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Putsch : Tentative de coup d’État au Gabon, tandis que le président Bongo est au Maroc

Putsch : Tentative de coup d’État au Gabon, tandis que le président Bongo est au Maroc

Des officiers de l'armée profitent de l’absence du président Ali Bongo, en convalescence au Maroc depuis le 24 octobre, pour lancer un coup d’État au Gabon et annoncer la mise en place prochaine d’un « Conseil national de restauration ».

« Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins (…), levez-vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue », annonce un militaire sur les ondes de la radio étatique gabonaise, ce lundi matin. Si cette prise de parole n'en a pas encore le nom, elle en porte tous les signes : le Gabon vit depuis quelques heures, les tentatives d'un coup d’État orchestré par l'armée, en l'absence du président Ali Bongo, en convalescence au Maroc depuis le 24 octobre, à la suite d'un AVC.

Le message a été lu à la Radio d’État, ce lundi aux environs de 06h30 par un militaire se présentant comme commandant-adjoint de la Garde Républicaine (GR), et se disant président d’un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS).

Trois militaires, coiffés des bérets verts de la GR, étaient visibles sur une vidéo de leur prise de parole circulant sur les réseaux sociaux et authentifiée par l’AFP. Ce commandant-adjoint de la Garde Républicaine (GR) a souligné que « le jour tant attendu est arrivé où l’armée a décidé de se mettre aux côtés de son peuple afin de sauver le Gabon du chaos ».

Un pays qui a perdu sa dignité

Le mouvement « demande à tous les jeunes des forces de défense et de sécurité et à toute la jeunesse gabonaise de se joindre à nous », a déclaré le militaire appelant à occuper les édifices publics et aéroports dans tout le pays et en annonçant la mise en place de ce « Conseil national de restauration ». « Nous ne pouvons abandonner la patrie », a-t-il déclaré en jugeant les institutions « illégitimes et illégales ».

Pendant que le militaire s'exprimait sur les ondes, des coups de feu ont été entendus au même moment par l’AFP autour de la Radio Télévision Gabonaise (RTG), sur le boulevard Triomphal, dans le centre de Libreville. Des blindés des forces de sécurité gabonaises bloquaient à 07 h 00 l’accès à ce boulevard, a constaté un correspondant.

Depuis près de deux mois, la communication officielle a été rare et partielle quant à la santé du chef de l’État, alimentant ainsi les rumeurs les plus folles sur les réseaux sociaux, annonce la même source.

Cependant, le 31 décembre, le président Bongo a pris la parole pour la première fois depuis son hospitalisation. Cette prise de parole, peu fluide, était pour le MPJFDS une « honte » pour un « pays (qui) a perdu sa dignité ». La vacance du pouvoir n’a pas été déclarée au Gabon en l’absence du chef de l’État. La Cour constitutionnelle a transféré en partie des pouvoirs du président au Premier ministre et au vice-président.µ

Le 1 janvier 2019

Source web Par Les Infos

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