Cedeao: démarrage des travaux préparatoires du sommet

Cedeao: démarrage des travaux préparatoires du sommet

La prochaine session ordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique-Ouest (Cedeao) aura lieu ce samedi 16 décembre à Abuja, Nigéria. Le processus d'adhésion du Maroc sera probablement progressif et graduel, étalé sur plusieurs années.

Ce mercredi 13 décembre, s'est ouverte à Abuja, la 79ème session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation. Entre autres points inscrits à l'ordre du jour, figure la finalisation de l'ordre du jour de la 52e conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement qui s'ouvrira samedi prochain 16 décembre.

Mounia Boucetta: une adhésion graduelle en trois phases

Le Maroc a voulu que son adhésion à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) se fasse de manière "progressive et graduelle", a souligné, lundi 11 décembre à Rabat, la secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Mounia Boucetta.

Répondant à une question orale sur les mesures prises par le gouvernement pour mettre en œuvre l’adhésion du Maroc à la Cedeao, posée par le groupe istiqlalien de l'unité et de l’égalitarisme à la Chambre des représentants, Mme Boucetta a indiqué que trois phases d’ordres politique, juridique et technique ont été retenues pour la concrétisation de cette décision.

Mme Boucetta a indiqué, dans ce sens, que la première phase d’ordre politique a été accomplie avec succès après l’accord de principe des chefs d'État et de gouvernement des pays membres à la Cedeao pour l'adhésion du Maroc à leur regroupement sous-régional, tandis que la phase juridique concerne le parachèvement des mesures de l’adhésion effective à cet espace.

Evoquant la phase technique, la secrétaire d'Etat a expliqué qu'elle porte sur le lancement des négociations sectorielles entre le Maroc et l'Organisation selon une approche graduelle et réaliste qui prend en compte les spécificités et les intérêts des deux parties dans le cadre d'une vision gagnant-gagnant.

Elle a également évoqué l'élaboration d'une série d'études sectorielles pour être utilisées lors des négociations qui seront engagées durant la phase technique.

Une demande formulée en février 2017

Rappelons que lors de la 51e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, réunie le 4 juin dernier à Monrovia, la Conférence avait donné son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement régional.

En février 2017, juste après le retour du Maroc à l’Union Africaine, le Royaume avait informé Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Liberia et Présidente en exercice de la Cedeao, de sa volonté d’adhérer à cet ensemble régional en tant que membre à part entière.

Selon Marcel De Souza, «cette décision [d'adhésion définitive] va couvrir la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, la mise en œuvre des accords de prévention des risques, la mise en œuvre des règles de bonne gouvernance et de démocratie».

Par ailleurs, selon la grille d’analyse exposée par Nasser Bourita pendant la même réunion (vidéo ci-dessous), “le processus doit concilier trois éléments:

- Adhérer à la Cedeao est une décision stratégique avec une dimension technique au service de la première et pas l’inverse. Les discussions techniques doivent concrétiser la vision stratégique.

- L’adhésion est une construction sui generis, il n’y a pas de manuel prêt à l’emploi, il faut faire preuve d’ingéniosité, de flexibilité, en gardant en vue les objectifs.

- Ce sera un processus progressif, étalé parfois sur des années, en fonction des intérêts“.

Avec le Nigéria, le Maroc fera office de géant au sein de cet ensemble économique. Le Maroc apportera des projets structurants tels que le gazoduc Nigéria-Maroc et soutiendra la sécurité alimentaire (coopération agricole, projets OCP).

Le Maroc avait renforcé sa position au sein de la région de l’Afrique-ouest à travers de nombreux autres investissements qui concernent, à titre d'exemple, l'électrification au Sénégal ou encore  l'affermage de l'eau potable au Cameroun (conduits par l'ONEE).

Par ailleurs, l’expérience du Maroc en matière de lutte contre le terrorisme bénéficiera également aux pays de la Cedeao.

En revanche, les points pouvant constituer une ambiguïté pour le Maroc concernent d’un côté l’adhésion du Maroc à la monnaie unique que la Cedeao a la volonté de créer d’ici 2020. Toutefois, il est à noter que le Roi Mohammed VI a pris l’engagement d’une adhésion du Maroc à cette monnaie. Du moins, c’est ce qu’avait annoncé Marcel De Souza lors de la réunion du 29 août dernier, précitée auparavant.

De l’autre côté, il s’agit de la liberté de circulation des personnes entre les 15 pays de la Cedeao. En effet, cela signifie qu’une installation accrue de ressortissants de ces pays au Maroc est possible. Ainsi, il est nécessaire de prévoir un système de contrôle pour assurer la libre circulation et non la libre installation des personnes à travers les 15 pays de la Cedeao.

Le 13 Décembre 2017

Source Web : Médias 24

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