A Skhirat, Akhannouch en défense de son Plan Maroc Vert

A Skhirat, Akhannouch en défense de son Plan Maroc Vert

Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, présentant les résultats du PMV à Skhirat le 18 décembre 2018. AIC PRESS

Le ministre de l'Agriculture a présenté, le 18 décembre à Skhirat, son bilan du Plan Maroc Vert dont il a exposé des chiffres tendant à montrer, selon lui, que les résultats escomptés, sont globalement positifs. Les professionnels du secteur ont quant à eux souligné les carences en matière de productivité et d’impact réel sur la situation des petits agriculteurs

Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, a exposé, mardi à Skhirat, les résultats et la contribution du Plan Maroc Vert (PMV) au développement de l’agriculture marocaine.

L’augmentation enregistrée cette année du Produit intérieur brut (PIB) du secteur agricole à 125 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 60 % par rapport à l’année du lancement du PMV, dénote des résultats du PMV et témoigne du développement qu’a connu l’agriculture marocaine, a-t-il souligné, notant que le PIB du secteur agricole devrait se consolider davantage pour atteindre au moins 128 MMDH en 2019.

Parmi les indicateurs du développement du secteur, le ministre a également cité l’importance des investissements générés depuis 2008 et qui s’élèvent à 104 MMDH dont 60 % provenant du secteur privé, faisant observer qu’en 2019, l’investissement total dans le secteur agricole devrait totaliser quelque 115 MMDH.

Akhannouch a précisé à cet égard que l’investissement public s’est focalisé sur le développement de l’agriculture solidaire avec 15 MMDH en 2018 (17 MMDH en 2019) et 30 MMDH dédiés aux projets transverses structurants (34 MMDH en 2019).

Le ministre a également mis en avant les efforts déployés par le gouvernement pour mobiliser le financement des bailleurs de fonds et des partenaires internationaux qui s’est élevé à 34 MMDH dont 37 % sous forme de dons.

En matière d’irrigation, le Maroc a franchi d’importantes étapes qui font que l’agriculture irriguée couvre aujourd’hui 1,6 milliard d’hectares soit 18 % de la superficie totale cultivable et 21 % des surfaces emblavées annuellement, a-t-il fait savoir, ajoutant à ce propos que les programmes d’irrigation couvrent 750.000 hectares profitant à 220.000 exploitations agricoles, dont 90 % ont été consacrés au petit agriculteur exploitant moins de 10 hectares.

Les superficies équipées d’un système d’irrigation localisée ont atteint 560.000 hectares grâce à un effort d’investissement de la part de l’Etat de 12,3 MMDH à travers le Fonds de développement agricole, a-t-il poursuivi, relevant que cette superficie devrait être portée à 610.000 hectares à l’horizon 2019, soit 38 % du total des superficies irriguées au niveau national.

Akhannouch a insisté à ce propos sur le développement enregistré par l’agriculture irriguée à la faveur de l’utilisation intensive des nouvelles technologies, notant que le Maroc produit 3 fois plus avec la moitié du volume d’eau utilisé auparavant et que l’irrigation en goutte-à-goutte a permis d’économiser annuellement 1,6 milliard mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de la retenue d’un grand barrage de la taille de celui de Bin El Ouidane.

Les programmes hydro-agricoles ont permis de valoriser cette année 2 milliards de mètres cubes d’eau, a-t-il dit, relevant que les mesures prises par le ministère dans ce domaine ont permis de poursuivre les programmes d’amélioration de la production contribuant ainsi à la consolidation de la structure du PIB du secteur agricole et sa résilience vis-à-vis des changements climatiques.

Le ministre a en outre expliqué que l’agriculture irriguée, qui totalise 50 % de l’emploi rural, contribue en moyenne de 45 % au PIB du secteur agricole et de 75 % lors des années de sécheresse comme en 2016, et que ses produits représentent 75 % des exportations.

Pour ce qui est des intrants agricoles, Akhannouch a indiqué que les réserves en semences de céréales sont passées de 500.000 quintaux à 2,2 millions de quintaux, ce qui a permis d’atteindre des rendements record.

