COTE ALARMANTE POUR LES BARRAGES LA RÉSERVE EN EAU EST À MOITIÉ, Y COMPRIS L’ENVASEMENT

COTE ALARMANTE POUR LES BARRAGES  LA RÉSERVE EN EAU EST À MOITIÉ, Y COMPRIS L’ENVASEMENT

SITUATION TENDUE DANS LE HAOUZ, SOUSS-MASSA ET LE SUD
DE BONNES PRÉCIPITATIONS DÈS LE WEEK-END PROCHAIN

Les précipitations enregistrent de fortes variations d’une région à l’autre. Elles atteignent près de 2.000 mm dans les zones les plus arrosées au Nord et chutent à 100 mm dans les régions arides du sud du pays. Ainsi, le taux des apports en eau naturelle varie de 370 m3/hab./an dans les bassins arides (Sahara, sud de l’Atlas et Souss-Massa groupés) à 1.100m3/hab./an en moyenne dans les bassins du Loukkos, du Tangérois et du littoral
Biientôt du baume dans les campagnes. A partir de cette semaine, les températures vont s’inscrire en baisse accompagnées de quelques averses orageuses sur les hauteurs. Mais la bonne pluviométrie ne sera au rendez-vous qu’à partir du week-end prochain, prédit la météo nationale. Il était temps. La réserve des grands barrages, notamment à usage agricole, a atteint en effet une cote alarmante. Au 31 octobre, le taux moyen de remplissage de l’ensemble des barrages s’est établi à 52,5% contre 66,3% à la même période de 2013 et 60%, il y a à peine deux mois (voir L’Economiste: édition du 26 août 2014). En une année, la réserve hydrique totale, mesurée par le ministère délégué en charge de l’Eau, a perdu quelque 2,2 milliards de mètres cubes, passant de 10,4 à 8,2 milliards de m3. Ceci, sans compter le niveau d’envasement des barrages qui, selon différentes évaluations, dépasse le tiers de la capacité nominale.
L’explication tient, bien évidemment, au déficit pluviométrique de cette année. Le cumul des précipitations ayant atteint 274 mm, en retrait de 27% par rapport à une année normale et de 40% en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années. Du coup, les barrages à usage agricole ont été relativement affectés selon les régions. Celles au sud d’Oum Errabii ayant subi le plus l’impact du déficit pluviométrique et partant, la baisse du disponible en ressource hydrique. Le taux de remplissage du barrage Abdelmoumen, qui irrigue le Souss-Massa, ne dépasse guère 17,8% contre 52% un an auparavant. Dans la région du Haouz, la situation est jugée très critique. De grands barrages comme Al Wahda et Bin Al Ouidane ont vu leur taux de remplissage diminuer en dessous de la moyenne nationale: 46,7% pour le premier et 43,4% pour le second. Ces deux barrages font en effet l’objet de prélèvements intensifs avec l’irrigation des cultures arboricoles, maraîchères et industrielles qui  sont pratiquées dans leurs périmètres respectifs. Le premier, situé dans la région du Gharb, est sollicité pour irriguer les fruits, légumes et la canne à sucre. Les eaux du second ouvrage qui domine la plaine de Béni Mellal sont destinées à l’arrosage de la betterave à sucre, des cultures fourragères, des  céréales et des agrumes.
Parmi les grands ouvrages, seul Al Massira affiche un taux de remplissage de 76,1%. Ce barrage alimente, pour la majeure partie, les villes de Casablanca et de Rabat en eau potable.
Au-delà, le Maroc a certes réalisé d’importants efforts en termes de construction de barrages et autres retenues collinaires. Un plan d’économie d’eau ciblant la reconversion de 550.000 ha en irrigation localisée est également en cours d’achèvement. Mais beaucoup reste à faire en ce qui concerne la capacité même de stockage et l’usage rationnel de la ressource. Le contexte hydrologique du Maroc reste influencé par l’irrégularité et la mal répartition de la pluviométrie. En moyenne, le pays reçoit 140 milliards de m3. D’après une récente étude du département chargé de l’Eau, ce volume varie entre 50 et 250 milliards de m3, selon les années. Or, seulement entre 17 et 18 milliards sont stockés. C’est dire le gap entre les précipitations et les capacités de stockage. De plus, le pays subit depuis quelques années de plein fouet le changement climatique avec ses manifestations extrêmes: sécheresse et inondation.
Sources de gaspillage
SUR l’ensemble des ressources en eaux disponibles, 13,1 milliards de m3 sont mobilisables dans des conditions techniques et économiques acceptables. Le potentiel en eaux souterraines renouvelables s’élève à un peu plus de 3,8 milliards de m3 répartis sur 80 nappes dont 48 sont superficielles. Malgré cette fragilité, le gaspillage de la ressource reste une dominante aussi bien chez les individus qu’au niveau de la politique de gestion de l’eau. Des cultures trop exigeantes en eau sont toujours encouragées à coups de subventions et d’une tarification pas du tout dissuasive. Des systèmes archaïques (séguia, aspersion) d’irrigation  occasionnant de grosses pertes prédominent toujours. Or, c’est dans le secteur agricole qu’il existe d’importantes marges d’économie dans la mesure où il consomme 85% des eaux.
4 Novembre 2014
SOURCE WEB Par A. G. L’ECONOMISTE

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