Remède

Remède

Les Marrakchis savent que le tourisme constitue une importante source de devises pour la région, et pour le pays, et qu’ils lui doivent une grande part de leur prospérité même si celle-ci n’est pas visible partout dans la ville.

A côté des images-éblouissements des sens que racontent les beaux livres qui traînent dans les salons d’hôtels et riads, il existe pourtant un paysage largement mythifié que viennent briser les témoignages sur les coups tordus et arnaques dont peut être capable l’intendance de ce spot jet-set.

Des dérives honteuses qui montrent que tout reste à faire en matière d’expérience client. Il y a plus humiliant encore, laisser corroborer l’hypothèse selon laquelle ces dysfonctionnements seraient les symptômes maladifs d’un modèle de tourisme caractéristique de pays pauvres: les visiteurs y seraient alors exposés à un délit de faciès, leur supposée opulence.

De nombreuses destinations dans le monde ont été confrontées à ce dilemme: la multiplication de la petite délinquance était souvent corrélée avec l’idée répandue, doublée d’une forte animosité, chez des populations, d’être dépossédées des richesses de leurs villes.

Les touristes devenaient alors les boucs émissaires et des cibles quasi légitimées. Corrélation n’étant pas relation, il faut cependant raison garder. Marrakech, ni le Maroc d’ailleurs, n’est pas l’Afrique du Sud où le sentiment d’insécurité est largement installé. Il convient également de saluer la démarche du déclencheur d’alarme, l’association des voyagistes de la ville.

C’est un mea-culpa qui demande beaucoup de courage dans la mesure où habituellement les acteurs du tourisme sont assez réfractaires à un exercice qui charrie un risque de publicité négative. Si le secteur a pris la mesure de la menace, c’est déjà une grande partie du remède.

Le 08/01/2019

Source web Par L’économiste

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