Le ministre a également cité le renforcement des capacités de valorisation et de transformation des produits agricoles qui ont été augmentées de 44 % entre 2008 et 2018, avec la mise en place de 241 nouvelles unités de valorisation des produits agricoles et l’équipement de 327 autres au profit du petit agriculteur, outre le renforcement des capacités de 161 unités dans le cadre de l’agriculture moderne.

Il a fait remarquer à cet égard que le contrat programme pour le développement des industries agroalimentaires permettra de renforcer les investissements dans le secteur, précisant que les guichets du Fonds de développement agricole ont reçu depuis février 2018 quelque 90 projets d’un investissement prévu de plus de 2 MMDH.

S’agissant des exportations agricoles, leur valeur a augmenté de 117 % et leur volume de 137 %, contribuant ainsi au renforcement du taux de couverture des exportations par les importations qui est passé de 50 % avant 2008 aux 2/3 actuellement, a-t-il noté.

Abordant la question de l’agrégation agricole, le ministre a assuré que les subventions accordées dans ce cadre ont atteint plus de 1,2 MMDH dont 73 % au profit des petits agriculteurs, notant qu’en vue de développer les produits du terroir, plus de 430 millions de dirhams ont été mobilisés au profit de plus de 600 coopératives (plus de 30.000 bénéficiaires).

Akhannouch s’est en outre attardé sur les efforts consentis pour le désenclavement du monde rural, précisant que 3 MMDH ont été consacrés à la réalisation de routes dans 415 communes rurales.

Le ministère s’est inscrit également dans des projets qui visent à améliorer la situation sociale des agriculteurs et des travailleurs agricoles, a-t-il affirmé, notant que 50.000 éleveurs de vaches laitières bénéficient de la couverture médicale et sociale et que le nombre des travailleurs agricoles bénéficiant de la sécurité sociale s’élève à 251.874 en 2017 contre 164.645 en 2012, alors que le nombre de ceux bénéficiant de la couverture médicale se chiffre à 361.360 en 2017 contre 230.000 en 2012.

Après avoir fait état de l’augmentation du salaire minimum en milieu rural de 33 %, le ministre a indiqué que le PMV traduit et reflète les orientations du Roi pour faire du secteur agricole une locomotive essentielle du développement durable et de la promotion économique et sociale.

Pour sa part, le président de la Fédération des chambres d’agriculture, Lahbib Bentaleb, a indiqué que l’agriculture marocaine fait face à de nouvelles donnes qui exigent d’améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises agricoles, favoriser l’émergence d’une classe moyenne agricole et promouvoir l’emploi des jeunes en milieu rural.

Bentaleb a insisté sur l’importance de l’agrégation pour répondre aux problématiques liées à la commercialisation et au financement, appelant notamment au développement de la recherche scientifique, du marché intérieur et à l’ouverture de nouveaux marchés à l’international, ainsi qu’au renforcement du soutien en faveur des petits agriculteurs et à la promotion de l’élément humain à travers la formation.

De son côté, le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), Ahmed Ouayach, a requis de créer de nouvelles opportunités de travail pour les jeunes et de réfléchir à de nouvelles initiatives d’intégration des jeunes, appelant à la mobilisation et à la coordination des efforts de l’ensemble des acteurs pour « rendre justice » aux petits agriculteurs.

Cette rencontre autour du bilan des programmes transverses structurants du Plan Maroc Vert intervient dans le cadre du processus d’évaluation du PMV entamé conjointement avec les professionnels du secteur à l’issue de la réunion tenue à Meknès le 26 avril 2018 en marge du Salon international de l’agriculture.

Elle est la deuxième grande rencontre du genre après celle qui a eu lieu le 18 octobre dernier à Marrakech autour du bilan en matière d’organisation et de développement des filières de production et des perspectives.

A noter que le processus d’évaluation du PMV porte sur trois dimensions : la dimension filières, la dimension territoriale et la dimension thématiques transverses.

Le 18 Décembre 2018

Source web Par Le Desk

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