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Le bateau ivre

Le bateau ivre

Certaines grandes publications marocaines ont fait l’évaluation économique des 20 ans de règne de Sa Majesté le Roi, y compris en tourisme. 20 ans années passées au crible passant au pilori la stratégie touristique de l’Etat, depuis que le développement touristique du pays est érigé en stratégie gouvernementale de développement. On lisait ainsi des titres en gros et en gras, du genre « 20 ans d’échecs du Tourisme » C’est faux!

Certes l’ambitieuse stratégie de la vision 2020 pour 20 millions de touristes, dont 10 millions de touristes étrangers de séjours, 8 millions de résidents marocains étrangers et 2 millions de touristes nationaux ne sera pas atteinte à échéance 2020. Et ce, malgré que la création des stations Azur reste très perspicace pour répondre aux attentes des 80% de voyageurs européens qui se déplacent en été vers les plages de la Méditerranée et de l’Atlantique et, ainsi, contribuer ainsi à l’objectif potentiel du Maroc.

Mais les effets externes mondiaux ont impacté négativement la stratégie immobilière-touristique et grandement perturbé les investissements, en l’absence de financements disponibles. Certes, le pilotage et la gouvernance du secteur ont été médiocres vu que les axes principaux des actions à déployer dans la vision 2020 n’ont pas été, à ce jour, de plus 10% de ce qui était nécessaire à sa réalisation.

Certainement, l’embellie touristique que connaît le Maroc est l’aboutissement d’une conjugaison d’efforts communs entre public et privé et, surtout, la ténacité des professionnels marocains à activer la machine de la croissance. Une croissance qui risque d’être aventureuse si jamais elle n’est pas bien accompagnée, pour ne pas dire adéquatement encadrée. Car, en effet, à quoi bon amener des clients si on n’est pas capables de les satisfaire ou encore, fait grave, les autres maillons de la chaîne du réceptif et de mobilité ne suivent pas?

Tout compte fait, le coup de gueule des professionnels en dit long sur leurs inquiétude quant à « l’exercice » de la gouvernance dans le tourisme et n’hésitent pas à le qualifier comme un bateau ivre qui va à la dérive, si le gouvernail tarde à être mis sur le bon cap. Ils semblent être sur le qui vive devant ce défaitisme, vu qu’ils sont sur de bons contrats pour la saison ainsi que sur 2019, particulièrement pour les 3 destinations de Marrakech, Agadir et Saidia, avec une nette progression sur les marchés émetteurs. Toutefois, le réceptif va-t-il de pair avec cette évolution ? Les professionnels commencent à en douter s’ils n’en doutent pas déjà.

Que faire alors pour une bonne cordée solide et solidaire ? Au lieu de se complaire en lamentations, il faut aujourd’hui se focaliser sur le futur pour relancer le Tourisme, en reformatant la vision 2020 version 2025/2030 et de réfléchir en permanence aux évolutions.

Selon l’excellente étude 2018 des experts Cgem-CNT, toujours pas vraiment partagée en forums ou ateliers de travail, par l’ensemble des acteurs, les 3 enjeux majeurs sont pertinents :

- Rétablir le dialogue et la concertation au sein de la profession et les pouvoirs publics.

- Construire ensemble une nouvelle opinion commune au sein du secteur privé et public.

- Déclencher une nouvelle dynamique collective pour réinstaller la confiance nationale et internationale au développement durable du tourisme Marocain.

Certes ici et là, des feuilles de route sont proposées, une nouvelle étude devait en 2018 sortir un plan d’accélération, des actions de concertation au niveau du Gouvernement, Régions et professionnels étaient proposées ; un plan spécifique à la promotion, à l’aérien, au financement, etc. Des propositions forts intéressantes pour garder l’espoir d’une ambition commune; Mais il semble que rien ne bouge véritablement avec l’énergie qu’il faudrait, avec engagement et responsabilité à la hauteur des enjeux toujours présents tant au niveau économique, social, financier que des emplois particulièrement pour les 40% de jeunes 20/30 ans sans emploi encore en 2019.

La majorité des professionnels sont désabusés de ce silence et cette inertie au pilotage et commence à se constituer en nouveaux groupes afin de renforcer les conditions nécessaires à l’amélioration des résultats, par exemple, des arrivées de touristes étrangers vers les belles destinations touristiques du Maroc. Toutefois les responsables devront se justifier des carences vécues chaque jour et de cette lente descente et pertes énormes du secteur.

Passons à un changement radical et en rupture avec les différentes conditions du passé afin d’obtenir un déploiement nouveau, dynamique, positif et dans la construction du secteur.

Le  26 août 2019

Source web Par premium travel news

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