Commission mixte : Parlons-en !

Commission mixte : Parlons-en !

Dans un précédent post, nous déplorons le fait que la liste envisagée des candidats à présenter pour la commission mixte du privé, appelée à être le vis-à-vis de la partie du public, n’admettait aucune femme professionnelle en son sein. Mieux : à notre connaissance, la jeunesse n’y figure pas non plus. Or, des managers talentueux existent bel et bien, porteurs d’idées innovantes et donnent le change pour ce qui est du tourisme de demain, à consommer avant qu’il ne soit périmé, serait-on tenté de dire. Bien reconnue dans le paysage touristique national et au-delà, elle ne demande qu’à servir le secteur avec des options avant-gardistes et modernes pour redonner au produit Maroc ses lettres de noblesse dans un contexte mondial réputé par le rajeunissement de ses structures. On n’en veut pas ? Pourquoi donc cette mainmise chauviniste qui ne sert en rien le produit ? Va-t-on toujours continuer à user malencontreusement de cette espèce tourisme de rente ? Dommage !

Au moins qu’il y ait de l’équité en donnant aux jeunes cadres la chance de défendre leurs opinions, les impliquer pour enrichir les décisions d’un sang nouveau, celui de demain et ainsi de suite. Certains qui y figurent déjà comme Hamid Bentahar, est un bon challenge, considération prise du comportement challenger de ce dernier qui a vite fait de gravir les marches de la machine Accor en en devenant l’une des principales roues motrices.

Entre les deux, les «sages» devraient, eux-aussi, trouver leur place, tel Mohammed Benamour qui, des années durant, a prouvé son excellence professionnelle, ses valeurs morales, son militantisme en étant l’un des principaux artisans de Vision 2010. Ou encore Azzeddine Skalli dont l’humilité n’a d’égal que ses idées d’avant-garde. N’allons pas plus loin, le nom de Kamal Bensouda est à lui seul une institution qui, aux rênes d’Atlas Hospitality, la chaîne nationale n’a jamais autant compté d’unités que depuis qu’il y préside les destinées, avec un choix judicieux des sites d’implantation avec un éventail catégoriel approprié aux produits régionaux, etc.

Comment s’est-on plu à omettre ces gros calibres du casting ? Serait-ce voulu ou les deux auraient décliné l’invitation, ce qui nous paraît étonnant ?

Pire, dans la « composition » de la liste des professionnels, le concept de la régionalisation est exit. La balle se joue sur le terrain des casaouis et des marrakechis tout court, pas besoin d’aller chercher loin. Bizarre, comme si ête professionnel doublé de citoyen avéré est une condition géographique réductrice ne dépassant pas les deux destinations. On se permet d’oublier le nord, ses valeurs certaines, ses grands projets et ses hommes. D’autant que cette marginalisation est alarmante à l’heure où le « hirak » bat son plein. En est-on conscient lorsqu’on écarte délibérément des scénarii ? Mustapha Boucetta (Pdt du CRT Tanger-Tétouan Al Hoceima) n’y ferait-il pas bonne figure ? Ce n’est pas fini. Tout comme le nord, le sud a également son droit légitime d’être dignement représenté, ne serait-ce que par Guy Marrache (Pdt du CRT Agadir Souss-Massa), professionnel businessman symbole de réussite, référence incontournable du marché allemand sur le Maroc, alter-égo de très grand TO mondiaux et, surtout, un fervent défenseur du produit Maroc. Mais que se passe t-il donc ?

Normal qu’on rétorquerait que cela constitue une palette large de candidats proposés excédant le nombre limité à 5 qui peuvent être définitivement proposés. Mais, peut-être, qu’en proposant l’élargissement de la composition à davantage de membres en faisant valoir des arguments solides de représentativité régionale et d’efficacité, cela tiendrait.

La proposition des candidats à siéger au sein de la commission –ce n’est d’ailleurs qu’une commission à caractère consultatif et non de pouvoir- doit se faire, pour être démocratique, sans privilège de chasses-gardées ou de considérations personnelles et non professionnels, pour ne pas entériner encore les imbrications belliqueuses de querelles intestines. Gare aussi au clientélisme qui risque d’ensabler le fonctionnement de la mécanique, un risque que peuvent porter certains déjà choisis mais dans le palmarès professionnel s’est soldé par des échecs cuisants. Comment peuvent-ils constituer une plus-value pour les privés de la commission alors que le spectre de l’échec hante leur ombre comme une malédiction?

Il est encore temps pour se rattraper, à condition de le vouloir, bien sûr !

Le 28 Juin 2017

SOURCE WEB Par Tourisme Et Gastronomie

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