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#MAROC_FRUITS_ET_LEGUMES : Le marasme pointe son nez en attendant les pluies

#MAROC_FRUITS_ET_LEGUMES : Le marasme pointe son nez en attendant les pluies

La sécheresse, le recul des niveaux des barrages, la demande extérieure, les restrictions imposées par le gouvernement suite au coronavirus, la spéculation et la multiplication des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs… Autant de facteurs qui ont fait que les prix des fruits et légumes connaissent ces derniers mois une hausse vertigineuse. Mais, il faut aussi rappeler que les mois de juillet-août-septembre correspondent à la fin de production pour la majorité des fruits et légumes. Ce qui met les prix sous pression. La hausse a concerné toutes les régions du Maroc et les prix ont varié selon la destination finale, le nombre des intermédiaires et la distance parcourue pour l’acheminent des produits. C’est à Casablanca, où tout est cher par rapport au reste des villes marocaines, que les prix les plus élevés ont été enregistrés. Le différentiel des prix atteint 2 à plus de 2,5 DH/kg. Selon les chiffres du département de l’agriculture publié durant la première semaine d’octobre 2020, les hausses constatées donnent le vertige. Ainsi, à Casablanca, les prix de la pomme de terre au marché de gros ont fait un incroyable bon en se hissant de 138 pour cent, alors que le prix de la tomate a bondi de 15 pour cent. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la bourse des consommateurs qui ont déjà trinqué à cause du long confinement et des mesures restrictives qui l’ont suivi. Des centaines de milliers de Marocains ont perdu leurs emplois et de ce fait leurs revenus. N’est-il pas dit qu’un malheur ne vient jamais seul.

Les petits agriculteurs à l’arrêt                       

Dans le Souss, par exemple, cette grande région agricole, les professionnels se plaignent de la sécheresse, du stress hydrique et la baisse des niveaux d’eau dans les barrages (Dans tout le Maroc le taux de remplissage des barrages au 10 octobre dernier a baissé à 37,3 pour cent contre 46,5 pour cent le 10 octobre 2019). Selon un négociant au marché de gros d’Inzegane , «à cause de ces facteurs, et dans l’attente de l’entrée en service de la station de dessalement de l’eau  de mer dans la région,  aujourd’hui seuls les grands producteurs qui ont accès à l’eau via des puits continuent de produire. Les petits agriculteurs surtout ceux exploitant des terres bours sont à l’arrêt. Ce qui a fait que durant les trois derniers mois, les prix des légumes et fruits ont augmenté de 300 pour cent». Selon un autre négociant. «Cette hausse est due au fait qu’une bonne partie de la production marocaine et exportée vers la Mauritanie et le Sénégal. Ce qui met une pression sur l’offre puisque la demande est très importante ».  Résultat les prix ont flambé. Cette situation risque de durer si les précipitions ne sont pas au rendez-vous. Les agriculteurs scrutent le ciel et attendent le lancement de la campagne agricole prévu dans quelques jours.

Acheminement de l’eau via des citernes et hausse du coût de la production

Pour Ahmed Mouflih directeur de la Fédération Interprofessionnelle des Producteurs et Exportateurs des Fruits et Légumes (FIFEL), cette hausse des prix des fruits et légumes s’explique notamment par la basse saison à laquelle il faut ajouter les restrictions liées à la pandémie. «En effet le nombre d’ouvriers a diminué car dans les exploitations il faut respecter la distanciation physique ce qui impacte à la baisse la récole et à la hausse le temps qui lui est consacrée. Bien entendu, les restrictions de déplacement entre les villes (notamment vers la locomotive économique du pays, Casablanca,(fermée depuis des mois maintenant ) ont découragé certains professionnels.

Et il y a les coûts des intrants qui sont très lourds auxquels il faut ajouter le fait que les producteurs non exportateurs paient la TVA mais qui n’est pas remboursable», ajoute Mouflih. La désorganisation des marchés de gros contribuent également à la hausse des prix. Et bien entendu, il y a l’éternel phénomène de la spéculation et de la multiplication des intervenants entre le producteur et le consommateur.

Le stress hydrique qui s’est accentué ces trois dernières années a poussé plusieurs agriculteurs à abandonner leurs exploitations ou changer d’activité. «Cette année certains producteurs ont dû acheminer de l’eau à leurs exploitations via des citernes avec tous les surcoûts de production que cela engendre», note le directeur de la FIFEL.

Baisse de la superficie exploitée

Ce n’est pas tout, puisqu’il s’agit d’une série de facteurs négatifs, dans certaines régions comme celle du Souss, l’eau marine a pénétré la nappe phréatique ce qui rend son eau inutilisable pour l’irrigation des champs. Sur ce point, il faut préciser que les agriculteurs attendent avec impatience l’entrée en service de la station de dessalement. Celle-ci dont les travaux sont en cours et seraient en avance sur le calendrier initialement prévu, devra fournir de l’eau potable avant de fournir celle destinée à l’irrigation et ce en juillet en 2021.

S’agissant du volume de la production des fruits et légumes cette année, les professionnels le situent au même niveau de l’année dernière.  «Toutefois cette année les superficies auraient diminué. Ce qui aurait créé une pression sur celle exploitées», précise un professionnel. Cela dit, il faut noter qu’aux dires des concernés, les exportations ont maintenu un bon rythme en dépit du coronavirus. Quant aux attentes des agriculteurs et producteurs, ces dernières sont entachées d’incertitudes et de marasme. Tout le monde scrute le ciel et prie.

Le 11 octobre 2020

Source web Par : conso news

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