La Fondation Mohammed VI des oulémas africains est née

La Fondation Mohammed VI des oulémas africains est née

Le Roi a présidé la cérémonie d’installation du Conseil supérieur, hier, à Fès

Objectif: préserver la religion contre les déviations et l’extrémisme

L’intérêt primordial de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains réside essentiellement dans la réalisation de la paix, de la stabilité et d’œuvres utiles portées par les valeurs de la religion, pour autant que celle-ci soit pertinemment comprise et que sa pratique soit prémunie de l’ignorance, de la déviation et de l’extrémisme (Ph. MAP)

Réorganisation du champ religieux, formation des imams, unification du culte… sont autant d’actions qui ont porté leurs fruits et font du Maroc un modèle qui partage son expérience. En ce sens, et sous la conduite du Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, le champ religieux a entamé une démarche innovante et conciliante pour un Islam moderne, tolérant, et de paix. La démarche marocaine a séduit en Europe, dont plusieurs pays réclament aujourd’hui l’accompagnement du Royaume, mais aussi en Afrique. Pour notre continent, le modèle marocain est dupliqué au Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon, et autres. Et c’est dans cette vision de communion, partage et complémentarité que le Souverain a présidé, hier à Fès, la cérémonie d’installation du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains. A l’heure où nous mettions sous presse, le Roi devait prononcer un discours à cette occasion.

Créée il y a tout juste un an, cette Institution a parachevé les mécanismes préparatoires pour le lancement de ses activités. Avec l’installation de son conseil supérieur, elle devient opérationnelle hier mardi 14 juin. En effet, le dahir portant création de cette fondation a été publié au Bulletin officiel n° 6372 en date du 25 juin 2015. Dans son préambule, sont explicités les motifs de cette création, en considération des liens religieux et culturels qui unissent le Royaume du Maroc à de nombreux pays d’Afrique, et eu égard aux impératifs liés à la situation actuelle avec la mise en place d’un cadre de coopération entre les oulémas du Maroc et ceux des pays africains, d’une part, et entre ces oulémas africains, d’autre part.

Regroupant des oulémas et alimates d’une trentaine de pays, cette fondation vise à préserver la religion contre les déviations et l’extrémisme, de sorte que ses valeurs magnanimes soient au service de la stabilité et du développement dans ces pays. Elle a pour vocation de constituer le cadre institutionnel au sein duquel les oulémas assument leur responsabilité et accomplissent leur devoir. La «Fondation Mohammed VI des oulémas africains» se veut un espace pour l’effort d’Ijtihad recommandé, afin de tirer bénéfice, de manière circonstanciée et selon les possibilités offertes, du modèle de gestion du fait religieux tel que le Roi l’a initié, dans ses volets relatifs à la pensée, à l’encadrement et aux prestations de services. Il s’agit en l’occurrence du partage de la sagesse en matière de gestion religieuse. Et c’est ce qui a été relaté par le dahir portant création de cette fondation. Lequel lui définit des objectifs multiples, entre autres d’unifier et coordonner les efforts des oulémas au Maroc et dans les autres pays africains, pour faire connaître, diffuser et consacrer les valeurs de paix et de tolérance. Entreprendre des initiatives s’inscrivant dans le cadre de tout ce qui est de nature à valoriser les idéaux magnanimes de l’Islam dans toute réforme participant de l’œuvre de développement en Afrique, tant au niveau du continent qu’à l’échelle de chaque pays, pris à part, et dynamiser le mouvement de la production intellectuelle, scientifique et culturelle dans le champ religieux islamique, figurent parmi ses missions. La Fondation ambitionne aussi de renforcer et développer les relations historiques qui unissent le Maroc aux autres pays africains, encourager la création de centres et d’institutions religieux, scientifiques et culturels, et assurer le renouveau du patrimoine culturel africain islamique commun à travers sa vulgarisation, sa diffusion et sa préservation. Elle peut nouer des contacts et des relations de coopération entre les associations et les institutions ayant des centres d’intérêt commun, et pourrait avoir des sections en dehors du Maroc. A cet effet, le dahir portant sa création mentionne la possibilité de créer des sections de l’Institution dans les différents pays et stipule que la création de telles structures doit se faire conformément à la législation et au contexte du pays concerné.

Une protection contre les déviations

Au regard du rôle des oulémas comme encadrants naturels des imams, l’organisation et la coordination entre les oulémas sont devenues primordiales. Le but commun recherché étant de protéger la pratique cultuelle des fidèles des déviations, de l’ignorance et des agissements désinvoltes et la mise en œuvre des valeurs religieuses pertinentes pour répandre la sécurité et la paix, et la réalisation du développement. C’est dans cette optique qu’intervient l’ordre de créer cette fondation «scientifique» qui devra permettre aux oulémas africains de conjuguer leurs efforts, de définir les programmes et de dynamiser la concertation et l’échange d’avis et d’expériences. Une mission assignée à des oulémas qui sont parmi les meilleurs oulémas musulmans.

Des femmes alimates

La présence des femmes alimates dans la Fondation Mohammed VI des oulémas africains est  tout à fait naturelle, sachant que la femme dans les pays africains est connue par sa forte religiosité, son imprégnation spirituelle, et la grande responsabilité qu’elle assume dans l’éducation des générations aux hautes valeurs, avec dévouement et abnégation. Pour cela, son action mérite d’être reconnue et valorisée. La présence des alimates aux côtés des oulémas  revêt, ainsi, une double signification: d’abord, la nécessité de conférer une grande solennité à cette participation féminine dans l’encadrement religieux, avec tout ce que cela exige en termes de qualification et de mise en valeur de la place de la femme dans cet encadrement et, deuxièmement, la volonté de partager l’expérience marocaine dans ce domaine, du fait de la forte participation de la femme marocaine dans l’encadrement religieux.

Le 15 Juin 2016
SOURCE WEB Par L’économiste

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