Londres : ce que l'on sait de l'attaque terroriste

Londres : ce que l'on sait de l'attaque terroriste

Il s'agit de la troisième attaque terroriste qui frappe la Grande-Bretagne en moins de trois mois.

Une attaque terroriste au véhicule bélier et au couteau a fait sept morts, dont un Français, et une cinquantaine de blessés, dont sept Français, samedi soir à Londres. La Première ministre Theresa May a annoncé que les élections législatives de jeudi prochain se dérouleraient comme prévu.

Le niveau d'alerte à la sécurité va être maintenu à "sévère", après l'attentat de samedi soir, qui a fait sept morts et 48 blessés à Londres, a déclaré lundi la Première ministre britannique, Theresa May. "Sévère" correspond au deuxième plus haut niveau d'alerte après celui de "critique", qui avait été momentanément activé après l'attentat commis à la sortie d'un concert à Manchester le 22 mai.

Depuis l'attentat de samedi, des mesures supplémentaires ont été mises en place, notamment sur plusieurs ponts de Londres, a précisé Theresa May. Samedi, trois agresseurs ont foncé à bord d'une camionnette sur des piétons au niveau du London Bridge, avant de descendre de leur véhicule et de poignarder plusieurs autres passants.

"Le JTAC, le centre d'analyse conjoint indépendant sur le terrorisme, a confirmé que le niveau de menace demeurait sévère au plan national, ce qui signifie que la probabilité d'un nouvel attentat terroriste reste élevée", a dit Theresa May à la BBC-télévision, au terme d'une réunion de crise.

"Il apparaît maintenant clairement, malheureusement, qu'il y a eu des victimes de plusieurs nationalités. Ce fut une attaque contre Londres et le Royaume-Uni, mais aussi une attaque contre le monde libre", a-t-elle poursuivi.

La police britannique tente de déterminer si les auteurs de l'attentat ont bénéficié de soutiens et de complicités, a déclaré lundi matin la patronne de la Metropolitan Police.

Perquisitions à Londres

"Une des principales priorités pour nous est bien sûr d'essayer de comprendre s'ils ont collaboré avec d'autres personnes, si quelqu'un d'autre a participé à la préparation de cette attaque et de déterminer ce qui a précédé" l'attentat, a déclaré Cressida Dick à la BBC-télévision. "Nous avons mené des perquisitions dans différents endroits dans l'est de Londres et nous avons saisi une importante quantité d'éléments. Nous travaillons très rapidement", a-t-elle continué.

Interrogée sur la radio de la BBC, Cressida Dick a expliqué que les trois attentats commis en moins de trois mois sur le sol britannique avaient été fomentés sur place et que la menace terroriste était principalement interne et non téléguidée de l'étranger.

"Je pense que le centre de gravité de toutes les attaques récentes est en premier lieu national", a-t-elle affirmé. "Parmi les cinq que nous avons déjouées et ces trois récents attentats, il y avait indubitablement pour certains une dimension internationale".

"Nous essayons toujours de déterminer si les choses sont dirigées depuis l'étranger mais je dirais que la majeure partie de la menace à laquelle nous sommes confrontés en ce moment ne semble pas dirigée de l'étranger", a-t-elle poursuivi.

Samedi soir dans le quartier du London Bridge, au cœur de la capitale britannique, une attaque terroriste au véhicule bélier et au couteau a fait sept mort (outre les trois assaillants abattus) et une cinquantaine de blessés, dont 21 dans un état critique, a déclaré dimanche la chef de la police métropolitaine de Londres.

Les trois assaillants ont été abattus par la police dans le marché couvert de Borough Market après avoir abandonné leur véhicule, a annoncé le chef de l'antiterrorisme britannique, Mark Rowley. Huit policiers ont tiré au total une cinquantaine de balles pour neutraliser les trois assaillants, a déclaré dimanche Scotland Yard. Cette nouvelle attaque intervient à cinq jours des élections législatives du 8 juin.

L'Etat Islamique revendique l'attaque

L'organisation Etat islamique (EI) a revendiqué l'attaque de samedi soir à Londres dans un communiqué diffusé dimanche par son organe de presse Amaq. "Un détachement de combattants de l'Etat islamique a exécuté l'attaque d'hier à Londres", peut-on lire dans un communiqué mis en ligne par Amaq. Il s'agit de la troisième attaque à caractère terroriste en Grande-Bretagne en moins de trois mois, après celle commise par un homme seul à Westminster le 22 mars (5 morts) et l'attentat suicide à Manchester le 22 mai à la fin d'un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande (22 morts, 116 blessés). Les deux premières ont également été revendiquées par l'EI.

Douze personnes ont été arrêtées dimanche dans l'est de Londres dans le cadre de l'enquête sur l'attaque survenue samedi soir dans les quartiers de London Bridge et Borough Market, a annoncé la police londonienne. "Les policiers de la section antiterroriste de la Met(ropolitan Police) ont ce matin, dimanche 4 juin, arrêté 12 personnes à Barking, dans l'est de Londres, en lien avec les incidents de la nuit dernière", a-t-elle déclaré dans un communiqué, en ajoutant: "Des perquisitions se poursuivent à un certain nombre d'adresses à Barking".

