Agadir Les nouveaux enjeux du tourisme

Agadir  Les nouveaux enjeux du tourisme

● Agadir a abrité, samedi dernier, «Les deuxièmes Journées professionnelles du tourisme, pour une action commerciale concertée».

● Plus de 200 personnes y ont participé, dont une grande partie venue de l’étranger.

Tous les professionnels du tourisme étaient présents afin de relever les nouveaux défis imposés par la crise.

Organisées par l’Office national marocain du tourisme (ONMT), la Fédération nationale du tourisme (FNT) et le Centre régional du tourisme (CRT) d’Agadir, les 2es Journées professionnelles ont donné l’occasion aux participants de mener une réflexion collégiale sur l’état du tourisme national, à la lumière de la crise qui frappe depuis deux ans maintenant son activité et pénalise ses résultats. Pour accueillir une aussi si grande manifestation, il a fallu se rabattre sur l’hôtel Framissima, qui a offert sa salle des congrès, aménagée au niveau de l’espace, des infrastructures et des conditions de travail.

La séance d’ouverture a été conjointement présidée par Hamid Addou, directeur de l’ONMT, Ali Ghannam, président de la FNT, Abderrahim Oummani, président du CRT d’Agadir, Ousmane Ndiyae, directeur de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour l’Afrique et Tariq Kabbage, maire de la ville. Une journée entière a été ainsi consacrée à l’examen du secteur, passé à la loupe dans ses divers volets, ses potentialités, ses faiblesses et ses perspectives à plus ou moins long terme. Les participants n’ont pas perdu espoir de relever le défi, notamment en ce qui concerne la promotion du produit national et la concurrence qui se renforce à l’extérieur.

La matinée a été consacrée à un échange profond, en séance plénière, axé sur la problématique du tourisme en 2012 et des nouveaux enjeux. La question a été posée en ces termes : quelles sont les évolutions notables sur le marché, à la suite des récents événements du contexte géopolitique ? La majorité des intervenants n’ignorent pas les conséquences de la crise économique et sociale et ses répercussions sur le marché marocain. Toutefois, ils ont pris soin de ne pas exagérer son impact, soulignant que l’activité touristique marocaine, même si elle n’a pas connu la hausse habituelle entre 2010 et 2011, n’a pas non plus chuté. Ils prévoient, néanmoins, une année 2012 dure, suffisamment en recul pour justifier la mise en place d’une politique et de mécanismes de riposte.

Tous les intervenants ont mis en exergue la nécessité de défendre un «tourisme responsable», respectueux de l’environnement et des valeurs humaines et conforme au développement durable préconisé depuis quelques années. Entre janvier et avril 2011, l’activité a connu une hausse non pas significative, mais qui a permis de résister les mois suivants, soit 4 à 5%. Comparée à la même période, l’année 2012 reste marquée par les conséquences de la crise, l’amenuisement de la demande européenne, la concurrence redoutable que les îles Canaries opposent, avec un chiffre qui fait rêver : 12 millions de touristes.

Une stratégie ciblée

À Agadir notamment, le recul sur la même période a été de près de 17%. Les deuxièmes Journées professionnelles du tourisme ont été marquées par une volonté partagée de mettre en place une stratégie de marketing plus agressive et ciblée. Elle vise à consolider les marchés traditionnels, notamment la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Elle renforce aussi la conquête des marchés russe, polonais, tchèque et slovaque, caractérisés par l’arrivée de 8 charters hebdomadaires de ces pays sur Agadir. Répondant aux interrogations sur le manque de moyens financiers de l’ONMT pour mener à bien une politique de promotion, nationale et internationale, Abderrahim Oummani, président du CRT d’Agadir, évoque quant à lui un chiffre révélateur : 500 000 familles vivent directement ou indirectement de l’activité du tourisme au Maroc. Soit une moyenne de plus de 2,5 millions de personnes. Il souligne que sur les 60 milliards de dirhams générés chaque année par le secteur, on devrait prélever l’équivalent de 1,5% des recettes pour arriver à la somme de 900 millions de dirhams qui constituent les besoins réels de l’ONMT, qui, aujourd’hui, ne bénéficie que des traditionnels 550 millions de dirhams, budget qui sera à peine maintenu dans le prochain Budget examiné à la Chambre des représentants.

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Plan marketing

Il a été proposé l’organisation de Workshops réguliers, d’Eductours et une participation massive et conséquente aux Salons professionnels organisés dans le monde. Ces événements s’inscrivent dans l’esprit du renforcement de la promotion du secteur, accompagnée nécessairement par une communication ciblée et acharnée même. L’ONMT, la FNT, les CRT, les professionnels, les agences de voyages, les hôteliers, les associations professionnelles et la presse ont été appelés à travailler main dans la main par le président de la FNT, qui n’hésite pas à parler d’un «combat patriotique» !

Publié le : 11 Avril 2012 –

Source : WEB  Par Abdelfettah Aberbri, LE MATIN