Des universités plus autonomes et repensées : le nouveau grand chantier de Saïd Amzazi

Des universités plus autonomes et repensées : le nouveau grand chantier de Saïd Amzazi

Le ministre de l’Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, Saïd Amzazi, dévoile son ambitieux programme pour réformer les universités publiques, en souffrance depuis de longues années. Plus d'autonomie, de filières, et une nouvelle mentalité, l'enseignement supérieur fait peau neuve !

Saïd Amzazi prend le problème à bras le corps ! Chargé d'apporter des remèdes aux nombreux maux de l'université publique marocaine, le ministre de l’Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur annonce une série de réformes inédites, effectives dès septembre prochain. Dans un entretien accordé à nos confrères de l’Économiste, Saïd Amzazi dessine les contours de cette université revisitée et présente les grandes lignes de son programme.

Le pouvoir aux présidents d'universités

Une réforme se distingue particulièrement et signe l'entrée du secteur dans une nouvelle ère. En effet, l'université selon Amzazi sera beaucoup plus autonome ! Elle se libérera ainsi de la main-mise totale du ministère de tutelle et conférera davantage de prérogatives à la direction de l'université. Saïd Amzazi précise en effet que « certains pouvoirs seront délégués du ministre aux présidents d’université, pour qu’ils puissent embaucher dans le cadre de contractualisation, ouvrir des concours eux-mêmes, etc. ». Ainsi « les présidents d’université bénéficieront de tous les pouvoirs leur permettant de gérer leurs institutions dans les meilleures conditions possibles », souligne le ministre.

Ces nouveaux rapports établis entre les directions universitaires et le ministère s'accompagneront de la création d'outils et indicateurs précis permettant de calculer et définir au mieux les performances des établissements d'enseignement.

Le « lifting » de l'université passera également par l'application de grands chantiers sur le plan académique. Les premières concernées seront les facultés dites à « accès ouvert » autrement dit, les facultés de Droit, de Lettres et des Sciences. Elles se doteront désormais d'une offre diversifiée, indique le ministre, et compteront des filières de spécialisations dès la première année. Ces nouveautés entrent de plain-pied dans le « nouveau style » dans lequel Saïd Amzazi veut ancrer l'université. Un « style » qui comprendra davantage de « compétences transversales » pour les étudiants.   

Un calendrier maîtrisé

Le nouveau visage de la faculté publique marocaine prête également une attention toute particulière au bien-être des étudiants, et notamment des boursiers. Les 360.000 bénéficiaires de bourses d'études, soit 43% des étudiants des universités publiques précisent nos confrères, pourront ainsi avoir accès à cette aide financière dès début septembre. «Il est important de considérer la dimension sociale des étudiants, surtout ceux qui se déplacent d’autres villes pour rejoindre l’université », rappelle le ministre à cet effet. Une considération qui s'étend aux services annexes – et pourtant primordiaux – de l'université, tels que les cités ou les restaurants universitaires. Le ministre s'engage alors à ce que ces services soient également ouverts et opérationnels dès début septembre.

Si le calendrier est capital pour le bon fonctionnement de l'établissement et le bien-être des étudiants, il confère également de la « crédibilité et de la valeur du diplôme », assure le ministre dans les colonnes de l’Économiste. A cet effet, la mise en place d'un réel agenda - défini à l'avance pour toute l'année en cours - garantit autant que faire se peut le respect et l'application du programme scolaire. Le ministre insiste donc sur l'application des « 16 semaines pour la session d’automne, et pareil pour celle du printemps », avant de détailler que « si nous n’effectuons que 10 semaines, ce sont des volumes horaires en moins, et forcément, des contenus en moins ».

Cette université revisitée sera mise en place dès septembre prochain. Bien que les ambitions annoncées semblent conséquentes, elles révèlent en filigrane l'ampleur des défis à relever pour redorer le blason des facultés publiques négligées.

Le 07/08/2018

Source web par : Les Infos

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