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Le prix Pritzker pour Diébédo Francis Kéré, architecte «afro-futuriste»

Le prix Pritzker pour Diébédo Francis Kéré, architecte «afro-futuriste»

Le cru 2022 de la plus haute distinction du monde de l’architecture a été décerné ce mardi à l’architecte burkinabé installé à Berlin. L’organisation du prix a salué son «engagement pour la justice sociale».

Jusqu’à présent, le prix Pritzker n’avait jamais récompensé un architecte d’un pays africain. La plus haute distinction du monde de l’architecture a été décernée ce mardi à Diébédo Francis Kéré, un Burkinabé installé à Berlin. L’architecte de 57 ans succède aux Français Jean-Philippe Vassal et Anne Lacaton, récompensés l’an dernier. L’origine de Diébédo Francis Kéré, qui possède aussi la nationalité allemande, n’est pas la seule dimension politique de ce prix. A travers lui, les organisateurs du prix ont voulu récompenser «son engagement pour la justice sociale» et un architecte qui «travaille dans des pays marginalisés, où les contraintes et les difficultés sont nombreuses et où l’architecture et les infrastructures sont absentes».

Nombre d’ouvrages de Kéré sont en effet situés sur le continent africain, notamment au Bénin, Burkina Faso, Mali, Togo, Kenya ou Mozambique. Et l’architecte est notamment connu pour son implication dans des projets au fort potentiel d’usage public. «Il construit des institutions scolaires contemporaines, des établissements de santé, des logements professionnels, des bâtiments civiques et des espaces publics, souvent dans des pays où les ressources sont fragiles et où la fraternité est vitale», relèvent les organisateurs du prix Pritzker.

Une école emblématique dans son village natal

A l’instar de l’une de ses réalisations phares : l’école primaire de Gando, le village burkinabé où il est né et où il a mené d’autres projets. Pour les organisateurs du prix Pritzker, cette école «jette les bases de son idéologie : bâtir une source avec et pour une communauté afin de répondre à un besoin essentiel et corriger les inégalités sociales».

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Elle est aussi emblématique d’une des caractéristiques de Diébédo Francis Kéré : «l’utilisation intelligente de matériaux locaux pour s’adapter et répondre au climat naturel», comme le relève le communiqué accompagnant le prix. L’école est conçue pour résister à la chaleur et à des ressources limitées. Son succès a conduit à la construction de logements pour les enseignants, à l’extension de l’école et à une nouvelle bibliothèque.

« J’espère changer le paradigme, pousser les gens à rêver et à prendre des risques. Ce n’est pas parce que vous êtes riche que vous devez gaspiller du matériel. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne doit pas essayer de créer de la qualité », dit Diébédo Francis Kéré, dans le communiqué du prix Pritzker. Tout le monde mérite la qualité, tout le monde mérite le luxe et tout le monde mérite le confort. Nous sommes liés les uns aux autres et les préoccupations en matière de climat, de démocratie et de pénurie nous concernent tous. »

Sur le site internet de son cabinet, Diébédo Francis Kéré revendique une approche «à la croisée de l’utopie et du pragmatisme», et «qui nourrit l’imaginaire d’une vision afro-futuriste». «Puisant dans la tradition, notre pratique explore de nouveaux modes de construction dont les fondations sont posées de longue date, peut-on lire encore. Les utilisations innovantes des ressources locales et les méthodes de conception participatives nous permettent de travailler au-delà des limites les plus établies des pratiques de conception et de nous débarrasser des normes dominantes pour créer nos propres standards.» Un vrai manifeste d’empouvoirement par l’architecture.

Le 15 décembre 2021

Source web par : libération

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