Un Français est décédé, sept autres blessés

Un Français a été tué dans l'attentat de Londres et sept sont hospitalisés, dont quatre dans un état grave, a annoncé dimanche à Tunis le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, précisant qu'un autre ressortissant français était toujours porté "disparu". Selon la ministre chargée des Affaires européennes Marielle de Sarnez, quatre victimes, dont trois femmes et un homme, sont installés à Londres. Le président Emmanuel Macron avait indiqué auparavant que des citoyens français figuraient parmi les victimes, assurant que la France mettait "tout en œuvre pour leur porter assistance".

"L'attentat qui a frappé Londres cette nuit, quelques jours après celui de Manchester, est une nouvelle attaque abominable et lâche contre nos sociétés libres", a estimé le chef de l'Etat. La France "continuera de toutes ses forces à lutter contre le terrorisme aux côtés du Royaume-Uni et de tous les pays concernés", a-t-il ajouté.

Lors d'un entretien téléphonique à la mi-journée avec la Première ministre britannique Theresa May, Emmanuel Macron a notamment rappelé l'importance de la coopération européenne dans la lutte contre le terrorisme.  S'exprimant lors d'une visite au centre de crise du Quai d'Orsay, le Premier ministre Edouard Philippe a pour sa part indiqué que la France et le Royaume-Uni, qui "font l'objet de menaces communes", y répondraient "ensemble et de façon unifiée".

Samedi soir, le service des ambulances de Londres a précisé avoir transporté 48 personnes blessées dans cinq hôpitaux à l'issue de l'attaque perpétrée samedi soir à London Bridge et Borough Market. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a déclaré dimanche matin que certains des blessés se trouvaient dans un état grave. D'autres personnes, moins gravement atteintes, ont été traitées sur place, après l'attaque.

Véhicule bélier et armes blanches

La police a indiqué avoir été appelée samedi peu après 21h00 GMT sur le London Bridge, dans le centre de la capitale britannique, des témoins faisant état d'un véhicule ayant foncé sur la foule à vive allure. La double attaque, qui a duré huit minutes, a débuté vers 22h00 à la sortie du London Bridge, sur la rive droite de la Tamise, selon un mode opératoire déjà vu à Nice en juillet dernier sur la Promenade des Anglais ou à Berlin en décembre. La police des transports a indiqué dans un communiqué qu'il y avait "plusieurs victimes" à la suite de cet événement "qui semble avoir impliqué un véhicule et un couteau".

"J'ai vu une camionnette rouler en zigzag en tentant de faucher un maximum de personnes. Les gens essayaient d'échapper à la course du véhicule", a raconté un témoin, Alessandro, à la BBC.

La police a ensuite annoncé deux autres attaques, dans le quartier du marché de Borough Market, proche du pont, sur la rive sud de la Tamise, et à Vauxhall, toujours sur la rive sud. Cette dernière attaque s'est avérée ne pas être lié aux deux autres, traitées comme des "actes de terrorisme" par la police. La Première ministre Theresa May avait peu auparavant évoqué un "possible acte de terrorisme" dans un communiqué.

Trois attentats en moins de trois mois

Cet attentat est le troisième en moins de trois mois: le 22 mars, également à Londres, un homme avait là aussi foncé sur la foule sur le pont de Westminster, tuant quatre personnes avant de poignarder à mort un policier. L'assaillant, Khalid Masood, un Britannique converti à l'islam, avait été tué. Deux mois plus tard jour pour jour, un attentat suicide a fait 22 morts et plus de 100 blessés le 22 mai à Manchester, lorsqu'un jeune Britannique d'origine libyenne s'est fait exploser à la sortie d'un concert de la jeune chanteuse américaine Ariana Grande. L'attentat de Manchester a été revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Les partis politiques suspendent leur campagne

Le Parti conservateur de la Première ministre britannique, Theresa May, a décidé de suspendre sa campagne en vue des élections législatives de jeudi prochain. L'annonce en a été faite dimanche matin par un porte-parole de Theresa May, qui devait présider dans la matinée une réunion de son cabinet de sécurité. Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principale force d'opposition, a pareillement annoncé une suspension de la campagne du Labour jusqu'à dimanche soir "par respect pour ceux qui sont morts et ont été blessés", dit-il dans un communiqué. En Ecosse, le Parti national écossais (SNP) a lui aussi annoncé une suspension de sa campagne.

La Première ministre britannique a néanmoins déclaré que les élections législatives anticipées prévues jeudi prochain au Royaume-Uni se dérouleraient comme prévu. Au cours d'une allocution télévisée retransmise du perron du 10, Downing Street, elle a aussi préconisé de revoir la stratégie contre le terrorisme.

Dimanche, les Français de l'étranger sont par ailleurs appelés à voter de manière anticipée au premier tour des élections législatives, qui se tiendra le 11 juin en métropole. "Je dis à nos compatriotes qui sont à Londres, qui s'apprêtent à aller voter, d'y aller", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV, en expliquant: "La meilleure manière de riposter à ceux qui veulent atteindre la démocratie c'est de riposter avec les armes de la démocratie, c'est-à-dire avec le vote". "Toutes les conditions de sécurité ont été renforcées", a-t-il ajouté.

Le 05 Juin 2017

SOURCE WEB Par La Tribune

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