Diversifier l'offre et s'ouvrir sur le modèle anglais : L’éducation nationale fait-elle peau neuve ?

Diversifier l'offre et s'ouvrir sur le modèle anglais : L’éducation nationale fait-elle peau neuve ?

Le ministre de l’Éducation nationale, Said Amzazi, annonce lors d'une visite de travail à Londres avoir l'ambition de revisiter et diversifier l'offre en matière d'éducation. L'une des pistes envisagées : une ouverture sur le modèle anglais et une coopération active avec les homologues britanniques.

Dépoussiérer le fonctionnement de l'école marocaine : un vaste projet dans lequel s'est lancé le ministre de l’Éducation nationale Said Amazazi, actuellement en visite de travail au Royaume-Uni. Face à l'urgence de repenser un système souffrant de différents maux, le ministre, relayé par la MAP, propose une « diversification de l'offre » en s'ouvrant au modèle anglo-saxon. Ainsi, le ministre envisage de faire de ce système anglo-saxon et de la langue anglaise de nouveaux piliers de l'éducation marocaine et « d'offrir aux lauréats des universités marocaines l’opportunité de poursuivre leurs études dans des écoles britanniques », a-t-il expliqué à l’issue d’une entrevue avec le ministre d’État britannique chargé du Moyen Orient au ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth, Alistair Burt, dans le cadre de sa participation au Forum mondial de l’Education (20-23 janvier).

Le département de l’enseignement supérieur œuvre également à développer une nouvelle architecture de la licence en substituant le système de licence actuel par un « bachelor ».

A l'occasion de ce forum, les différents entretiens ont également porté sur les moyens d'accompagner le ministère de l’Éducation nationale pour la formation des formateurs dans la langue anglaise, notamment dans des disciplines scientifiques, telles que les mathématiques, la physique et la chimie, a affirmé le ministre Amzazi. La nécessité d'ouvrir aux étudiants marocains l’opportunité de poursuivre leurs études dans des universités britanniques et d’encourager les échanges universitaires entre les deux pays est également un axe de réflexion central de ce vaste projet de refonte du système marocain. Ce dernier dispos par ailleurs de ramifications concrètes, dont les applications aboutiront « prochainement », affirme la même source. Le Directeur du British Council a en effet confirmé sa volonté d’entamer ce projet de formation linguistique des enseignants qui dispensent les matières scientifiques en arabe actuellement, et ce dans la perspective de l’adoption au Maroc d’une nouvelle loi, permettant d’enseigner ces matières scientifiques dans des langues étrangères.

Une coopération concrète

La coopération entre les deux nations en matière d'éducation est un rouage essentiel de cette refonte de l'école marocaine. Le ministre indique à cet effet que « trois projets ''concrets'' auront lieu très prochainement ». « Le premier projet porte sur la mise en place du programme de formation en langue anglaise au profit de quatre vingt mille enseignants dans des disciplines non linguistiques ; le deuxième, sur l’élargissement du réseau de l’enseignement anglo-saxon au Maroc, notamment après l’ouverture de la première école britannique à Marrakech en septembre prochain, dans le cadre d’un accord scellé récemment entre le ministère des Affaires étrangères marocain et son homologue britannique ; tandis que le troisième portera sur la visite des présidents d’universités marocaines au Royaume Uni pour renouveler des conventions signées par leurs prédécesseurs en vue de redynamiser la coopération bilatérale entre les universités des deux pays », précise le ministre. Ce programme en trois volets assurera notamment le « renforcement de la mobilité des étudiants et des enseignants entre les deux pays et le développement de projets de recherche entre le Maroc et l’Angleterre », ajoute-t-il.   

Le ministre annonce sans ambages que « l’anglais a une place importante en tant que langue de l’innovation et de l’économie et le Maroc est en train de s’ouvrir sur cette langue pour que dans 10 ans, nous puissions élargir cette offre de formation et dispenser un certain nombre de cursus totalement en anglais ». Il a également souligné la nécessité de «former nos enseignants des disciplines scientifiques en anglais pour qu’on puisse instaurer cette langue dès le primaire ».

Si cette nouvelle orientation semble donner un nouveau coup de fouet à un système d'éducation en déshérence, elle ne se substituera toutefois pas au système francophone historiquement ancré. L'approche anglo-saxonne se présentera comme une option supplémentaire et permettra d'inscrire l'école marocaine dans un schéma international. Un point que la présence du Maroc au Forum mondial de l’Éducation et son engagement pour bousculer un système vétuste, traduisent. Pour le ministre Amzazi, ce forum est « une occasion de positionner le système national marocain au cœur des meilleures pratiques et des grands chantiers de réforme à l’international ». Un programme encourageant qui permettra sans doute de relever les notes de l'école marocaine, dont le bulletin laisse encore à désirer...

Le 22 janvier 2019

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