Tourisme et formation professionnelle Revoir le processus et impliquer les professionnels

Tourisme et formation professionnelle Revoir le processus et impliquer les professionnels

Le Maroc connaît, d’année en année, un important investissement hôtelier dans les principales destinations touristiques : Marrakech, en premier lieu, Casablanca, Agadir, Fès, Tanger etc… Mais qu’en est-il de l’investissement dans la formation professionnelle ? Rien de bien positif à signaler, malheureusement, pour accompagner la réalisation de nouvelles unités hôtelières.

Or sans maîtrise de la formation professionnelle en tourisme et hôtellerie, point de salut pour le secteur qui pâtit des mauvaises prestations d’une qualité très reprochable. Résultat un produit non satisfaisant et qui laisse de loin à désirer au long de toute l’échelle, à commencer par l’accueil, l’hébergement, la restauration, l’information touristique, les taxis etc….Sur le terrain, le constat est amère, dénoncé par les clients (nationaux et internationaux) et par les professionnels eux mêmes confrontés au quotidien aux néfastes conséquences d’une formation mal conçue et mal adaptée. On dispose de grands établissements hôteliers de grande qualité voire même de dernière génération, alors que le service est de bas de gamme, fait par un personnel formé à la va-vite, par des pseudos formateurs et par des approches qui privilégient la quantité à la qualité.L’une des solutions pratiques à adopter pour palier au mal que vit le pays en matière de formation professionnelle en tourisme et hôtellerie, est d’impliquer les professionnels du tourisme dans tous le processus de la formation, de A à Z : élaboration de cursus, cours théoriques et pratiques, stages encadrés, élaboration des examens, pré-embauche et recrutement final. Bref, les professionnels doivent participer à la formation des profils dont ils ont besoin, assumant ainsi une bonne partie dans la réalisation de prestation de qualité, car ne pouvant plus rejeter le tort sur les autres.Ceci dit, cette implication des professionnels dans le déroulement de la formation doit être bien définie, bien structurée, approuvée par les Pouvoirs Publics et doit concerner à la fois les établissements étatiques comme les établissements privés, de formation. On ne peut plus permettre de faire n’importe quoi et n’importe comment dans le secteur du tourisme, érigé en priorité économique nationale depuis 14 ans.Il est par ailleurs grave de constater que la formation professionnelle reste le parent pauvre des deux Visions (2010 et 2020). Aussi paradoxal que cela puisse paraître, jamais un ministre du tourisme n’a montré son souci réel d’améliorer la formation professionnelle et encore moins une réelle implication pour revoir, corriger et donner un élan à la qualité de formation, à travers des approches novatrices, à travers des méthodologies modernes et à travers des pédagogies qui favorisent l’éveil de l’apprenant. Quant au stage pratique, ce dernier fait des stagiaires de vrais «esclaves» entre les mains de certains hôteliers, restaurateurs et autres, sans scrupule, les exploitant au maximum, dans les divers services, sans aucun vrai apport en matière de formation pratique et aucun suivi.

Il est grand temps de faire des métiers du tourisme de vrais métiers d’excellence avec tout ce que porte le sens de ce mot. Le sujet de la formation professionnelle en tourisme et hôtellerie, a été négligé par les gouvernements précédents et continue de l’être alors que tous les «politiciens» vous parlent dans leur discours pompeux de formation de jeunes, de recrutements, de créations d’emplois, d’égalité des chances, de lutte contre les disparités sociales…

Il s’agit tout de même d’un secteur pilier de l’économie nationale, grâce aux apports en devises, aux effets multiplicateurs sur les autres secteurs, créations d’emplois… Le Maroc est un pays à grande vocation touristique qui demande l’implication de tous.Pour recommencer à bien faire les choses, un grand débat s’impose sur la formation professionnelle, au niveau des régions touristiques, puis un débat national pour faire la synthèse et tracer le chemin qu’il faut prendre afin de mettre le train de la formation sur les rails. Il faut savoir se remettre en question. La sagesse veut qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire… C’est à la fois une question de bon sens, de volonté et de responsabilité visa vis d’un secteur, d’une jeunesse avide de formation et d’emplois et d’un secteur en développement.

25/3/2014_SOURCE WEB Par L’Opinion

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