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Mondial 2026: le Maroc risque-t-il d’être éliminé avant le vote?

Mondial 2026: le Maroc risque-t-il d’être éliminé avant le vote?

Le comité de candidature posant devant le Bid Book du Maroc.

Le Maroc attend la visite de la “task force“ de la FIFA. Composée d’inspecteurs de la Fédération internationale, elle est chargée de l’évaluation des candidatures, un point crucial du parcours de combattant de Morocco2026. 5 fonctionnaires de la FIFA détiennent désormais une sorte de droit de véto dans le choix des candidats.

C’est une étape compliquée et incertaine. Les inspecteurs ont en effet indirectement le pouvoir d’éliminer une candidature.

Après la réunion de son conseil le 16 mars à Bogota, la FIFA a rendu publics ce 26 mars, différents documents destinés à expliquer le parcours restant des deux candidatures en lice.

Les choses sont désormais un peu plus claires. La procédure se veut, selon la FIFA, “aussi objective et transparente que possible“. Mais ne donne-t-elle pas un pouvoir exorbitant à la task force?

Le “groupe de travail chargé d’évaluer les candidatures“ est formé d’experts issus de l’administration de la FIFA et de ses commissions permanentes.

Au cours de la réunion de Bogota, la composition et les méthodes de travail de ce groupe ont été précisées. Il a été également décidé de leur adjoindre une société internationale indépendante, d’audit, chargée d’observer la procédure et son déroulement.

Le groupe de travail de la FIFA est attendu au Maroc du 17 au 19 avril. Il est libre de visiter tous les lieux qu’il souhaite. A l’issue de ce déplacement, il accordera des notes au dossier marocain.

Cette notation sera par la suite soumise au conseil de la FIFA réuni en juin à Moscou. Ce conseil suivra les recommandations du groupe du travail. Il n’a aucune marge de manœuvre. Et tout dossier qui n’aura pas obtenu le minimum requis (en note globale et également pour certains éléments de la candidature tels que les stades), sera éliminé.

Le ou les dossiers non éliminés seront transmis au congrès de la FIFA réuni le 13 juin 2018 à Moscou et le choix se fera par les fédérations membres. Sauf changement, 207 des 211 fédérations vont voter. Les fédérations candidates ne prennent pas part au vote.

En d’autres termes, les fédérations membres et le congrès n’interviennent qu’en dernier maillon de la chaîne. La possibilité de censurer une candidature sera présente jusqu’au dernier jour ou presque.

Comment va se dérouler le vote

Le déroulement du vote lui-même est maintenant clairement expliqué. Et ce n’est forcément équitable.

Pour le premier tour, la question posée sera la suivante:

“Voulez-vous accorder les droits d’organisation de la compétition finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ à la candidature soumise par la Fédération Royale Marocaine de Football, à la candidature soumise conjointement par la CSA, la FEMEXFUT et l’USSF (‘candidature conjointe’), ou à aucune d’entre elles (rouvrant ainsi la procédure de candidature à toutes les associations membres de la FIFA, à l’exception des quatre ayant déjà soumis une candidature)?“

Il y aura donc DEUX candidats et TROIS choix:

-Candidature de la Fédération Royale Marocaine de Football.

-Candidature conjointe.

-Aucune des candidatures, réouverture de la procédure de candidature.

Sans compter la possibilité de s’abstenir.

La troisième option (aucune des candidatures) est un choix à part entière. Si elle obtient la majorité simple (50% des voix exprimées, après exclusion des abstentions), les deux candidatures sont rejetées. Sinon, la candidature qui a obtenu la majorité simple des voix est retenue.

Problème: que se passe-t-il si aucune candidature n’obtient la majorité simple au premier tour?

Si aucune des trois options n’obtient la majorité simple au premier tour:

1.  Si «aucune des candidatures» a obtenu un nombre de voix supérieur ou égal au cumul des deux autres, ces dernières sont rejetées et on ouvre une nouvelle phase de candidatures, en écartant définitivement les deux prétendants.

