Le Maroc enregistre l'une des pires saisons agricoles de son histoire

Le Maroc enregistre l'une des pires saisons agricoles de son histoire

Avec une récolte céréalière de 30 millions de quintaux en 2019/2020

La récolte céréalière chute à 30 millions de quintaux, soit 42% de moins par rapport à la campagne précédente.

À la crise planétaire du Covid-19, qui ébranle en profondeur notre système économique national, s’ajoute désormais, officiellement, la mauvaise campagne agricole. Avec une pluviométrie limitée à 205mm au 22 avril 2020, en baisse de 34% par rapport à la moyenne des trente dernières années, la campagne agricole de la saison actuelle a été moyenne dans le Saïss et le Gharb et faible dans le reste des régions. Ainsi, selon les chiffres prévisionnels rendus publics par le ministère de l’agriculture et des pêches maritimes, la récolte céréalière chute à 30 millions de quintaux, soit 42% de moins par rapport à la campagne précédente.

A titre de comparaison: la récolte céréalière était de 52 millions de quintaux en 2019 et 102 millions en 2018. La plus mauvaise récolte a été enregistrée en 2016 avec 33,5 millions de quintaux. Mais, malgré ce niveau très bas, le ministère de l’agriculture et des pêches maritimes se montre rassurant: l’approvisionnement du marché en céréales demeurera, en effet, assuré avec un stock couvrant une période de plus de 4 mois. Le ministère précise que ce stock est susceptible d’être renouvelé en permanence.

Une bonne résilience

Par espèces, la production céréalière prévisionnelle se présente comme suit: 16,5 millions de quintaux de blé tendre; 7,5 millions de quintaux de blé dur et 5,8 millions de quintaux d’orge. Malgré cela, le PIB agricole ne connaîtra pas une grande rétraction. Les estimations provisoires montrent que cette baisse restera contenue autour 5%, et ce hors agroalimentaire grâce au comportement de toutes les autres filières de production (maraîchage, arboriculture, lait et viandes). Ainsi, le PIB agricole devrait continuer à montrer une bonne résilience avec un palier supérieur à 105 milliards de dirhams.

En dehors des céréales, toutes les autres cultures affichent un état normal, voire, pour certaines, supérieur à la campagne précédente. En effet, l’arboriculture fruitière se comporte aussi bien pour les espèces qui entrent en production actuellement que pour les espèces en floraison et dont la production entrera sur les marchés à partir de septembre et les mois suivants. Les agrumes et les oliviers en particulier en stade de floraison affichent, pour leur part, de bonnes perspectives de production si la situation climatique demeure favorable en mai-juin.

Pour les cultures annuelles, les assolements d’hiver sont bien équilibrés et assurent une production abondante et diversifiée pendant toute cette période printanière. Il s’agit des légumes (tomate, pomme de terre, oignons, aubergine, navets, artichauts, petit pois, etc.), de la canne et la betterave à sucre dont les récoltes ont déjà commencé. L’état des cultures laisse prévoir une bonne production. Dans certains périmètres comme le Tadla et le Gharb, les estimations prévoient des rendements records pour la betterave à sucre.

Par ailleurs, les assolements des cultures semées au printemps en grande partie dans les zones irriguées sont réalisés dans de bonnes conditions et permettront une bonne production. De même, toutes les dispositions sont prises pour les assolements des cultures d’été dont la production est mise en marché pendant la période de septembre à décembre, qui coïncide avec le commencement de la nouvelle année agricole. Pour le cheptel, les dernières pluies et le lancement par le ministère du programme de sauvegarde du cheptel ont contribué à l’amélioration de la situation des ressources fourragères des parcours.

Le 26/04/2020                   

Source Web Par Maroc-Hebdo

Les tags en relation

 

Les articles en relation

Le Covid adore Aïd al-Kébir

Le Covid adore Aïd al-Kébir

On aurait pu se passer de cette fête, à condition que l’Etat puisse aider financièrement les petits paysans qui ont élevé des moutons pour les vendre à ...