Malaise chez les hôtels…

Malaise chez les hôtels…

Le bijou hôtelier marrakechi Amanjena et l’Amphitrite Palace, bien implanté sur le littoral de Skhirates, semblent mal en point à cause des grèves qui en perturbent le fonctionnement. Les employés des deux palaces se rejoignent dans leurs revendications: le traitement de faveur et le clientélisme dont jouissent une poignée de privilégiés, reconnus, d’après certains grévistes, pour leur baisemain. A Amanjena, il aura suffi d’une étincelle pour déclencher la grève : 2 salariés de l’établissement furent licenciés abusivement, raconte t-on. «C’étaient les premiers sur la liste. Qui sait quels seraient les prochains ? ».

Même son de cloche à l’Amphitrite. Plus détérminés, les employés, n’y allant pas de main morte, ont extériorisé leur grève en dehors même de l’établissement, en scandant «Escartin, dégage!».

Les deux cas montrent qu’il y a un profond malaise dans le milieu hôtelier, comme si la crise ne suffisait pas. Cela montre aussi que la politique adoptée en matière de gestion des ressources humaines présente quelques failles. Le dialogue, pourrait-on être tentés de dire, serait absent des briefings tenus, sinon pour quelle raison les employés seraient-ils montés au créneau de la façon que l’on sait ?

Toutefois, ce ne sont pas des cas isolés. D’autres malaises couvent bien chez d’autres unités et risquent à tout moment de dégénérer, preuve que la politique des ressources humaines ne réussit pas toujours aux établissements les plus en vue.

C’est pour dire que le secteur touristique est en train de vivre des moments difficiles, ravivés par la tension qui est aussi en train de monter crescendo sur le front social. On remarque d’ailleurs de plus en plus de grèves et de sit-in devant des établissements hôteliers dans différentes villes du Royaume.

Un spectacle devenu routinier. Le plus souvent, ce sont des grèves d’employés menés par la Confédération démocratique du travail, qui organisent quotidiennement des manifestations à l’entrée des hôtels qui les emploient, distribuant même des tracts aux clients pour faire connaître leur situation, arrêtant les autocars de transport du personnel, et scandant des slogans qui pourraient décourager plus d’un touriste d’aller passer quelques jours dans les unités en question. Le tout sur fond de rupture de dialogue entre la direction et le syndicat. A l’origine du conflit, des revendications salariales qui ont vite généré un autre conflit, le licenciement pur et dur.

Mais la destination qui défraie le plus la chronique en grèves, est sans doute Ouarzazate, où les grèves mènent la vie dure aux hôteliers. On ne compte plus, en effet, les hôtels qui en ont pâti et ceux qui menacent carrément de fermer. Souvent, quand un hôtel tourne, par exemple, avec un taux de remplissage n’excédant pas les  10%, les grévistes choisissent ce moment- là pour demander des augmentations de salaires et presser un peu plus le bouchon. Légitime, mais que faire ?

A moins qu’une issue providentielle ne dénoue ce bras-de-fer, les jours meilleurs ne semblent pas pointer à l’horizon.

L’intervention de l’administration de tutelle est vivement souhaitable.

marrakech-hotel

Le 23 Mai 2017

SOURCE WEB Par Tourisme Et Gastronomie

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