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#MAROC_SOLUTIONS_POUR_DECARBONER_LES_TRANSPORTS: Les solutions pour décarboner les transports au Maroc

#MAROC_SOLUTIONS_POUR_DECARBONER_LES_TRANSPORTS: Les solutions pour décarboner les transports au Maroc

Les émissions de GES du secteur des transports pourraient plus que doubler entre 2015 et 2050. En effet, malgré les mesures prises par le gouvernement, elles pourraient passer de moins de 15 millions tCO2eq en 2015 à plus de 35 millions en 2050. Pour éviter d’en arriver là, le Forum international de l’OCDE aide le Maroc. Voici les premières pistes qu’il propose.

Le Forum international des transports (FIT), organisation intergouvernementale apparentée à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), vient de rendre public son premier rapport sur le projet Décarbonations des transports dans les économies émergentes (DTEE). Ce document, élaboré avec l’Institut Wuppertal (WI), vise à aider les autorités de quatre pays, l’Argentine, l’Azerbaïdjan, l’Inde et le Maroc, à évaluer les politiques à mettre en place pour décarboner leurs secteurs des transports. Dans le cas du royaume, les experts du FIT ont d’abord commencé par dresser l’état des lieux, puis ont remonté les défis du secteur avant de proposer des pistes pour y faire baisser durablement les émissions de gaz à effet de serre (GES).

État des lieux                                                                        

Pour commencer, le FIT a constaté qu’en 2012, le Maroc a généré près de 100 millions de tonnes de CO2 équivalent (tCO2eq), soit environ 0,2% des émissions mondiales. Cette année-là, le secteur des transports a été responsable d’environ 15% des émissions totales de CO2 dans le pays. Et selon la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCC) qui révèle ces données, les émissions produites par le secteur des transports ont étés multipliées par plus de 2,5 entre 1994 et 2012, soit la plus grande progression dans le secteur de l’énergie au Maroc sur une période de moins de 20 ans.

Rappelons que dans sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), le Maroc s’est engagé de façon inconditionnelle à réduire les émissions de GES du pays de 17% en 2030, dont 9,5% dans le secteur des transports. Pour y parvenir, les autorités se sont engagées en 2016, là aussi de manière inconditionnelle, à améliorer les réseaux de transports publics à Casablanca et Rabat, et à renouveler le parc des grands taxis dans le pays. Ces mesures pourraient conduire à une réduction cumulée de plus de 12,2 millions tCO2eq entre 2020 et 2030.

À condition de bénéficier du soutien financier étranger, d’autres mesures, telles que le renouvellement des véhicules utilitaires de plus de 20 ans ou des actions en rapport avec la stratégie nationale de développement de la logistique, pourraient entraîner des réductions supplémentaires de près de 40 millions tCO2eq. Ceci, sans oublier les mesures conditionnelles liées à la révision de la CDN (obligation de financements extérieurs) susceptibles d’entraîner une baisse supplémentaire de 12 millions tCO2eq, ni la feuille de route pour une mobilité durable dans le royaume élaborée par le ministère de l’Énergie, des mines et de l’environnement en 2018. Bref, par rapport à sa CDN, le royaume a pris des mesures pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre dans son secteur des transports. Cependant, cela ne semble pas suffisant ! Les défis à relever sont en effet énormes.

Les défis

En effet, selon l’OCDE, les émissions de GES du secteur des transports au Maroc pourraient plus que doubler entre 2015 et 2050 malgré les mesures prises par le gouvernement. Les émissions du secteur passeraient alors de moins de 15 millions tCO2eq en 2015 à plus de 35 millions en 2050 (voir graphique). Les experts expliquent que cette situation serait la conséquence d’une augmentation des activités dans le secteur, surtout dans le transport interurbain de fret et de passagers.

Les volumes de passagers et de marchandises passeraient du simple au quadruple entre 2015 et 2050. Parallèlement à cela, il y a également la prépondérance de l’informel qui rend difficile la mise en place de politiques publiques efficaces en matière de décarbonations. En effet, plus de la moitié des services de transport de marchandises dans le royaume sont assurés par des transporteurs informels, avec une flotte d’environ 600.000 véhicules. S’ajoute à l’échelle urbaine, le défi de l’accroissement et l’étalement des villes.

Selon le FIT, l’étalement urbain entraîne une augmentation de l’utilisation de véhicules privés, surtout d’occasion, ce qui rend difficile l’adoption de nouvelles technologies. Selon les chiffres du ministère de l’Équipement et des transports, le nombre d’opérations de véhicules d’occasion au Maroc est passé d’environ 400.000 en 2014 à près de 600.000 en 2019. L’absence de mesure visant la promotion des modes de transport durables dans les périphéries urbaines, en expansion, peut contribuer, avec l’augmentation de l’usage du véhicule particulier, à mettre à mal les efforts de décarbonations.

Profiter des financements climat pour décarboner le transport routier

Dans le transport routier de personnes et de marchandises, premier mode de transport émetteur de GES au Maroc et deuxième source la plus importante d’émissions du secteur énergétique, les experts du FIT proposent plusieurs pistes. La première est de faire de la décarbonations une priorité claire dans le développement des infrastructures routières.

