Les merveilles des manuscrits islamiques L’art de la calligraphie, des miniatures et des enluminures à la Bibliothèque nationale

Les merveilles des manuscrits islamiques   L’art de la calligraphie, des miniatures et des enluminures à la Bibliothèque nationale


Réalisée à l’occasion du 400e anniversaire des Études arabes à l’Université de Leyden, cet événement met en relief la culture et les sciences arabes à travers des manuscrits des plus rares que les chercheurs et académiciens néerlandais ont minutieusement gardés, montrant l’intérêt qu’ils ont toujours porté pour la richesse de l’histoire et de la culture arabes. Avant de faire escale au Maroc, cette exposition a déjà été organisée, pour la première fois, au Caire en 2013, par Mme Baukje Dijkstra, en étroite collaboration avec le professeur Luit Mols, spécialiste de l’art islamique à l’Université de Leyden.

«Notre souhait en reproduisant cette exposition au Maroc, au-delà de l’aspect linguistique (avec une traduction française de l’ensemble des textes) a été de mettre en avant les aspects spécifiquement marocains de celle-ci, par la mise en valeur notamment de l’œuvre de Muhammad ben Sulayman al-Jazûlî. Tout en nous adaptant au contexte marocain, nous avons, toutefois, choisi de laisser à l’avant-plan certaines reproductions de pièces rares, telles que la traduction en arabe du “Materia Medica” du savant grec Dioscorides.

Ce manuscrit, datant de l’an 475 de l’Hégire/1083 apr. J.-C., est à ce jour le plus ancien manuscrit arabe illustré portant sur un sujet scientifique», souligne l’attaché culturel auprès de l’ambassade des Pays-Bas, Arnaud Simons, qui n’a pas manqué de rappeler les relations anciennes, riches et fécondes entre son pays et le Maroc. «Cela n’empêche que l’on puisse toujours les approfondir et les améliorer, par la mise en place, par exemple, d’expositions comme celle-ci. Notre ambassadeur voit d’ailleurs cette exposition comme une main tendue, une forme de rapprochement entre nos deux pays. Son lointain collègue, en la personne du diplomate néerlandais Levinus Warner, avait d’ailleurs le même souhait», confirme-t-il.

En effet, les relations diplomatiques liant l’ancienne République hollandaise au Maroc, depuis 1610, ont permis aux chercheurs néerlandais de venir sur ces terres dès le 17e siècle, à la recherche de documents et de sources de référence. C’est le cas de Levinus Warner qui, ayant fait des études en langues orientales, puis devenu diplomate par la suite, a pu constituer une impressionnante collection d’environ 1 000 manuscrits du Moyen-Orient grâce à l’aide de ses contacts et amis musulmans. À sa mort en 1665, il a légué l’ensemble de sa collection à l’Université de Leyden.

Ces liens historiques ont, également, permis la création d’une chaire arabe, représentant ainsi la plus ancienne d’Europe. Et ce pour l’étude de la langue et la civilisation arabes, afin de faciliter un dialogue aussi bien culturel, académique que religieux, puis pour consolider les rapports dans le commerce et la diplomatie. «L’intérêt porté par les Néerlandais à la culture et à la civilisation arabes, mais également aux spécificités marocaines de celles-ci, ne s’est jamais démenti depuis le début du 17e siècle. L’importante communauté maroco-néerlandaise y contribue d’ailleurs naturellement. Preuve est que cette célébration du 400e anniversaire a donné lieu à de nombreuses activités dans la ville qui ont attiré un très large public.

L’intérêt au niveau académique est également bien présent dans le pays. Il n’y a qu’à visiter l’Institut néerlandais au Maroc pour constater le grand nombre des jeunes néerlandais désireux de se former dans le domaine, et qui en profitent d’ailleurs généralement pour vivre au sein d’une famille marocaine le temps de leur formation», précise Arnaud Simons.

Ces derniers étaient vraiment séduits par la beauté de ces manuscrits résidant, dans une large mesure, dans l’art de la calligraphie, des miniatures et des enluminures. Ce sont ces trois éléments majeurs qui font également la richesse des manuscrits islamiques des collections spéciales de l’Université de Leyden. Ils témoignent de l’unité et de la diversité des motifs décoratifs dans le monde musulman. La sélection des œuvres, présentées à la Bibliothèque nationale, se divise en cinq thèmes, notamment la calligraphie, les représentations de la Mecque et de Médine, les miniatures tirées d’ouvrages scientifiques, la poésie et les motifs floraux et géométriques. Plusieurs pièces d’une très grande valeur figurent dans cette collection, dont le «Kitab Al-Hasha’ish» ou une traduction en arabe du «Materia Medica», du savant grec Dioscorides (de l’an 475 de l’Hégire/1083 apr. J.-C.,) considéré à ce jour comme le plus ancien manuscrit arabe illustré portant sur un sujet scientifique. 


Quatre cents ans de relation

Pour célébrer cet anniversaire, l’Université et la ville de Leyden ont fêté l’Histoire, mais aussi l’avenir de l’enseignement de l’arabe et des études du Moyen-Orient, avec un programme riche en activités, notamment des expositions dans les musées, des lectures de poésies, des concerts, des rencontres et des visites académiques. Cette tradition d’études arabes, nous la retrouvons dans la richesse des collections de la bibliothèque de l’Université de Leyden qui possède, actuellement, outre les 2 000 manuscrits en langue perse et en turc ottoman, quelque 4 000 manuscrits en langue arabe. Les relations diplomatiques liant l’ancienne République hollandaise au Maroc (depuis 1610) et à l’Empire ottoman (depuis 1612) ont permis aux chercheurs néerlandais de se rendre au Moyen-Orient à la recherche de documents et de sources de référence.

10 janvier 2014 –SOURCE WEB Par  Ouafaâ Bennani, LE MATIN

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