Les activités touristiques se trouvent à la croisée des chemins

Les activités touristiques se trouvent à la croisée des chemins

 

L'impulsion reste tributaire de l'amélioration des rendements de toute la chaîne de valeur.

\"http://www.lematin.ma/Images/Picto/flecheRouge.gif\" Publié le : 11.04.2011 | 18h23

 

 

Ce n'est pas tant qu'il soit enclin à battre de l'aile, mais le secteur touristique se trouve, bel et bien, à la croisée des chemins. La plupart de ses indicateurs ne parviendraient pas à atteindre en 2010 les objectifs initialement escomptés.

 

 

 

 

 

 

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La demande touristique prévue pour l'année en cours ne dépasserait pas les 9,5 millions de touristes, soit un écart de 5% par rapport aux 10 millions de touristes ciblés par la «Vision 2010». Selon la DPEF du ministère de l'Economie et des Finances, « ceci devrait se traduire par des manques à gagner respectifs de 0,10% et de 0,03% en termes de PIB réel et d'emploi.» Une ampleur qui reste néanmoins limitée vu la faiblesse de l'écart estimé qui ne dépasse pas 5% et vu la contribution du tourisme au PIB national qui ne dépasse pas 7,1%. Sur le plan sectoriel, l'impact devrait se faire sentir essentiellement dans la branche «hôtels et restauration» avec un manque à gagner de 0,17% en termes de production et de 2,94% en termes d'emploi. Dans la branche de transport, le manque à gagner serait de 0,01% en termes de production et de 0,77% en termes d'emploi. Il faut dire que la forte contribution de ces deux branches à la valeur ajoutée du tourisme les rend extrêmement sensibles au comportement de l'activité touristique nationale. Dans une publication intitulée «Secteur du tourisme : bilan d'étape et analyse prospective», la DPEF rappelle que le secteur touristique national a subi de plein fouet les effets négatifs de la crise économique et financière qui a affecté les principaux pays émetteurs depuis 2008.A cela s'ajoutent les plans d'austérité annoncés par l'Espagne, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, et qui se sont répercutés négativement sur le moral des ménages les acculant ainsi à compresser leurs dépenses et à réduire leurs budgets consacrés aux voyages. La situation politique que connaissent les pays de la région MENA semble, du moins pour le moment, altérer les intérêts économiques du Maroc à travers un fléchissement éventuel de l'activité touristique. Une inflexion d'autant plus tangible que sur le plan structurel, l'offre touristique reste peu diversifiée et spatialement concentrée dans quatre grandes villes (Marrakech, Agadir, Casablanca et Tanger) qui représentent respectivement 29,03%, 18,7%, 8,34% et 4,86% de la capacité totale d'hébergement. Le balnéaire demeure prépondérant dans l'offre touristique globale avec une part de 23%, ce qui place le Maroc en concurrence directe avec des pays compétitifs du pourtour méditerranéen (Égypte, Tunisie et Turquie). Par ailleurs, la dimension régionale a une faible présence dans les politiques de promotion des investissements touristiques au Maroc. « Jusqu'à aujourd'hui, l'implication de la région dans la promotion touristique se reflète à travers les Programmes de développement régional touristique (PDRT), au niveau desquels le volet marketing s'impose au détriment du volet investissement ». Année charnière en tant qu'année bilan d'une politique, 2010 devrait être évaluée pour en tirer les enseignements adéquats. Il s'agit de consolider les acquis de la vision 2010, d'évaluer les mesures entreprises dans ce secteur pour assurer une évaluation efficiente de la nouvelle vision 2020 et de mieux préparer sa mise en œuvre. La réussite de cette gestion serait tributaire de l'amélioration des rendements de toute la chaîne de valeur du secteur passant des secteurs connexes relatifs au transport, l'hôtellerie et la restauration au reste des secteurs de la distribution de biens et de services. La maîtrise de ce processus passe inexorablement par la capitalisation sur l'utilisation efficiente des nouvelles technologies, le degré d'innovation et la bonne gouvernance en tant que gage majeur pour renforcer la compétitivité et la durabilité du secteur

L'amélioration de la compétitivité passe par la modernisation des politiques de prix, de distribution et de promotion. Ainsi, sur le volet prix, il est nécessaire de sensibiliser les opérateurs sur l'importance de l'adoption d'une approche pertinente en matière de fixation des prix. Ces derniers doivent être déterminés en fonction du segment ciblé et du canal de distribution choisi. Par ailleurs, un suivi dynamique des prix de la concurrence doit être mis en place. Et cette revue des prix ne devrait en rien occulter la qualité du produit qui devrait être valorisée notamment à travers un nouveau système de classification des hôtels à même de garantir au secteur national de l'hébergement de répondre à la demande internationale de services de qualité. Pour la DPEF, il s'agit d'une conception rigoureuse en amont qui assure une mise en œuvre intelligente des stratégies sectorielles en aval en se basant sur une gestion efficiente des flux financiers, des ressources humaines, des avantages compétitifs et une territorialisation pertinente. Une démarche d'autant plus logique que cette activité revêt une importance particulière sur le plan macroéconomique (7,5% du PIB, 6,6% de la population active occupée et 14,8% des recettes de la balance des paiements en 2010). «Le rôle névralgique que joue ce secteur interpelle continuellement les pouvoirs publics en vue de maximiser les retombées sur la croissance et l'emploi».

Source : web

 

  Par Abdelali Boukhalef | LE MATIN