Moment historique Par Nadia Salah

Moment historique  Par Nadia Salah

IL faut souligner et re-souligner la séance du Parlement (les deux chambres réunies) d’hier, mercredi 21 mai 2014. C’est une transformation institutionnelle, demandée par l’article 148 de la Constitution.  On a beaucoup dit que cette Constitution ne changeait rien: on s’est beaucoup trompé. A moins qu’il n’y ait eu là beaucoup de malveillance...

En tout cas, pour les parlementaires, il y a beaucoup d’ignorance, car ils auraient dû avoir à cœur d’être là, d’assister en personne à ce moment historique. Ne serait-ce que pour pouvoir dire: «j’y étais».

Tout le monde aura compris que cette procédure de présentation solennelle des avis de la Cour des comptes n’est pas faite juste pour faire joli. Elle sert à impliquer les élus pour les amener à jouer leur rôle dans la surveillance des comptes publics et dans l’amélioration de la gouvernance politique. Sensibilisés aux vrais enjeux de la gestion correcte, sensibilisés aux conséquences des négligences, on peut espérer que les élus n’entraîneront plus les discussions sur des chemins de traverse où les intérêts particuliers dominent l’intérêt général. Cela ne se fera pas d’un coup: il n’y a pas de baguette magique dans les livres de la Cour.

L’article 148 est malin: il ajoute que les élus peuvent s’adresser au ministre dont les services auront été épinglés, pour qu’il vienne expliquer ce qu’il a fait pour redresser la barre et montrer que son intervention a été suivie d’effet.

Ce qui n’a pas été assez dit sur le texte fondamental de 2011, est qu’il multiplie les intervenants et il  les responsabilise, chacun pour ce qui le concerne. Il est nettement plus proche que les constitutions précédentes du tissu marocain, marqué par la multiplicité des apports culturels, ethniques, politiques…

Mais, la nouvelle Constitution ne fait et ne fera rien à la place des gens. Elle ne fonctionne que si on la fait fonctionner. A bon entendeur...

23 Mai 2014  _SOURCE WEB Par Nadia Salah L’Economiste

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