Artisanat de luxe

Artisanat de luxe

Fenyadi dévoile sa première collection

La filiale de Mutandis provient de la fusion de trois ateliers

Un investissement de 40 millions de DH hors local

L’alliance entre des designers internationaux et des maîtres artisans marocains devrait permettre de sauvegarder certains métiers d’artisanat menacés de disparition et donner un second souffle aux produits déjà existants (Ph. Fenyadi)

     

Première marque d’artisanat de luxe au Maroc! Fenyadi a dévoilé, hier mercredi 1er juin à Casablanca, sa toute première collection de produits d’artisanat. Pour ce premier cru 2012, Fenyadi a jeté son dévolu sur la thématique du désert. Un univers qui déteint ses couleurs beige sable, khôl, ocre et bleu du tatouage sur l’ensemble de la gamme

La première collection se décline en trois familles de produits: les bougies d’ambiance, la céramique décorative et le linge de maison. Mais il est certain que d’autres produits sont envisagés. Il s’agit de la tapisserie, de la bijouterie, de la maroquinerie…

De par sa signification (l’art de ma main en arabe), Fenyadi est d’abord une expression de l’artisanat marocain multiséculaires. Un art qui a réussi à s’imposer à l’échelle internationale. D’ailleurs, le nom du Maroc a même été donné à l’art de travailler le cuir: maroquinerie. La synergie entre les maîtres artisans marocains et les concepteurs européens consiste en l’alliance de la créativité marocaine et de l’innovation du design international. «L’approche industrielle n’intervient qu’au niveau du choix des matériaux, du contrôle de qualité et de la correction du design», rassure Adil Douiri, patron de Mutandis

A l’origine, Fenyadi provient de la fusion en 2009 entre trois ateliers : Akal, Via Notti et Amira. Des univers animés à la base dans la région de Marrakech par quatre designers européens : Charlotte Barkowsky, Rodolpho Guilmoto, Sophie Rieutord et Géraldine Guilmoto.

«Nous avons tous pour point commun notre passion pour le Maroc», explique Géraldine Guilmoto.
Le montant de l’investissement s’élève à 40 millions de dirhams, sans compter le local à Casablanca, qui abritera en novembre 2011 le premier magasin de la chaîne. Fenyadi est détenue à 75% par Mutandis et à 25% par des designers.

Pour une société d’investissement qui cible habituellement des secteurs à forte rentabilité, la création d’une entreprise spécialisée dans l’artisanat, bien que de luxe, relève plutôt d’une gageure. «Fenyadi est d’abord une histoire de cœur et d’émotions. D’ailleurs, si le créneau était très rémunérateur, il y aurait déjà eu une dizaine d’opérateurs», reconnaît le patron de Mutandis. L’ancien ministre du Tourisme, qui était également en charge du département de l’Artisanat, s’attend tout de même à atteindre au moins l’équilibre financier dès l’ouverture de la succursale casablancaise de Fenyadi, première d’une série de magasins .Fenyadi se positionne dans l’artisanat haut de gamme. «C’est la raison pour laquelle nos produits ne seront jamais vendus dans les chaînes d’hypermarchés ou de discount, mais dans des magasins spécialisés», explique Douiri.  La clientèle de Fenyadi se recrute essentiellement parmi les touristes étrangers, les riads et autres maisons d’hôtes

Source : WEB  Par Hassan EL ARIF  L’Economiste