Et sur ce plan, disent-ils, le nouveau Schéma national des infrastructures routières (SNIR) à l’horizon 2040 est une belle opportunité. Cette feuille de route du développement du système routier du pays pourrait servir de cadre pour mettre en avant la priorité de décarbonations, en complément d’autres documents stratégiques dans le pays. Le SNIR pourrait ainsi promouvoir des projets à haut potentiel de multi-modalité et clairement expliciter les bienfaits environnementaux de ces projets.

Ceci compléterait des propositions de la feuille de route pour une mobilité durable au Maroc, qui propose qu’un maximum de 60% des flux de marchandises transportées en 2030 le soient par transport routier (contre 75% actuellement), en privilégiant d’autres modes de transport tels que le ferroviaire. Deuxième piste, en matière de décarbonations des transports interurbains de passagers, le FIT suggère deux mesures.

Le renouveau de la flotte à travers l’acquisition de nouveaux véhicules électriques, ce qui pourrait permettre de disposer d’un parc de plus de 400.000 véhicules électriques en 2030 contre 11.000 véhicules en l’absence d’engagement fort, et la simplification des procédures administratives pour l’obtention des permis des opérateurs, ce qui pourrait permettre d’augmenter l’offre des transports collectifs interurbains. Troisième piste pour la décarbonations du transport interurbain de fret, le rapport préconise deux mesures.

D’un côté, revoir les mesures de prime à la casse qui ne suffisent pas à promouvoir l’achat de nouveaux véhicules, en partie à cause de la forte présence, dans ce secteur, d’opérateurs informels disposant de faibles capacités financières. De l’autre, accélérer la mise en œuvre des initiatives visant à augmenter l’efficience des activités logistiques, dont l’installation d’un réseau de zones logistiques, un programme visant à diminuer de 30% les émissions de CO2 liées au transport de marchandises au Maroc à l’horizon 2030.

Quatrième piste, les experts du FIT conseillent de profiter des financements climat pour décarboner le transport routier tout en poursuivant l’amélioration du réseau et en soutenant la reprise économique. Comment? Les autorités devraient simplement inclure les démarches «Mesurer-Rapporter-Vérifier» (MRV) dans le développement des projets d’infrastructure, expliquent-ils.

Développer l’intermodalité

Pour la décarbonations du transport maritime, les experts du FIT regrettent la non-disponibilité de suffisamment de données, mais suggèrent une piste : l’augmentation du cabotage entre ports marocains. Car, disent-ils, le transport maritime peut générer moins d’émissions de GES que le transport routier de marchandises et le transport aérien de passagers. Il suffirait de disposer d’un pavillon national développé, et de revoir les régulations nationales qui prévoient que ces activités ne puissent être effectuées actuellement que par un navire marocain ou par un véhicule en affrètement par un armateur marocain. Pour décarboner le transport ferroviaire, les experts du FIT préconisent, là aussi, de développer l’intermodalité avec les transports routier et maritime, ce qui peut augmenter la compétitivité du rail aussi bien pour le transport de passagers que pour le transport de marchandises. Rappelant que l’ONCF a développé depuis des années des offres qui permettent d’assurer le relais entre les transports ferroviaire et routier, à travers ses filiales Supratours et SMTR, les rédacteurs du rapport demandent d’accélérer les projets allant dans le sens du développement de l’intermodalité.

Améliorer la gouvernance

Last but not least, la sixième piste proposée par les experts du FIT porte sur l’amélioration de la gouvernance. Selon eux, les autorités marocaines sont confrontées au défi du morcellement des compétences entre plusieurs acteurs institutionnels. Depuis 2015, des autorités représentantes de l’État et des autorités élues se partagent de façon peu claire des compétences en matière d’élaboration et d’exécution de politiques publiques aux échelles des régions, des préfectures et des communes (OCDE, 2018a).

Deux autres instances, les intercommunalités et les sociétés de développement local (SDL), peuvent aussi avoir des compétences en matière de mobilité. Cette ambiguïté est particulièrement présente s’agissant de l’articulation des politiques de transport public, d’aménagement urbain, de stationnement et d’usage des sols. Ainsi, par exemple, pour l’aire métropolitaine de Casablanca, il n’existe pas de lien direct ou d’articulation explicite entre le Plan de développement régional de la Région Casablanca-Settat, document clé pour l’usage des sols du territoire, et le Plan de déplacements urbains à l’échelle de l’intercommunalité Al Beida, à laquelle appartient Casablanca (OCDE, 2018a).

Ce manque de cohérence entre les stratégies de mobilité – y compris le stationnement – et d’usage des sols peut nuire aux efforts de promotion d’une mobilité plus durable, et par conséquent aux initiatives de décarbonations des transports au Maroc. La mise à jour de documents tels que le plan de déplacements urbains permettrait de clarifier l’articulation de ces divers documents. À signaler que le projet Décarbonations des transports dans les économies émergentes fait partie de l’Initiative pour la décarbonations des transports (DTI) du FIT. Financé par l’Initiative internationale pour le climat (IKI) du ministère fédéral allemand pour l’Environnement, de la protection de la nature et la sûreté nucléaire (BMU), le projet se déroule sur la période 2019-2022. Une enquête est en cours pour recueillir les données disponibles et les documents stratégiques dans les zones urbaines du pays. Elle sera suivie par plusieurs ateliers et travaux techniques visant à soutenir les efforts de collecte de données et de modélisation des autorités marocaines.

Le 25/02/2021

Source web Par : leseco

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