Probable décès de 7 Marocains dans l'incendie de Londres

Probable décès de 7 Marocains dans l'incendie de Londres

Les services diplomatiques et consulaires du Maroc à Londres "ont appris que 7 ressortissants marocains seraient" parmi les personnes décédées dans l'incendie qui a ravagé la Tour de Grenfell à Londres, dans la nuit du amrdi au mercredi, annonce le ministère des Affaires étrangères.

Cette annonce et l'usage du conditionnel signifient la persistance d'un doute sur cette information.

Les vérifications et identifications auront lieu dans la journée de samedi 17 juin, en coordination avec les autorités britanniques.

Le Roi Mohammed VI avait demandé au consulat et à l'ambassade du Maroc à Londres de prêter assistance aux Marocains.

Au moins 12 appartements étaient habités par des Marocains.

Au moins 30 personnes ont perdu la vie dans l'incendie de la tour Grenfell à Londres et des dizaines d'autres sont portées disparues, un bilan lourd qui a provoqué une explosion de colère des survivants et des proches des victimes.

En fin d'après-midi, une centaine d'entre eux ont envahi la mairie de quartier de Kensington et Chelsea, où se dresse l'immeuble de logements sociaux dans l'ouest de Londres, aux cris de "Pas de justice, pas de paix" et de "Tueurs".

Plusieurs centaines d'autres étaient rassemblées à l'extérieur du bâtiment public, dans une atmosphère très tendue, reprochant aux autorités de cacher le nombre réel de victimes et de les tenir dans l'ignorance .

"Honte à vous", criaient des manifestants, dont certains brandissaient des pancartes "Justice pour Grenfell" et parmi lesquels se trouvaient notamment la chanteuse pop Lily Allen.

Les manifestants reprochent aussi aux autorités locales de ne pas avoir entendu leurs cris d'alerte concernant la sécurité du bâtiment de 24 étages, parce qu'ils provenaient d'une population majoritairement modeste. Nombre d'entre eux ont affirmé qu'il n'y avait pas d'issue de secours, pas d'extincteur et pas d'alarme incendie.

Le revêtement installé l'an dernier sur la façade aurait en outre favorisé la propagation de l'incendie. Selon le Times, le recours à ce type de dispositif est proscrit aux États-Unis pour les immeubles dépassant 12 mètres de haut.

Vendredi, Stuart Cundy, un chef de la police métropolitaine, a souligné que le bilan de 30 morts n'était que provisoire en raison du nombre de personnes portées disparues.

Il a dit espérer que cela n'atteigne pas "un nombre à trois chiffres".

Certaines victimes pourraient n’être jamais identifiées, a-t-il dit, en raison de la chaleur dégagée par le brasier.

Près de 600 personnes habitaient dans cet immeuble de 120 appartements et, selon les médias britanniques, 70 personnes manqueraient à l'appel.

24 personnes étaient elles toujours hospitalisées, dont 12 dans un état critique.

 May critiquée

La Première ministre Theresa May a rendu visite vendredi à des blessés à l’hôpital de Chelsea et Westminster. La veille, elle s'était rendue sur les lieux du drame pour rencontrer les responsables des pompiers et de la police, mais n'était pas allée à la rencontre des habitants, qui le lui reprochent violemment depuis.

Dans un éditorial cinglant, le quotidien The Guardian comparait ce faux pas à celui de George W. Bush lors de la tempête Katrina.

Le président américain avait survolé la Louisiane sans se poser. La photo le montrant en train de contempler la zone dévastée à travers le hublot de l'avion présidentiel était rapidement devenue le symbole d'une administration déconnectée de la réalité.

"Theresa May a eu trop peur de rencontrer les survivants de Grenfell. Elle est finie", affirme le quotidien de gauche, alors que la dirigeante conservatrice a été conspuée après être revenue dans le quartier pour rencontrer dans une église des personnes affectées par le drame.

"Lâche!", "honte à vous!", ont crié des membres de la communauté.

Sa ministre Andrea Leadsom l'a défendue en affirmant aux résidents du quartier que "la Première ministre suit d'incroyablement près ce qui se passe".

La reine Elizabeth II s'est également rendue sur place vendredi matin, saluant secouristes et résidents.

Trois jours après le déclenchement de l'incendie, le feu a enfin été éteint, a déclaré M. Cundy. Mais les niveaux les plus élevés de l'immeuble restaient inaccessibles aux pompiers en raison de l'instabilité des sols, et il faudra des semaines pour l'explorer minutieusement à la recherche de victimes.

Le gouvernement a ordonné l'ouverture d'une enquête publique pour faire la lumière sur les causes de la catastrophe.

 Le relogement, autre point de crispation

"Il y a eu un gros problème ici, un problème dramatique", a déclaré le ministre des Communautés Sajid Javid, ajoutant que des inspections de bâtiments similaires allaient avoir lieu.

Il a aussi affirmé que les habitants à la rue allaient être relogés à Londres, alors que les rescapés ont passé leur deuxième nuit dans des structures temporaires.

C'est un autre point de crispation, car les victimes réclament d'être relogées dans le quartier tandis que la municipalité locale leur répond "autant que possible".

Alors que la cause de l'incendie demeurait inconnue, le Times rapportait que l'explosion d'un réfrigérateur dans un appartement du 4e étage pouvait l'avoir déclenché.

Pour le moment, seules deux victimes ont été nommées. Il s'agit de Mohammed Alhajali, un réfugié syrien de 23 ans qui étudiait l'ingénierie civile, et d'une photographe britannique de 24 ans, Khadija Saye.

"Mohammed avait entrepris un voyage dangereux pour fuir la guerre et la mort en Syrie, avant d'y être confronté ici, au Royaume-Uni", a déploré l'association Campagne pour la solidarité avec la Syrie.

"Puisses-tu reposer en paix Khadija Saye", a tweeté le député David Lammy, qui connaissait l'artiste, dont une exposition sur le pratiques spirituelles en Gambie est présentée à la Biennale de Venise.

Le sinistre, qui frappe un pays déjà endeuillé par plusieurs attentats, a suscité un vaste élan de solidarité: plus de 2,5 millions de livres ont été récoltées en faveur des victimes et les dons de vêtements et de nourriture affluaient. Le gouvernement a annoncé le déblocage du fonds d'urgence pour les catastrophes.

Le 16 Juin 2017

SOURCE WEB Par Médias 24

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