En signe de protestation contre la «politique impopulaire» de l'Exécutif

En signe de protestation contre la «politique impopulaire» de l'Exécutif

Le taux de participation à la grève générale d'hier est de plus de 80% selon les syndicats et de moins de 30% selon le gouvernement

Le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement s'intensifie.Ph. Saouri

Difficile de dire dans quelle mesure la grève générale d’hier a été observée, tellement les lectures des uns et des autres divergent. Du côté des centrales syndicales, on affirme que le débrayage a été un succès dans tous les secteurs et on avance même un taux de participation dépassant 80% chez la classe ouvrière. Selon le ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, le taux de participation à la grève générale était de l’ordre de 25 à 30%.

Ce mercredi matin, journée de grève générale décrétée par les syndicats, les écoliers rebroussaient chemin pour rentrer chez eux. De même, la circulation dans la capitale économique n’était pas aussi dense que d'habitude. Le trajet qui nécessite dans les jours normaux 40 minutes était faisable en 20 minutes. Le poumon commercial de Casablanca, Derb Omar, paraissait également déserté ce matin. Les taxis et les autobus étaient très rares, alors que le tramway, lui, n’a pas quitté sa station de départ… Ce qui a créé une panique autour des moyens de transport dans la ville. En plus de ces indices, les centrales syndicales donnent même des statistiques, avec fierté, parlant d’un véritable succès de la grève générale à laquelle elles ont appelé pour le mercredi 24 février et qui vient rappeler celle qu’elles avaient observée il y a quelques mois, le 29 octobre 2015.

De nombreux responsables syndicalistes avec qui nous avons échangé considèrent que ce mouvement de débrayage a été un grand succès, ne serait-ce que parce que toutes les organisations syndicales l’ont soutenu. C’est que le front syndical a constitué une commission nationale qu’il a chargée de suivre le taux de réussite de l’appel à la grève dans les différents secteurs d’activité. Il s’agit d’une sorte de coordination entre les syndicats ayant pris part à ce mouvement de grève pour en mesurer le degré de réussite. Ainsi, contactés par «le Matin» à la mi-journée, des responsables de l’Union marocaine du travail (UMT), de la Confédération démocratique du travail (CDT) et de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) nous ont tous parlé d’un taux de participation à la grève générale autour de 85%, dans les deux secteurs confondus, public et privé. À 14 h, un communiqué, signé par le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), l’UMT, la CDT, l’UGTM et la Fédération démocratique du travail (FDT), est tombé pour confirmer cette information. Le communiqué avance exactement 84,8% comme taux national de participation de la classe ouvrière à la grève générale.

Les centrales syndicales évoquent dans ce communiqué les différents secteurs ayant pris part au mouvement de débrayage. Elles y précisent que, pour la première fois, la grève a touché des institutions constitutionnelles comme le Conseil national des droits de l'Homme, la Cour des comptes ou la Chambre des conseillers. Ils y soulignent également avoir agi pour garantir le service minimum dans certains secteurs stratégiques (hôpitaux, aéroports…) où les employés se sont contentés de porter des brassards. Mais du côté du gouvernement, c’est un autre son de cloche. Le ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii, a déclaré au «Matin» (vers 14 h 30, après la parution du communiqué des syndicats) que le taux de participation à la grève générale se situait entre 25 et 30%. Il a ajouté que «le service général est assuré sur tout le territoire du Royaume, et qu'il n’y a pas eu de problème posé à ce niveau. Il y a eu certes des secteurs qui ont connu un taux de participation élevé allant jusqu’à 40%, mais dans d’autres, ce taux avoisinait 0%». En tête arrive le secteur de l’enseignement, nous explique-t-il. Ce secteur a connu une participation relativement élevée, suivi du secteur des collectivités locales. «Or, la moyenne générale, jusqu’à présent, reste entre 25 et 30%. Mais dans la plupart des wilayas, c’est un peu moins. Cela n’est pas arrivé à créer des perturbations et la grève s’est passée dans le calme», précise Mohamed Moubdii.

Le 25 Février 2016
SOURCE WEB Par Le Matin

 

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