Transport touristique La filière se concerte face à la «menace» Uber

Transport touristique La filière se concerte face à la «menace» Uber

La FNTT prépare un forum pour décrypter les évolutions en cours

Les opérateurs accusent la plateforme de dénaturer leur cœur de métier

L’implantation d’Uber en France a entraîné un mouvement de grève qui, dans des villes comme Paris, a dérapé en chasse aux VTC (voiture de tourisme avec chauffeur) menée par les chauffeurs de taxis conventionnels (Ph. L’Expansion)

L’arrivée de mastodontes comme Uber et Airbnb inquiète de plus en plus les opérateurs du secteur du tourisme. Une réalité qui dicte aux professionnels du transport touristique la prise en compte des enjeux des transformations numériques et leurs répercussions sur la mobilité de manière générale et sur les professionnels en particulier. «Le secteur passe par une vague de turbulence marquée par l’arrivée de nouveaux acteurs. Des barbares qui n’ont aucun état d’âme et qui ne raisonnent pas avec une logique du 20e siècle. Leur devise, c’est marche ou crève», précise Khalid Mouhib, secrétaire général de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT).

Aujourd’hui, tout le défi pour la corporation consiste à assimiler et comprendre «la menace» de cette nouvelle concurrence largement dématérialisée. Suite à cette phase de compréhension, les opérateurs seront appelés à s’adapter et œuvrer à la modernisation des instruments de contrôle du secteur. C’est à cet effet que la FNTT organise le 4 mai (à Casablanca) son 2e forum régional sous le thème: «Révolution numérique: Quel impact sur la mobilité?». Au programme de cette rencontre, des panels pour faire le point sur la stratégie numérique du pays, les impacts de l’innovation sur le modèle d’offre et de demande du transport, les changements organisationnels et culturels requis pour la mise à niveau des entreprises de transport ou encore les solutions à adopter pour la mise en place d’une régulation efficiente de l’économie numérique. «Nous avons besoin d’une perception claire du futur pour nous y préparer», explique le SG de la FNTT. Face à la baisse de régime, l’arrivée de Uber fait grincer des dents les transporteurs touristiques. Le pure player est assimilé à un prédateur par les professionnels qui l’accusent de travailler hors de tout cadre légal. «Uber fonctionne grâce à des subventions en provenance de l’étranger. Il pénètre le marché en travaillant à perte, ce qui lui permet de s’assurer du monopole», soutient-on du côté de la FNTT. Le credo avancé par la fédération est un strict respect de la réglementation en vigueur, tout en rappelant que pour la start-up, c’est l’utilisateur et ses données personnelles qui sont la véritable source de richesse. «Certains transporteurs se retrouvent à faire le taxi pour la plateforme, ce qui n’est pas notre cœur de métier. Il n’empêche que ce n’est pas en interdisant Uber que nous allons régler le problème», admet le SG de la FNTT.

Le 21 Avril 2016
SOURCE WEB Par L’économiste

Les tags en relation

 

Les articles en relation

Uber au Maroc… deux ans après !

Uber au Maroc… deux ans après !

12.000 chauffeurs inscrits, 500 chauffeurs actifs, un panier moyen de 35 DH, 38% des commandes par des touristes et 40% de paiement se font en espèces. Les ind...

Maroc : Uber s'en va

Maroc : Uber s'en va

L’aventure marocaine n’aura pas trop duré pour Uber. L’application a décidé de suspendre ses activités dans le royaume à partir de cette semaine. Cet...