Sale temps pour le secteur touristique à Marrakech: Nette baisse du trafic aérien et un taux de retour nul

Sale temps pour le secteur touristique à Marrakech: Nette baisse du trafic aérien et un taux de retour nul

On a beau intensifier les opérations de promotion partout en Europe, voire en Amérique et dans les pays du Golf que les résultats restent faibles lorsqu’ils ne s’avèrent pas beaucoup moins performants par rapport à ce qu’ils étaient en de pareilles périodes.

Un bref aperçu sur les statistiques enregistrées jusqu’à la fin du mois de février 2016 aussi bien au niveau des arrivées et des nuitées qu’à celui du

trafic aéroportuaire est suffisant pour nous édifier sur l’état de santé dégradant du secteur.

S’agissant du trafic des passagers au niveau de l’aéroport Marrakech –Ménara, il a enregistré une baisse de 6,06% à fin février 2016, en comparaison avec la même période de l’année précédente, selon des statistiques de l’Office National des Aéroports. Un total de 569 393 passagers a transité par l’aéroport de Marrakech – Ménara entre janvier et février de l’année en cours, contre 606 126 passagers durant la même période un an auparavant, précise la même source. Pour ce qui est du mois de févier dernier, un total de 294 475 passagers a transité par l’aéroport de Marrakech contre 300 017 personnes durant le même mois de l’année dernière, soit une baisse de 5,32%.

Quant aux mouvements d’avions, l’aéroport de Marrakech a enregistré 19,48% du total des mouvements recensés dans les aéroports du Royaume en février dernier.

En ce qui concerne les arrivées, la désaffection des hôtels, maisons d’hôtes, restaurants, bazars, magasins de luxe et autres agences de location de voitures de tourisme ou d’excursions est là pour confirmer ce regrettable repli. Ce n’est pas la peine d’avancer des chiffres souvent douteux surtout lorsqu’ils émanent des centres de décision et non pas des personnes directement concernées nous avons préféré faire le tour d’un nombre considérable de commerçants et voilà que tous et sans exception parlent d’une saison catastrophique jamais vécue dans les annales du tourisme jusqu’alors, n’hésitant pas à évoquer d’éventuelles fermetures de leurs commerces si cela continue. Les seuls à sauver leurs peaux sont les boites de nuit, les magasins de boissons alcoolisées, les filles de joie, les cafés des narguilés (chichas) et les snacks. Le reste est à la peine.

Dans le même ordre d’idées, nous avons recueilli les impressions de ce célébrissime antiquaire qui maîtrise très bien la profession et qui se passe d’ailleurs de présentations, nous avons appelé Khalid Al Gharib qui nous a développé les principales raisons de cette dégradation qu’il impute en grande partie aux acteurs du tourisme eux-mêmes et des autorités de tutelle, les considérant comme étant des contribuables notoires de ce qui se passe pour ne pas dire ses propres artisans.

« Pourquoi dit-il, focaliser sur la conjecture économique des pays émetteurs ou se cacher derrière les conséquences désastreuses du terrorisme ? Il y a d’autres facteurs non moins nocifs à prendre en considération

Il n’y a qu’à voir des pays comme le Portugal et l’Espagne par exemple qui ont réussi à tirer les marrons du feu et améliorer leurs scores pour s’en convaincre.

La vérité, c’est que plusieurs de nos hôteliers ont laissé tomber la mise à niveau de leurs établissements, que le contrôle par les inspecteurs du tourisme est devenu de plus en plus rare au point que certains opérateurs affichent le nombre d’étoiles du classement avant même l’ouverture de leurs hôtels, que les guides font la loi, que les quartiers pullulent de badauds et autres aliénés mentaux, que l’affichage des prix fait défaut, bref, conclut-il, il va falloir nous remettre en question et procéder à l’assainissement de notre produit et de son environnement. Les opérations de promotions menées par l’ONMT et les Conseils Régionaux du Tourisme sont nécessaires, personne ne dit le contraire, toutefois elles doivent aller de pair avec la mise à niveau des établissements et le nettoiement en amont et en aval de tout ce qui gravite autour.

Vous verrez alors le taux de retour qui est le principal baromètre de l’auscultation du secteur du tourisme s’améliorer.

Vous n’aviez par exemple qu’à aller jeter un coup d’œil devant l’aéroport ou la gare du chemin de fer et voir comment les taximen se comportent avec les visiteurs ou bien tentez un jour de prendre un taxi en stationnement devant un hôtel classé et rendez moi compte de l’accueil qui vous sera réservé !

Croyez moi ajoute t-il pour terminer que la conjoncture ou les conséquences du terrorisme ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Si l’on ne réussit pas à faire valoir la sécurité dans laquelle baigne notre pays en ces temps où nos principaux concurrents traversent des périodes difficiles, si l’on ne réussit pas à mettre en avant les performants atouts dont nous disposons à savoir la tolérance, l’hospitalité, l’accueil, l’infrastructure hôtelière et la bonté des citoyens en sus des magnifique paysages et de la clémence météorologique, il y a peu de chance de réussir les 20 000 visiteurs attendus à l’horizon 2020 qui est déjà devant nos portes, martèle t-il ».

Le 28 Mars 2016
SOURCE WEB Par L’opinion

 

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