Maroc vert Un plan de relance pour 2015 ?

Maroc vert   Un plan de relance pour 2015 ?

Les Faits : Une étude sera commanditée par le ministère de l’Agriculture pour préparer un plan de relance de la stratégie agricole. À cet effet, le département de Aziz Akhannouch vient de lancer un appel d’offres pour le choix d’un consultant qui devra livrer sa copie en 2015.

Les 53 milliards de DH investis dans le secteur, ces cinq dernières années, ont permis une valeur ajoutée additionnelle de l’ordre de 23 milliards.

Cinq ans après sa mise en œuvre, le Plan Maroc vert est susceptible de changements. Le département de Aziz Akhannouch va, en effet, initier une étude devant déboucher sur un plan de réajustement de cette stratégie pour le développement du secteur agricole lancée en 2008. Ce «plan de relance», qui sera précédé d’abord par un bilan des réalisations de cette stratégie, fait l’objet d’un appel d’offres ouvert sur offres de prix, que vient de publier le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime. L’objectif est d’identifier les principaux obstacles et les retards dans la mise en œuvre du programme et les freins à son développement, y compris «régulatoires».

Il semble que le ministère de l’Agriculture veuille dresser des bilans plus détaillés que ceux effectués chaque année et annoncés par Aziz Akhannouch à l’occasion des Assises annuelles dédiées au secteur. Rappelons qu’en 2011 déjà, soit trois années après le lancement du PMV, des professionnels, membres de la Confédération marocaine de l’agriculture et développement rural (Comader), avaient réclamé une évaluation et une réadaptation de la stratégie, notamment les volets liés à la couverture des besoins du pays en produits de première nécessité (céréales et sucre pour lesquels le Maroc importe pratiquement 50% de ses besoins).

Une étude en trois phases

Les professionnels seront donc servis. Mais il leur faudra attendre 2015 pour pouvoir apprécier le détail du plan de relance envisagé (le PMV a pour horizon l’année 2020). Le cabinet qui sera choisi, lors de la séance d’ouverture des plis prévue pour le 10 octobre prochain, afin de réaliser l’étude, disposera en effet d’un délai de 15 mois pour livrer ses conclusions. Les résultats attendus permettraient de «redéfinir et d’accélérer la mise en œuvre du programme sur le prochain horizon», selon le département d’Akhannouch.

Dans le détail, l’étude se déroulera en trois phases. La première a pour objectifs de dresser un bilan d’étape détaillé des réalisations du PMV sur la période 2008-2012, dont un aperçu général avait été présenté par le ministre en avril dernier, lors des Assises de l’agriculture. Le bilan qui sera effectué dans le cadre de l’étude tournera lui, selon les termes de l’AO, autour de plusieurs axes tels l’évaluation du PMV selon les aspects macro économiques et sectoriels, l’impact sur les 10 filières concernées et sur le secteur dans les 16 régions, l’état d’avancement sur les réalisations des actions prévues dans le PMV, la revue des évolutions du contexte réglementaire et compétitif national et international incluant la cartographie des institutions créées post-PMV, et l’évaluation de leur efficacité.

Il s’agira aussi dans cette phase d’évaluer l’état d’avancement des principaux indicateurs sectoriels consolidés, des projets lancés dans le cadre des Piliers I (gros agriculteurs) et II (petits exploitants), des actions à caractère transverse, ainsi qu’une analyse de l’efficacité du cadre réglementaire et incitatif de l’agrégation. La deuxième phase vise, elle, à définir un plan de relance du PMV à l’horizon 2020. Il sera, en effet, demandé au consultant de développer et mettre en place les bases nécessaires pour accélérer la mise en œuvre du PMV et actualiser les Plans agricoles régionaux (PAR). Pour ces derniers, l’objectif, selon le ministère, est d’établir une nouvelle base de programmation et de gestion régionale en cohérence avec la perspective de régionalisation avancée. Enfin, la troisième phase devra aboutir à une feuille de route de mise en œuvre pour cerner les structures et les moyens pour la conduite du PMV sur le prochain horizon et un accompagnement pour la mise en œuvre de la phase de lancement effectif.

Cette phase servira aussi à définir une architecture institutionnelle de pilotage et de mise en œuvre du programme. «Cela inclura éventuellement les changements ou ajustements nécessaires en termes de structures organisationnelles pour assurer la mise en œuvre», lit-on dans le document accompagnant l’AO. Doit-on s’attendre à la restructuration de l’Agence de développement agricole (ADA) et l’émergence de nouvelles agences sectorielles chargées de la mise en œuvre du PMV ? 

Réponse en 2015

53 milliards de DH investis en 5 ans

Les bienfaits du PMV sont réels, selon le ministère de tutelle. L’évolution du PIB agricole affiche une «tendance haussière» depuis l’année 2000 et la «mobilisation active» de tous les acteurs autour du Plan «commence à porter ses fruits» avec un PIB moyen supérieur à 100 milliards de DH/an contre une moyenne de 75 milliards avant 2008. Lors de la sixième édition des Assises de l’agriculture, tenues le 23 avril à Meknès, le ministre Aziz Akhannouch avait révélé que 53 milliards de DH avaient été investis, ces cinq dernières années, dans le secteur. Ces investissements ont permis une valeur ajoutée additionnelle de l’ordre de 23 milliards de DH. Ils sont répartis sur les deux Piliers I et II du PMV. Le premier pilier, dédié aux grands agriculteurs, a vu le lancement de 134 projets et le second, réservé aux petits exploitants, a totalisé 319 projets agricoles solidaires.

Décryptage

  • Le réajustement du PMV a souvent été réclamé par les professionnels. Objectif : s’aligner sur l’évolution de l’environnement national et international.

Publié le : 31 Août 2013 –

SOURCE WEB Par Youssef Boufous, LE MATIN

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