Météorites: Le Maroc se dote enfin d’un musée

Météorites: Le Maroc se dote enfin d’un musée

Agadir à l'origine de l'initiative

Une première au niveau national et africain

Le premier musée dédié exclusivement aux météorites est enfin ouvert au public. Un projet mis sur pied par l’Université Ibn Zohr, le Centre national pour la recherche scientifique et technique, le Club d’astronomie de l’UIZ et le Laboratoire de pétrologie métallogénie et météorites (Source: F.N)

L’université Ibn Zohr (UIZ) est encore une fois sous les feux de la rampe. En effet, elle vient de se doter du premier musée des météorites au niveau national et africain! Comme nous l'annoncions dans notre édition n°4673 du 22 décembre 2015, cette nouvelle structure représente désormais un lieu d’exposition permanent pour présenter et conserver les échantillons de météorites. «C’est une nouvelle étape qui commence pour la valorisation et la vulgarisation des connaissances associées aux météorites du Maroc», explique Omar Halli, Président de l’UIZ. «Le musée a été conçu afin de préserver ce patrimoine géologique et de mieux faire découvrir ce matériau extraterrestre à une grande diversité de néophytes», a-t-il ajouté. C’est ainsi qu’étudiants, collectionneurs, prospecteurs, enseignants-chercheurs, guides touristiques… ou tout simplement curieux pourront mieux découvrir cette «manne céleste».

Pour le moment, le nouvel espace scientifique comprend une collection de 100 échantillons, représentant des masses principales, des fragments frais et complets, des pluies de météorites, des artefacts tels que les tranches, les lames minces et les sections polies dont la valeur scientifique est singulière. La collection, amassée sur une dizaine d’années par le Club d’astronomie de l’université, correspond à 9% à des chutes observées, et à 91% à des trouvailles, composée de météorites découvertes par hasard, nous indique-t-on. Il faut préciser que ces échantillons sont présentés dans sept vitrines selon leur classe. Des fiches de présentation permettent de découvrir le nom, la localité, les coordonnées GPS, la classe, le poids et le nombre de fragments, ainsi que l’illustration photographique de chaque météorite. «L’étude des météorites nous renseigne sur les processus physiques et chimiques qui se déroulent dans l'espace et la nature des objets constituant le système solaire, ce qui permet de reconstituer l'histoire de cette partie de la Voie lactée qui remonte à plus de 4,6 milliards d'années», explique Abderrahman Ibhi, spécialiste des météorites et président du Laboratoire de métallogénie et minéralogie à la Faculté des sciences d’Agadir et Chef du département d'astronomie au sein du club universitaire Ibn Zohr. «Les météorites peuvent également offrir des informations importantes sur l'émergence de la vie sur Terre grâce à certains constituants organiques», a-t-il ajouté. Il faut noter que les météorites ont aussi des avantages économiques, dans la mesure où le commerce des ces pierres précieuses constitue une source de revenu non négligeable dans certaines régions reculées.

Notamment à Tata, Erfoud, Smara, Zagora… Aujourd’hui, l’optique est d’encadrer les étudiants, les chercheurs, les commerçants de ces pierres et guides touristiques en organisant des conférences et des sessions de formation dans le but de les initier aux techniques de l’identification et la collecte de ces roches extraterrestres. Tout en signalant certains risques qui peuvent être liés à ce phénomène naturel dans le cas de la chute d'une météorite massive. L’objectif est aussi de sensibiliser les gens à l'importance et la préservation de ce patrimoine marocain précieux et à la nécessité de le léguer aux générations futures. Pour rappel, l’inauguration du Musée universitaire de météorites a eu lieu vendredi dernier, en présence de Mamoun Bouhdoud, ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, de Zineb El Adaoui, wali de la région Souss Massa et gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida Outanane, de Brahim Hafidi, président de la région Souss Massa. En plus d’élus, parlementaires, et personnalités de la ville.

C’était aussi l’occasion d’inaugurer d’autres espaces dans l’annexe universitaire. Tels, le centre d’innovation, d’entrepreneuriat et d’employabilité (CI2E), une salle de conférence équipée pour la traduction instantanée, une salle polyvalente, un centre d’études doctorales.

Tourisme «astronomique», une nouvelle niche

Les champs de dispersion de météorites et les cratères d’impact au Maroc pourraient constituer des zones touristiques par excellence et contribueraient au développement du tourisme astronomique. L’étude de ces pierres célestes, leurs minéraux et les métaux qui résultent de leur choc avec les roches de la croûte terrestre (tectites de verre, Moldavite, verre libyque, diamant .

pourrait en effet, constituer une vraie niche à développer via ce nouveau musée. Touristes et visiteurs pourront avoir accès à une information simplifiée à propos des météorites, des sources et des phénomènes accompagnant leur chute, leur nature, leurs classes, leurs compositions chimiques et minéralogiques à travers les enregistrements de chute de météorites au Maroc et des événements qui ont accompagné ce phénomène.

Le 16 Février 2016
SOURCE WEB Par L’économiste

 

Les tags en relation

 

Les articles en relation