TOURISME LES NOUVEAUX COMPORTEMENTS

TOURISME  LES NOUVEAUX COMPORTEMENTS

 Ces archaïsmes qui font encore fuir

Les routes, un frein au développement touristique au Maroc

Le pays s’en est sorti avec +1% des arrivées et +4% de recettes

Les hôteliers doivent prendre leur mal en patience

2011 s’est achevée sur des résultats globalement en recul, en particulier en termes de taux d’occupation: Recul de la demande d’affaires sur Casablanca/Rabat (qui reste néanmoins élevée en 3* et 4*), recul de la demande loisirs en 5* et bonnes performances des 4* loisirs (rapport qualité / prix). En dehors des destinations phares, l’hôtellerie peine souvent à trouver son rythme de croisière. Les chaînes nationales et internationales, dans un contexte difficile, résistent mieux que l’hôtellerie indépendante

Il n’y a pas que la crise ou le printemps arabe qui dissuadent les touristes étrangers de visiter le Maroc. La plupart d’entre eux, ainsi que le souligne l’enquête effectuée par le ministère de l’Equipement en concomitance avec l’Instance de prévention de la corruption, sont totalement découragés par des aspects bien plus désagréables de la destination: l’état des routes et principalement, la corruption qui y règne au niveau des contrôles routiers. Il faut dire que nos routes sont meurtrières et trop souvent, dans les accidents, ce sont aussi des touristes étrangers qui y ont laissé leur vie. Des faits relayés par les médias et dont les conséquences ne sont pas négligeables.

Aussi, dans cette enquête, dont les résultats ont été rapportés le 14 juin par L’Economiste (cf, notre Édition N° 3806 du 2012/06/15, Tourisme: Un sévère audit des TO), 25% des agences et des TO pensent que les routes marocaines sont plus dangereuses qu’en Egypte, Turquie et Croatie, ou encore en Tunisie ou en Grèce. Autre constat tout aussi affligeant: Les routes praticables se trouvent dans les villes essentiellement et il est difficile «d’aller en dehors des zones très touristiques». Pourtant, en dépit de ces constats, et bien que le tourisme mondial ait traversé une forte crise en 2011 en Afrique du Nord (-9,3% des arrivées et -6,7% des recettes), la destination Maroc est tout de même arrivée à tirer son épingle du jeu. Tout juste 1% des arrivées et 4% de recettes, avec un nette régression sur les destinations phares telles que Marrakech et Agadir (Cf leconomiste.com).

Ces chiffres, dévoilés par le spécialiste des études touristiques In Extenso, en partenariat avec le cabinet Deloitte, l’Anit et L’Economiste, montrent aussi l’impact de la crise sur les hôteliers. Et ce sont les enseignes de luxe qui en ont le plus pâti. Elles ont perdu 10% de leurs revenus en 2011, contre 4,5% pour celles de 3 à 4 étoiles standard. Les 4 étoiles pour leur part ont mieux résisté avec une perte de revenu de 2,8% seulement, grâce aux bonnes performances de la demande de loisirs. Globalement, en 2011, les taux d’occupation se sont repliés (jusqu’à 7% pour les 5étoiles, et plus de 8% pour les 3 étoiles).
Quelles perspectives pour le Maroc? Pour le tourisme international, l’OMT prévoit un tassement de la croissance en 2012 : +3% à +4% contre 4,6% en 2011. De même, une croissance de +4% à +6% en Afrique, largement tirée par la reprise du tourisme tunisien (+53% au 1er trimestre 2012). Les premiers marchés émetteurs du Maroc (France, Espagne, UK) souffrent d’une économie réelle rattrapée par les crises (financière, dettes publiques), risquant d’affaiblir la demande touristique étrangère (tendance anticipée par les compagnies aériennes). La fréquentation touristique devrait continuer d’être soutenue par le tourisme interne, lui-même favorisé par une croissance économique soutenue (+5% en 2012 selon la BAD et l’OCDE). 2011 était plutôt morose selon les données ONMT / Observatoire du Tourisme: 9,4 millions d’arrivées de touristes internationaux (+1%) et 59 milliards de DH de recettes :

-         mais 16,9 millions de nuitées (-6%) et 12.500 lits supplémentaires (+7%).

Pari

Grâce à une stratégie touristique volontariste, le Maroc est en passe de gagner son pari sur l’offre (infrastructures, accueil, hébergement, activités, restauration, etc.). Sur les marchés moins développés / plus lointains, un travail d’image reste à accomplir pour faire valoir les atouts des destinations. Justement pour développer le tourisme régional, Lahcen Haddad, ministre de tutelle a annoncé récemment une date pour le Contrat-Programme Régional (CPR) du tourisme, cette feuille de route pour la mise en application de la stratégie 2020 qui traîne depuis sa présentation officielle au Souverain, en 2010. C’est en novembre prochain que les plans régionaux qui enregistrent un grand retard devraient être achevés.

SOURCE WEB Par  F.Z.T.