Numéro vert anti-corruption: 31 condamnations en 2 ans, un centre d'appel pour bientôt

Numéro vert anti-corruption: 31 condamnations en 2 ans, un centre d'appel pour bientôt

D'autres opérations ont échoué, soit parce que le plaignant a cessé de collaborer, soit parce que le répondant a refusé de recevoir le pot-de-vin après s'être rendu compte de la combine.

Entre le 25 juin 2015 et fin septembre 2017, 31 personnes ont été condamnées après avoir été dénoncées sur le numéro vert anti-corruption. Ce bilan a été dévoilé par le ministère de la Justice, à l'occasion de la présentation de son budget sectoriel au titre de l'année 2018.

Toutes ces personnes ont été condamnées à des peines de prison. Selon le ministère, d'autres opérations "ont échoué", soit parce que "le plaignant a cessé de collaborer", soit parce que le répondant a refusé de recevoir le pot-de-vin après s'être rendu compte de la souricière.

Les prises sont appelées à voir leur nombre augmenter dans les prochains mois, à travers la mise en place d'un centre d'appel dédié. Ce projet est en cours d'exécution suite à la passation d'un marché public, annonce le ministère.

C'est que le mécanisme actuel a montré ses limites. Souvent saturée, la ligne reçoit quotidiennement entre 1.000 et 2.000 appels. Quand un appel est en cours, une cinquantaine sont en attente, sachant qu'il n'y a que trois magistrats au bout du fil. Ceux-ci  sont débordés, d'autant que les appels ne sont que rarement conformes à l'objet du service.

D'où l'idée du centre d'appel, lequel sera muni "d'une quinzaine de personnes qui feront office d'intermédiaire entre les magistrats et les appelants. L'objectif est de filtrer les appels, pour n'en garder et ne nous transférer que ceux qui relèvent de la corruption", nous avait annoncé, fin 2016, Abderrahman Lemtouni, l'un des magistrats chargés du numéro vert anti-corruption.

L'idée d'un deuxième numéro, mais cette fois rattaché à la présidence du ministère public, a été esquissée en novembre dernier par Mohamed Abdennabaoui. Reste à savoir si celui déja existant ne lui sera pas transféré.

Cela étant, il va sans dire que les affaires de corruption ne passeront pas toutes par le numéro vert, qui reste un mécanisme complémentaire aux voies traditionnelles de dénonciation (plaintes directes). Chaque année, ces voies génèrent en moyenne 7.000 dossiers de corruption, rappelle le ministère de la Justice.

Le 05 Décembre 2017

Source Web : Médias 24

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