à 65,6% au lycée.

En d’autres termes, sur 100 Marocains qui atteignent l’âge de la scolarisation, 98 sont inscrits à l’école primaire, 88 atteignent le collège, 66 le lycée et 33 le supérieur.

En matière d’aide sociale, 3,8 millions d’élèves bénéficient de l’opération “1 million de cartables“, 859.000 du programme Tayssir d’aide aux familles nécessiteuses ayant des enfants scolarisés et 138.000 du transport scolaire.

Pour les besoins de la prochaine rentrée, 8.000 cadres administratifs et techniques (en deux vagues) et 24.000 enseignants seront recrutés par les AREF, donc travailleront sous contrat. Le ministère s’est fixé comme objectif de limiter les effectif des classes indépendantes à 44 élèves et des classes communes à 30 élèves chacune.

Malgré l'inflation des besoins, un budget à la baisse

Le budget global de l’Education nationale est en baisse de 1,87% malgré la hausse de 47% du budget d’investissement. Le budget total est de 45,5 milliards de DH dont 5,3 milliards de DH pour les investissements (en hausse de 47% en une année).

Malgré la hausse des besoins, le budget de fonctionnement est amputé de près de 2,6 milliards de DH, passant de 42,7 MMDH à 40,17 MMDH.

Où vont les investissements? Essentiellement à l’amélioration et l’élargissement de l’offre scolaire (1,5 MMDH), la mise à niveau d’équipements existants dans les établissements scolaires (1,2 MMDH) et les extensions de capacités (612 MDH).

Enseignement supérieur: beaucoup plus d'étudiants que de places

En juin 2016, 206.082 personnes ont obtenu leur bac. A la rentrée suivante, 2016-2017, les effectifs dans l’enseignement supérieur étaient de 838.000 étudiants dont 766.000 dans les universités. Le nombre d’étudiants inscrits dans des établissements du secteur privé était de 40.000.

La démographie estudiantine connaît une hausse rapide. Ils étaient 336.212 étudiants en 2007-2008. Et 838.446 en 2016-2017.

Les capacités d’accueil sont sur-utilisées et les étudiants ainsi que le personnel, souffrent de l’entassement:

-185 étudiants pour 100 places en Lettres et sciences humaines, soit 185% d’utilisation de capacité.

-208% en sciences juridiques.

-90% dans les filières scientifiques et techniques.

-194% dans les facultés pluridisciplinaires.

La tendance à la généralisation des bourses n’est pas étrangère non plus à la démographie estudiantine. 286.000 bourses étaient octroyées en 2014-2015 et 341.000 en 2016-2017. L’aide sociale est conséquente: 1,9 milliard de DH de bourses en 2016-2017.

parlementhassad

Ci-dessous, la présentation du ministre Mohamed Hassad.

Le 11 Mai 2017

SOURCE WEB Par Médias 24

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