Déchets, assainissement, forêt...LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Déchets, assainissement, forêt...LES CAHIERS DE L’EMERGENCE

Des régions presque poubelles

Aujourd’hui, les régions ainsi que les élus locaux sont conscients que toutesles actions concrètes en faveur de la protection de l’environnement et ledéveloppement durable dépendent d’eux. Seulement, les chantiers sontcolossaux tant le retard pris en ces domaines est important. Les régions sontdonc premières en ligne. Déjà les difficultés à surmonter et les actions àmettre en place ont été identifiées. Le 18 janvier dernier, une concertationa, en effet, démarré à travers les 16 régions du pays. Durant un mois, éluslocaux, ONG, entrepreneurs et experts en matière d’environnement ont étéinvités à donner leur avis sur le projet de la Charte nationale. Un projet quidoit engager le Maroc dans un processus de développement durable. Leursrecommandations ont été prises en considération dans l’élaboration dudocument final de la Charte

Casablanca

La région du Grand Casablanca possède 50 km de côtes. S’étendant sur une

superficie globale de 1 615 km2 avec une densité de 4100 hab/km2, la région est limitée au nord, au sud et à l’est

par la Chouia-Ouardigha et à l’ouest par l’océan atlantique

- Forêts: Les forêts de Bouskoura et Marchiche polluées par les déchets domestiques et dégradées par les activités

récréatives, tassements du sol par les véhicules

- Agriculture: Utilisation irrationnelle de l’eau d’irrigation, baisse de nappe phréatique, utilisation d’une mécanisation

non appropriée à la nature des sols, utilisation intensive de pesticides

- Eau: Eaux de surface dégradées, pollution des eaux du barrage Hassar et des oueds Bouskoura et El Maleh. Les

nappes de Berrechid et de la Chaouia également contaminées. Les zones humides de Mohamedia et Hay Hassani,

sujettes à de nombreuses sortes de pollution

- Littoral: Dégradation des littoraux de Casablanca et Mohammédia par les rejets industriels et urbains non traités,

prélèvement illicite de sables, pressions urbaines sur les espaces de Dar Bouazza et Mansouria

- Air: mauvaise qualité de l’air due à un trafic automobile intense, émissions atmosphériques importantes, impact sur la

santé

Rabat-Salé-Zemmour-Zaër

La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër occupe une place stratégique, du fait qu’elle abrite la capitale du

Royaume. Située au nord-ouest du pays, au niveau du plateau central, elle est délimitée au nord par la région

Gharb-Chrarda-Bni Hssen, au sud-est par la région de Meknès-Tafilalet, au sud ouest par la région Chaouia

Ouardigha et à l’ouest par l’atlantique

- Forêts: Grosse pression pastorale sur les fôrets de Maamora et de Temara, surexploitation du chêne liège

-

Agriculture: Exploitation exagérée des sols, systèmes d’irrigation mal adaptés

- Eau: Rejets liquides ménagers et industriels et des lixiviats de la décharge d’Akrech dans les eaux de l’oued

Bouregreg, surexploitation des nappes phréatiques

- Littoral: Forte urbanisation, déversement d’eaux usées non traitées, décharges sauvages le long de la côte


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Guelmim Es-Smara

La région de Guelmim Es-Smara est limitée au nord par la région Souss Massa, à l’est par la frontière maroco-

algérienne, à l’ouest par l’Atlantique et la région de Lâayoune-Boujdour-Sakia El Hamra et au sud par la

Mauritanie

- Forêts et oasis: Les écosystèmes forestiers et oasiens de la région sont fragiles et vulnérables. Les raisons: aridité du

climat, forêts non délimitées et homologuées et infrastructures ensablées

- Agriculture: Ensablement des exploitations, surpâturage, sols pauvres

- Eau: Pollution des nappes, eaux usées non traitées, pompage intense et augmentation de la salinité, décharges

sauvages

- Littoral: Rejets domestiques et industriels

- Air: Pollution par les moyens de transport et par l’exploitation de carrières

Tanger-Tétouan

La région est caractérisée par sa double ouverture sur l’Atlantique et la Méditerranée. Elle est aussi marquée

par la prédominance du relief formé par la chaîne rifaine qui s’étend jusqu’à la péninsule tangéroise

- Forêts: Incendies, défrichements et prélèvements en bois de feu intenses, moins de 10% de forêts homologuées,

érosion des sols

- Agriculture: Les zones agro-écologiques du nord du pays sont les plus vulnérables aux changements climatiques,

inondations, sécheresse

- Eau: Envasement des retenues de barrages, pollution des oueds par les rejets urbains et industriels

- Littoral: Dégradation des eaux côtières et de baignade, des plages. Pollution marine due au dégazage et déballastage,

faune marine menacée

Gharb Chrarda Beni Hssen

La région du Gharb Chrarda Beni Hssen est limitée au nord par la région de Tanger Tétouan, au nord-est par

Taza-El Hoceima-Taounate, au sud-est par Fès Boulemane et Meknès Tafilalet, au sud par Rabat-Salé-

Zemmour-Zaër et à l’ouest par l’Atlantique

- Forêts: Grande pression humaine (urbanisation,

- Agriculture: Forte pression hydrique, inondations

projets

touristiques),

surpâturages,

braconnage

- Eau: Pollution domestique et industrielle des oueds Sebou et Beht, le Sibe de Merja Zerga menacé par les effluents

liquides de unités de conserve d’olives via l’oued Drader, nappe Mâamora surexploitée

- Littoral: forte concentration de population, dégradations diverses liées aux activités anthropiques

Chaouia-Ouardigha

La région de Chaouia-Ouardigha s’étend sur la plaine de la Chaouia, la plaine de Berrechid, le plateau des

phosphates et la partie sud-ouest des plaines de la Meseta.