2.  Dans le cas contraire, le second tour est organisé uniquement entre les deux candidats. “Une majorité simple (plus de 50%) des suffrages valablement exprimés est suffisante pour l’emporter. Si le second scrutin aboutit à un nombre égal de votes pour les deux candidatures, celle ayant obtenu le meilleur score moyen pondéré dans le rapport d’évaluation technique l’emporte conformément à la clause 3.5.3 de l’accord d’inscription“.

Comment se fera la notation?

À travers le règlement de candidature approuvé par son Conseil en octobre 2017, la FIFA a élaboré un modèle d’évaluation composé de trois aspects:

* Conformité de la candidature

* Évaluation globale du risque

* Évaluation technique

L’aspect “évaluation technique“ de ce modèle adopte un système de notation pour évaluer et pondérer chacun des neuf critères liés aux infrastructures et à la génération de revenus énoncés.

La méthodologie et la mise en application de ce système de notation sont spécifiés dans un document validé à Bogota et mis en ligne ce lundi 26 mars.

Après l’analyse du groupe de travail et sous réserve que le Conseil de la FIFA retienne des candidatures, la décision sur l’éventuelle sélection d’une des candidatures sera effectuée par le 68e Congrès de la FIFA réuni le 13 juin à Moscou.

Les critères concernant les infrastructures et les aspects commerciaux présentés dans le rapport technique d’évaluation seront évalués sur la base des pourcentages suivants:

-Infrastructures (70% du score total).

-Aspects commerciaux (30% du score total).

Les notes obtenues déterminent si une candidature peut être retenue pour l’étape suivante de la procédure, à savoir sa sélection par le Conseil de la FIFA pour une soumission au vote du Congrès. Pour qu’une candidature soit présentée au Conseil de la FIFA pour sélection, elle doit obtenir:

-un score global minimum

-un score minimal dans chacune des catégories suivantes :

*stades

* installations à disposition des équipes et des arbitres

* hébergement et transports (en raison des interactions entre ces deux éléments, ils sont évalués ensemble).

Pour chaque critère, la note minimale est 2, sur une échelle de 0 à 5.

Les stades représentent 35% de la note globale. Sur ce critère, le Maroc part avec un handicap: il ne dispose que de 5 stades déjà construits et d’un en cours de construction (stade de Tétouan). Les 8 autres n’existent que sur le papier, même celui d’Oujda pourtant bouclé (concours d’architecture passé, terrain acquis, budget mobilisé). Le cahier des charges FIFA exige au moins 4 stades existants. Un stade en cours de construction comme celui de Tétouan est considéré comme un stade existant.

La FIFA va donc considérer que le Maroc a 8 stades à construire. Dans ce cas, le facteur de risque est de 0.63. La note de chacun de ces stades subira une décote de 0.37%.

Le point faible du Maroc, c'est l'infrastructure et en particulier les stades. L'essentiel, à ce niveau, est de passer cet examen sans obtenir de note éliminatoire. Comme on l'a vu, le système de notation pénalise les stades non-existants mais ce n'est pas forcément fatal. C'est même jouable. Le seul problème, c'est qu'une commission de quelques personnes, toustes fonctionnaires de la FIFA, auront un pouvoir exorbitant et sans appel, avant même la tenue du congrès, censé être souverain dans ses décisions.

Selon le règlement de candidature de la FIFA, la task force est composée du président de la Commission d’Audit et de Conformité et de celui de la Commission de Gouvernance de la FIFA - respectivement Tomaž Vesel et Mukul Mudgal - ainsi que d’un membre de la Commission d’Organisation des Compétitions - Il?o Gjorgioski- et d’experts issus de l’administration de la FIFA: les deux Secrétaires Généraux adjoints Zvonimir Boban (football) et Marco Villiger (administration).

Le 25 mars 2018

Source Web : Médias 24

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