Comment le Covid-19 réveille la recherche scientifique

Comment le Covid-19 réveille la recherche scientifique

Un programme avec une enveloppe de 10 millions de DH

Les travaux entièrement liés à la pandémie

Un calendrier de livrable fixé

«L’objectif est de créer un écosystème multidisciplinaire, capable de répondre à toutes les questions de l’heure», a souligné Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement (Ph. F. Alnasser)

Saaid Amzazi est réactif. Après l’enseignement à distance, le ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement a in­vesti le champ de la recherche scien­tifique. Il a lancé un programme de recherche scientifique multidiscipli­naire en relation avec la pandémie du Covid-19. Le montant prévu est de 10 millions de DH. Pour le ministre, deux choses ont motivé le lancement du programme de soutien.

D’abord, «le potentiel considérable que nous avons au sein de l’université maro­caine, avec des chercheurs et des spé­cialistes dans différents domaines». Après l’apparition de cette pandémie, chacun dans son coin a initié des études. Les mathématiciens ont com­mencé à modéliser, les économistes à faire des prévisions sur l’impact économique,… «Compte tenu de l’effervescence de ces compétences et cette volonté de se pencher sur ces questions, autant organiser ce travail», s’est-il dit.

Ainsi, le ministre a réuni les prési­dents des universités et leur a proposé de constituer des groupes de cher­cheurs qui veulent travailler durant cette période cruciale. Son départe­ment les soutiendra financièrement. L’objectif de Saaid Amzazi est de «créer un écosystème multidiscipli­naire, capable de répondre à un cer­tain nombre de questions».

La pre­mière est d’analyser et de comprendre la pénétration et la propagation de ce virus, sous ses différents aspects. La deuxième question porte sur com­ment gérer cette période transitoire entre confinement, dé-confinement et retour à la situation normale, ainsi que la relance de l’économie,... La dernière consiste à tirer les enseigne­ments de ce type d’épreuve. «Car nous ne sommes pas à l’abri d’une autre pandémie mondiale dans les années à venir. Il s’agit d’avoir des mécanismes de veille, de surveillance et de réacti­vité par rapport à ce type de pandé­mie», souligne le ministre.

Saaid Amzazi n’a rien laissé au hasard. Ainsi, il a organisé cette opé­ration de bout en bout. Pour le pilo­tage de ce travail multidisciplinaire, il a mis en place 4 pôles universitaires. Chaque pôle va désigner un pré­sident d’université qui aura la charge de coordonner la mobilisation des chercheurs et la réception du projet. Une commission d’évaluation a pour mission d’expertiser ce travail avant de donner le feu vert pour le finance­ment.

De même un calendrier est fixé. Ainsi, pour l’aspect scientifique, mé­dical et technologique, le délai pour livrer le produit est d’une année. Les présidents d’université ont jusqu’au 30 avril pour la soumission des pro­jets pour que le résultat de l’évaluation soit donné le 15 mai. Pour l’aspect des sciences sociales et économiques, ils ont un délai de 6 mois pour le livrable, sachant que les dates de soumission et des résultats de l’évaluation sont les mêmes.

Par ailleurs, sur le plan social et psychologique, il est nécessaire d’aborder d’autres aspects comme notamment le confinement sanitaire, la dépression et la perte d’emploi. Le dernier niveau est d’ordre politique. Il faudra se pencher sur les mesures de l’état de siège et la continuité des prestations et des services publics.

Ce programme de recherche comporte surtout une grande part de la modéli­sation mathématique, de l’intelligence artificielle et des big data,… L’aspect technologique doit s’attacher à mettre en avant la conception et la production d’équipements médicaux ou d’autres appareils utiles.

    Synergie

    Le ministère ne dissimule pas sa volonté d’impliquer les diffé­rents opérateurs marocains dans le domaine de la recherche. Ainsi, pour une meilleure synergie des ressources humaines, financières et logistiques sur des projets de recherches multidimensionnelles, le département a opté pour une méthodologie consistant à faire parti­ciper toutes les universités et des centres de recherche dans des pôles régionaux. Le premier concerne les structures dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra et celle de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Si le 2e pôle porte sur les universités et centres de recherche de Casablanca-Settat, le 3e englobe les structures de 6 régions (Beni-Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune Sakia Al-Hamra et Dakhla Oued Eddahab). Le dernier pôle réunit les uni­versités et les centres de recherche dans les régions de Fès-Meknès, l’Oriental et Drâa-Tafilalet.

Le 12/04/2020

Source Web Par L’économiste

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