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#FRANCE_COVID19_EMPLOIS_TOURISME:Covid-19 : une gigantesque vague de licenciements menace le monde du voyage

#FRANCE_COVID19_EMPLOIS_TOURISME:Covid-19 : une gigantesque vague de licenciements menace le monde du voyage

Avant même l'annonce du deuxième confinement, six entreprises sur dix du monde du voyage envisageaient de licencier, selon une enquête des organisations professionnelles EdV et Seto. Plus de 40 % des effectifs seraient concernés dans bien des cas.

Pour les agences de voyages, ce deuxième confinement intervient alors que la profession ne s'est pas remise de celui du printemps (notre photo). Après un petit rebond estival, l'activité s'est de nouveau effondrée depuis septembre. (Ludovic Marin/AFP)

La menace sur l'emploi grandit dans une filière du voyage française sinistrée par la crise sanitaire. Selon un sondage effectué auprès de leurs adhérents par l'organisation interprofessionnelle Les Entreprises du Voyage (EdV) et le syndicat des tour-opérateurs Seto, 6 sociétés sur 10 (58,8 %) envisageaient de procéder à des licenciements avant même l'annonce du reconfinement, lequel va inéluctablement «plombé» le marché du tourisme. Les vacances de Noël et la saison de ski sont menacées, ce qui va forcément fragiliser encore davantage un secteur déjà très affaibli par l'effondrement du tourisme international.

Le constat des professionnels du secteur est d'autant plus interpellant que cette enquête, à laquelle ont participé plus de 400 acteurs de la filière - pour une bonne part des agences de voyages -, montre que près d'un quart des entreprises envisageant de licencier se sépareraient de plus de 40 % de leur effectif. « Nous sommes inquiets. Le climat économique et social se dégrade à toute vitesse, et le confinement ne va pas arranger les choses », déclare à ce propos aux « Echos », le président d'EdV, Jean-Pierre Mas.

Petit rebond estival

Selon l'enquête EdV/Seto, 73 % des entreprises ont perdu plus de 80 % de leur activité en juillet-août par rapport à la même période de 2019, cette part ayant légèrement augmenté en septembre (73,2 %). Une petite amélioration était attendue pour le quatrième trimestre, cette part étant ramenée à 72,3 %. Mais cette prévision bien sombre va fatalement être révisée maintenant que le reconfinement a été décidé.

S'agissant des agences de voyages, l'évolution de la billetterie aérienne illustre bien plus encore cette rechute, après un petit rebond lors de la saison estivale : « En septembre, le nombre de billets d'avion émis par les agences de voyages, y compris les agences en ligne, a baissé 71 % par rapport à septembre 2019, alors qu'en août la baisse était de 66 %. Pour octobre, on serait autour de -80 % », indique Jean-Pierre Mas. En filigrane, ce dernier confirme l'atonie du voyage d'affaires, la panne du « tour operating » compte tenu des multiples restrictions aux voyages d'agrément à l'étranger, la poursuite de l' « annus horribilis ».

Marge de manoeuvre réduite

Or, avec le deuxième confinement, la marge de manoeuvre ne fait que se réduire. Si les frontières restent ouvertes en Europe, seuls les déplacements pour des raisons professionnelles sont autorisés avec attestation, souligne le président du groupe diversifié Marietton Développement (distribution, « tour operating »), Laurent Abitbol , par ailleurs président du groupement d'agences Selectour, dans un entretien à l'édition électronique du magazine « L'Echos touristique ». « C'est la crise dans la crise, pour les agences de voyages et les tour-opérateurs. Nous ne faisions déjà plus grand-chose en termes de ventes dans les agences », commente-t-il à propos du confinement.

Or, la menace de licenciements est d'autant plus grande que le taux d'emploi reste élevé. L'enquête EdV/Seto montre en effet que plus de 48 % des entreprises ont plus de 50 % de leur masse salariale en activité, alors même que la filière tourisme bénéficie d'un dispositif de chômage partiel avec une prise en charge à 100 % à concurrence de 4,5 fois le SMIC. « Le dispositif de chômage partiel est bien utilisé par les entreprises et nous demandons de le prolonger au-delà du 31 décembre. Mais, il faut savoir qu'il y a beaucoup de monde au travail dans les fonctions 'back-office'. Il faut réorganiser des voyages, négocier avec les compagnies aériennes… », explique le président d'EdV. « Le temps de travail global et, par conséquent, la masse salariale sont très largement supérieurs au niveau d'activité, résume-t-il. Et nous n'avons aucune visibilité. Il va y avoir de la casse, dans l'emploi, dans les entreprises. »

Dans ce contexte, le gouvernement est plus que jamais invité à soutenir la filière. Au-delà du prolongement du dispositif de chômage partiel, de l'exonération de charges, les professionnels plaident pour le traitement de la question toujours sensible des baux commerciaux et la mise en oeuvre de la mesure évoquée de type crédit-impôt.

Le 31/102020                                      

Source Web Par Les Echos

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