L’ONCF cherche des investisseurs pour construire des hôtels autour des gares

   L’ONCF cherche des investisseurs pour construire des hôtels autour des gares

Ça bouge chez l’Office national des chemins de fer (ONCF). L’établissement dirigé par Rabie Khlie prépare un avenant pour prolonger d'une année son contrat programme 2010-2015. L'objectif est d'achever des projets dont la réalisation a accusé des retards, affirme le directeur général de l’ONCF qui était, le 30 janvier, l’invité de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). Les équipes de Khlie planchent aussi sur la trame du nouveau contrat programme qui couvrira la période 2016-2020. Dans la foulée, le spécialiste du rail affirme activer l’actualisation du schéma directeur des chemins de fer à l’horizon 2040. Ce plan prévoit deux schémas de développement : l'un pour le rail conventionnel, l’autre pour la ligne à grande vitesse (LGV). Notons que le schéma directeur actuel de la LGV, conçu à l’horizon 2035, porte sur le développement de 1 500 km de ligne dédiée au TGV dont une ligne atlantique de Tanger en passant par Rabat, Casablanca, Marrakech et Essaouira pour desservir Agadir et une autre Maghrébine reliant Casablanca, Rabat et Oujda. Cette dernière devrait se prolonger jusqu’à Tripoli via Alger et Tunis, dans le cadre du futur réseau à grande vitesse maghrébin. La réalisation du schéma directeur de la grande vitesse augmentera le nombre de voyageurs à 133 millions en 2035, contre 52 millions sans l’option de la grande vitesse. Le DG de l'ONCF assure que le chantier de la première phase de la LGV affiche actuellement un état d’avancement de 57%. Sauf que l’opérationnalisation de cette première ligne nécessitera des compétences pointues pour les interventions d’entretien. Pour Khlie, la question de l’entretien est évidemment prise en considération dans la stratégie de développement de la LGV. D’ailleurs, indique-t-il, l’ONCF est en train de construire en partenariat avec la Société nationale des chemins de fer (SNCF) française un institut de formation spécialisé dans les métiers de la LGV et du rail conventionnel. À l’en croire, l’établissement sera opérationnel au deuxième semestre 2014. «L’Institut de formation que nous allons mettre en place formera en plus des profils marocains, des compétences françaises. Et dans le moyen terme, il accueillera des étudiants de plusieurs pays ayant des projets de LGV», indique le DG.

5 milliards de DH pour développer l’activité fret

Dans l’activité de fret ferroviaire et logistique, l’Office entend renforcer son positionnement. Objectif : devenir un opérateur de référence du secteur. «Nous avons un programme de développement de l’activité de fret sur les six ans qui viennent. Nous comptons d’ailleurs investir quelque cinq milliards de dirhams d’ici à 2020 pour transférer les activités de fret vers de nouveaux sites dédiés et dégager de l’espace sur les gares voyageurs. Ce qui nous permettra de développer des offres immobilières autour des gares et maîtriser l’urbanisation autour de ces stations», explique Khlie. Cet investissement sera financé en partie sur fonds propres. Le reste proviendra des bailleurs de fonds moyennant une garantie de l’État. Ainsi, l’établissement public devrait développer un grand hub à Aïn Sebaâ pour y délocaliser les activités de sa filiale SMTR Carré, spécialisée dans le transport de marchandises et la messagerie. Cette entreprise, qui engrange un chiffre d’affaires annuel moyen de 80 millions de dirhams, dispose aujourd’hui de 45 agences dans tout le Royaume et d'une flotte de 137 véhicules. Elle traite plus de 5 millions de colis par an et transporte annuellement pas moins de 11 140 tonnes de marchandises. Le patron des chemins de fer affirme que 9 sites de l’ONCF dans le Grand Casablanca seront concernés par le processus de transfert des activités de fret et de logistiques notamment vers les zones de Aïn Sebaâ et Zenata où il dispose déjà de plateformes logistiques (Mita à Aïn Sebaâ et le futur port sec de Zenata).

Résultats des courses, plus de 40 hectares seront libérés. Mais à quoi serviront les espaces ainsi dégagés ? Pour le DG de l'Office, libérer des terrains autour de gares comme celle de Casa-Voyageurs ou encore Casa-Port permettra d’y développer une offre hôtelière. «Nous cherchons actuellement à attribuer quelque 8 000 m² dans le périmètre de Casa-Port à des groupements d’investisseurs, développeurs et exploitants, pour y construire des hôtels 3 et 4 étoiles. L’Office gardera bien sûr la propriété des terrains. C’est, d’ailleurs, un modèle que nous comptons généraliser à toutes les gares de l’ONCF», indique Khlie.  Le DG annoncera enfin que l'ONCF a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de dirhams et 5 milliards en consolidé.


Rabie Khlie pour une filialisation des activités de l’Office

L’ONCF sera-t-il transformé en société anonyme, procédera-t-il à des concessions de ses activités au privé ? La question fait sourire le DG de l’Office. «Si quelqu'un est capable de gérer en concession certaines de nos lignes, il est le bienvenu ! Nous sommes prêts à lui attribuer le marché dès demain», s’amuse-t-il. «Aujourd’hui, nous nous posons sérieusement la question : est-ce que cela a toujours du sens de transformer l’ONCF en société anonyme ou non ?», admet Khlie. Ce dernier affirme que, depuis que l’Office a le contrôle d’accompagnement en bénéficiant de plus de souplesse dans sa gestion, il serait plus opportun d'aller vers une filialisation des activités en valeur marchande. Et cela pourrait concerner toute la partie gestion des gares, fret ferroviaire et logistique. «L’objectif est de ne garder peut-être dans l’établissement public que la partie réseau. Je pense du coup que cela aurait plus de sens de filialiser dans une première phase l’ONCF même à 100% et d'ouvrir ses activités au privé. Parce que cela dynamiserait beaucoup plus le secteur que dans le modèle de société anonyme», explique-t-il. Pour lui, d'un point de vue stratégique, la question se pose aujourd’hui avec insistance. «Bien sûr, la décision reviendra aux pouvoirs publics. Ce que nous pouvons faire à notre niveau, c’est préparer les éléments nécessaires et à l’État reviendra la décision de trancher dans le modèle à adopter pour libéraliser le secteur des chemins de fer».

1 février 2014 –SOURCE WEB Par Saïd Naoumi, LE MATIN

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