Tourisme Marrakech déprime !

Tourisme   Marrakech déprime !

Lundi, 12 Décembre 2011 17:35 Si les officiels s’acharnent à dire que tout va pour le mieux, les professionnels du tourisme de Marrakech, eux, vivent mal la crise de ces derniers mois. Entre ministère, HCP et fédération, c’est la guerre des chiffres. Samedi 10 décembre. Stars, paillettes et people d’ici et d’ailleurs se sont donné rendez-vous le temps de la clôture du Festival international du film de Marrakech. Entre soirées arrosées, stars mondiales, habitants en délire devant le Palais des congrès scrutant leurs stars favorites, on a envie de dire que Marrakech revit, sort de sa crise et reprend avec les chiffres verts tant attendus… Sauf qu’en coulisses, Marrakech vit sa pire situation dans l’histoire de l’industrie touristique marocaine. Si les derniers chiffres du HCP et ceux du ministère du Tourisme promettent un bel avenir pour le secteur, Abdellatif Kabbaj, P-DG du groupe Kenzi Hôtels risque de les décevoir.« Le mois de décembre sera le mois le plus catastrophique pour le secteur, et on doit s’attendre au pire début 2012 ».C’est en ces mots que le fraîchement nommé à la tête de la FNIH (Fédération nationale de l’industrie hôtelière) annonce les couleurs d’un secteur qui, selon lui, est en perte de vitesse. « Vous savez les chiffres du ministère du Tourisme incluent les chiffres à l’aéroport, la sureté… et ça ne relate pas vraiment la réalité du secteur », s’alarme-t-il. Et pour contredire les chiffres optimistes de Yassir Zenagui, Kabbaj nous confie qu’à fin octobre les hôteliers ont connu une baisse importante de 7,45 % en termes d’arrivées ; les nuitées, elles, ont baissé de 7,31 %. Quant au taux d’occupation (46,46 %), il est très loin du taux rentable du secteur qui avoisine les 65 %. Bentahar et Zenagui trop optimistes Contacté par Le Soir échos, Hamid Bentahar, président du CRT (Centre régional de tourisme) de Marrakech, lui, nie cette situation de crise du secteur : « Nous avons connu quelques difficultés, mais le secteur reprend petit à petit. Nous avons bien communiqué et nous allons encore le faire pour rassurer les touristes étrangers », nous confie-t-il. D’ailleurs, sur le point de la communication, Kabbaj note que la promotion est insuffisante. Il suggère d’allouer 3% des recettes du secteur à la promotion. Sur un autre registre, et à titre de comparaison, le groupe Kenzi, qui détient 9 hôtels 4 et 5 étoiles au Maroc, représentant plus de 3 800 lits et employant environ 2 000 personnes, s’attend à une grosse perte cette année. « Quid des petits groupes ou les projets spontanés qui ne détiennent pas une assise financière solide ? », se demande un professionnel marrakchi du secteur. Il nous confie d’ailleurs que plusieurs hôtels ont fermé ces derniers mois. Une situation qui n’inquiète guère Zenagui qui vient d’être nommé conseiller royal. Lors d’une conférence de presse récente, l’ex-ministre du Tourisme a démenti fermement la situation calamiteuse dans laquelle le secteur se trouve actuellement, en lançant au parterre de journalistes présents, « Le secteur se porte très bien et nous avons réalisé des hausses de recettes considérables. Ceux qui crient sur tous les toits que la crise est là, ne veulent que tirer le secteur vers le bas ! ». La RAM, un frein au développement du secteur ? Qui croire alors ? Zenagui ou Kabbaj ? Quelques chiffres donneraient le tournis et apporteraient quelques éléments de réponse. En 2008 le taux d’occupation des hôtels était de 58,91 %, puis il a chuté à 47,21 % en 2009. En 2010, il s’est redressé pour atteindre les 64,10 %. Pour 2011, il frôlera les 40 %. Last but not least, sur les 9 premiers mois de cette année, les principaux marchés émetteurs ont enregistré des chutes en termes d’arrivées. Les Italiens (-19 %), les Espagnols (-43 %), les Français (-16 %), les Américains (-18 %). Et pour ne pas rassurer les professionnels du tourisme Marrakchis, la RAM (Royal Air Maroc) a supprimé 8 lignes dont celle liant Londres à marrakech et Varsovie à Agadir. Selon Kabbaj, l’impact sera très considérable sur la santé du secteur, puisque le marché britannique a enregistré des hausses, ces dernières années, et cette suppression de ligne aérienne causera un manque à gagner flagrant. Contacté par Le Soir Echos, Abderrafie Zouiten, DGA commercial de la RAM, nous déclare que les décisions de suppression de lignes se fondent sur une étude préalable de rentabilité de la ligne en question, et celles qui ont été supprimées n’étaient plus rentables pour la RAM. Voilà qui est dit ! SOURCE WEB Par - lesoir-echos.com