- Forêts: Non organisation des parcours forestiers, prélèvements excessif en bois de feu

- Agriculture: Sécheresse structurelle, dégradation des parcours, surexploitation des nappes, contamination des sols par

les pesticides

- Eau: Epuisement des réserves, pollution, envasement des barrages de Tamesna et d’El Maleh


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- Air: Emissions liées à l’activité industrielle et transport au niveau des centres urbains.

Doukkala-Abda

La région de Doukkala-Abda s’étend principalement sur les plaines de Doukkala, Abda et Ahmar. La région est

située sur la côte atlantique, limitée au nord est par la province de Settat, au sud-est par la province de Kelâa

Sraghna et la wilaya de Marrakech et au sud ouest par la province d’Essaouira

- Forêts: Surexploitation par le prélèvement du bois à feu et en fourrages, déforestation pour les besoins de l’industrie

touristique, dégradation des sites d’intérêt biologique et écologique.

- Agriculture: Système d’irrigation vétustes, sécheresse, dégradation des parcours

- Eau: Eaux de surface de mauvaise qualité, eau salée au niveau d’El Jadida, l’utilisation des fertilisants menace les

nappes

- Littoral: menaces sur la lagune de Oualidia, estuaire de l’oum Er Rbia, exploitation illicite du sable, recul du trait de

côte, pêche illicite

- Air: Trafic automobile intense. Les activités industrielles, surtout celles relatives à l’extraction et la calcination des

phosphates, la fabrication des engrais constituent une source dégradant la qualité de l’air

Laayoune Boujdour Sakia El Hamra

La région est située sur un vaste plateau (hamada), constitué principalement d’immenses plateaux désertiques.

Le relief est très peu accidenté, mis à part les dépressions des Sebkhas (vastes plaines sans végétation) et les lits

creusés dans la province de Lâayoune et les falaises élevées du littoral et les chaînes de montagnes à l’est de la

province de Boujdour

- Forêts: Désertification, surpâturage, dégradation de la végétation

- Eau: Dégradation qualitative, quantitative des ressources et salinité élevée. Une situation aggravée par les sécheresses

répétées

- Air: Fumées importantes dégagées par les unités de production d’huile et farine de poisson, mauvaises odeurs, rejets

gazeux provenant de l’unité de traitement des phosphates « Phosboucrâa », de la cimenterie de Lâayoune

- Littoral: Les rejets des eaux usées domestiques et industrielles menacent littoral et les zones humides. Surexploitation

des ressources par la pêche, solubilité des sels au niveau de Akhenfir et la lagune de Khnifiss

Tadla-Azilal

La région de Tadla-Azilal est limitée au nord par la région Chaouia Ouardigha, au sud par la région Souss-

Massa-Drâa, à l’ouest par la région de Marrakech et à l’est par la région de Meknès-Tafilalet

- Forêts: Défrichements et prélèvements excessifs en bois de feu, érosion des sols, pression pastorale

- Agriculture: Succession de sécheresses qui entravent l’expression du potentiel agricole de la région, baisse chronique

des dotations d’eau d’irrigation allouées

- Eau: Rejets domestiques, pollution des eaux souterraines, envasement des barrages My Youssef, Bin Al Ouidane et

Hassan Ier

- Environnement: Défaillance des systèmes d’assainissement, prolifération de l’habitat insalubre, exploitation intensive

des zones de sable et roches de concassage, pollution de l’air.

Taza Al Hoceima Taounate


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La région présente un territoire aux paysages divers. On en distingue le littoral de la province d’Al Hoceima, les

plaines de la Moulouya et de Guercif, les plateaux désertiques de Guercif, le bassin du Pré-Rif, les zones

montagneuses du Rif et du Moyen-Atlas

- Forêts: Déforestation due à la pression urbaine, au défrichage et le prélèvement du bois énergétique. L’assiette

foncière non apurée, notamment dans les provinces de Taounate et Al Hoceima, engendre des empiètements sur le

domaine forestier

- Agriculture: déversement des margines dans les eaux, sécheresses, inondations

- Eau: Problème de la qualité des eaux dû aux rejets urbains, à l’augmentation de la salinité, pollution des nappes par

les pesticides, modification des cours d’eau due aux prélèvements des matériaux de construction. Pollution par les

margines déversées dans les oueds, essentiellement dans les provinces de Taounate et Taza

- Littoral: Côtes polluées par les rejets des eaux usées, surfréquentation des plages et extraction abusive des sables,

pêche illicite importante

Souss-Massa-Draa

La région représente 9,9 % du territoire national. Elle compte 2 préfectures (Agadir Ida-Outanane et Inezgane

Aït Melloul) et 5 provinces (Chtouka Aït Baha, Taroudant, Tiznit, Ouarzazate et Zagora)

- Forêts: Dégradation des ressources forestières (arganeraies), perte de la biodiversité, dégradation de la faune (gazelle

à Ighrem), disparition des zones humides, régression des oasis de Zagora, Ouarzazate et Taroudant, infection des

dattiers par le bayoud

- Agriculture: Ressources en eau limitées et surexploitées, fragilités des écosystèmes pastoraux, problèmes de déchets