Energies Le bouquet énergétique marocain cité en exemple

Energies Le bouquet énergétique marocain cité en exemple

N’enterrons pas trop vite les sources fossiles!

68 milliards de DH déboursés à l’import en 2010

                 

 

Près de 95% des besoins du Maroc en énergie sont encore couverts par le pétrole, le gaz et le charbon. Dans les trois cas, il faut se tourner vers le marché international. En 2010, le Maroc a importé pour 68 milliards de dirhams en produits énergétiques, de loin, le premier poste de dépenses dans la balance commerciale. Dans le schéma actuel, les énergies fossiles restent incontournables. Jean-Pierre Favennec, consultant et professeur à l’Institut français du pétrole (IFP School), l’a rappelé jeudi dernier au séminaire de l’Académie africaine de l’énergie à l’invitation de la Samir: «Ce modèle ne peut pas être étendu aux pays en développement sans risque d’épuisement des ressources et de dérèglement du climat»

Pour de nombreuses décennies encore, il ne sera pas possible de se passer de ces énergies fossiles. En particulier, selon l’expert, dans le domaine des transports, «la dépendance vis-à-vis du pétrole est très forte et une substitution massive à moyen terme n’est réaliste ni économiquement, ni technologiquement». A moyen terme, les secteurs du transport et de l’électricité verront donc coexister des sources d’énergie traditionnelles (pétrole) et un bouquet de solutions alternatives qui permettront, peu à peu, de sortir d’une dépendance quasi exclusive à l’égard des hydrocarbures notamment.

La stratégie énergétique du Maroc de constituer un bouquet suffisamment large pour réduire progressivement la dépendance au pétrole, dans une logique de développement durable, est à ce titre pertinente.


Les défis du futur

Or, le 21e siècle sera un siècle de transition, car «dans un contexte de croissance de la demande énergétique mondiale, il faut mieux utiliser les ressources en hydrocarbures disponibles, découvrir de nouvelles réserves et diversifier les sources d’énergie». A ce titre, la stratégie énergétique intégrée du Maroc est en soi «exemplaire», constate au passage l’expert. En même temps, «des solutions doivent également être apportées au dérèglement climatique dû notamment aux émissions de gaz à effet de serre, en développant l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables ou encore les technologies pour le captage et le stockage du CO2», fait-il remarquer

D’ailleurs, ce sont les nombreux défis qui se présentent actuellement aux compagnies pétrolières et gazières et à celles du secteur automobile. Les enjeux concernent à la fois la maîtrise des technologies (production de pétrole en milieu extrême ou de ressources non conventionnelles, carburants alternatifs, nouvelles motorisations…) et la capacité à gérer des projets gigantesques en termes d’investissements ou de durée, qui impliquent des partenaires nombreux et comportent une dimension interculturelle importante.Les spécialistes sont unanimes à dire qu’il faut améliorer les sources d’approvisionnement existantes, développer les énergies de demain, réduire les écarts d’accès à l’énergie, diminuer fortement les émissions de gaz à effet de serre…

C’est l’objectif que vise, entre autres, le Plan solaire marocain, pilier de la stratégie de la diversification énergétique. Ces changements ne sauraient être seulement tributaires de la volonté de décideurs politiques et économiques. «Chacun a également son rôle à jouer dans cette mutation qui va bouleverser notre univers quotidien», martèle l’expert de l’Institut français du pétrole

Source : web Par  Bachir THIAM  L’Economiste