Tamesna, une ville « pas smart du tout » aux portes de Rabat

Tamesna, une ville « pas smart du tout » aux portes de Rabat

L’Afrique en villes (29). Construite il y a dix ans pour désengorger la capitale marocaine, la cité est déserte et ses rares habitants s’y sentent piégés.

A 20 km du brouhaha de Rabat, le centre-ville de Tamesna n’est que silence. Pas un son, pas un frisson. Les routes, neuves, sont désertes. Où sont passés les habitants ? Sous le soleil d’été, la cité tout entière dort. D’un sommeil profond, angoissant, interminable. Il suffit d’arpenter la longue avenue qui traverse les barres d’immeubles sorties de terre pour découvrir son étendue désolée. Des bâtiments agencés comme des boîtes d’allumettes, et puis le vide. Des kilomètres de vide.

Tamesna, créée en 2007 aux portes de Rabat pour désengorger la capitale marocaine, est une ville mort-née. Sur le papier glacé des publicités, elle illustrait pourtant le rêve d’une ville nouvelle, conçue pour offrir un environnement de qualité à 250 000 habitants. Face à la flambée de l’immobilier à Casablanca et à Rabat, les plus pauvres rêvaient de quitter leur bidonville pour une vie plus digne. Les classes moyennes croyaient au slogan publicitaire : un confort moderne à deux pas de la capitale.

Dix ans plus tard, la ville nouvelle n’est que l’ombre d’elle-même. Moins de 40 000 personnes y vivent, retranchées dans des habitations sans âme, fenêtres fermées. Les espaces publics et les équipements collectifs sont inexistants, les terrains vagues abandonnés aux herbes folles. Pas d’entreprise, pas d’hôpital, peu de commerces. Tamesna est une cité-dortoir sans vie.

« Une île sans bateau »

Pour ses habitants, ce n’est pas le pire. « Notre calvaire, c’est le transport. Ils ont construit une ville-dortoir sans accès. Tout le reste se passe à l’extérieur », raconte Ahmed, 56 ans, un mécanicien qui fait la navette tous les jours entre Tamesna et Rabat.

Publier le 31.08.2017

Source web par lemonde

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