Tourisme: Marrakech, un cas d’école en Afrique

Tourisme: Marrakech, un cas d’école en Afrique

Qualité du produit, renforcement de l’aérien, PPP… les recettes de la performance

C’est une performance exponentielle que celle enregistrée par Marrakech sur les trois dernières années. Elle est même devenue un cas d’école, non seulement pour le Maroc, mais aussi pour l’Afrique. La ville est passée de 1,8 million de touristes en 2015 à 2,6 millions en 2018 en termes d’arrivées. Les nuitées ont connu également une embellie et ont atteint la barre des 8,6 millions avec une hausse de 30% en 3 ans et enfin les objectifs sur les taux moyens d’occupation ont été atteints (voir interview page 4). La comparaison sur une période plus longue (10 ans) indique une évolution de 63% en termes d’arrivées et 56% en termes de nuitées et 12 points de plus pour le taux d’occupation. Autre acquis pour ces trois dernières années, la durée moyenne de séjour qui s’est rallongée d’une nuitée, voire deux pour les marchés français et britannique. On s’attendait à une évolution positive après la crise de 2015, mais pas à cette explosion. Marrakech a repris le dessus et profité pleinement de la conjoncture favorable du tourisme et la demande musclée du tourisme émetteur de nombreux marchés traditionnels et émergents. «Il faut se réjouir des performances, mais nous ne sommes pas encore au niveau des objectifs finaux. Et c’est pour cela que nous continuons à chercher des idées pour accélérer la croissance», insiste Hamid Bentahar, président du Conseil régional du tourisme de Marrakech. Même son de cloche auprès de Lahcen Zelmat, hôtelier et président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière. «Tant que le taux d’occupation ne dépasse pas 65%, il y a péril sur la rentabilité», estime-t-il. Pour Zelmat, il faut continuer sur cette lancée avec des opérations de promotion de la même envergure que celles menées durant les trois dernières années.

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Avec une capacité hôtelière en hausse continue, les performances se poursuivent. Et la ville a aussi augmenté son taux d’occupation qui a connu une hausse de 12 points

Aujourd’hui, le défi de Marrakech est la durabilité, estiment les professionnels. D’autant plus que le tourisme est le secteur le plus sûr du monde, et l’activité économique qui connaît depuis des années une croissance soutenue variant entre 3,5 et 5% par an. «Mais c’est la manière avec laquelle nous gérons qui le rend cyclique». C’est en période d’embellie que les acteurs et les autorités locales doivent se mobiliser pour semer les graines des prochaines années, insiste Bentahar. Pour les trois premiers mois de 2019, les indicateurs sont tous au vert et les perspectives pour le reste de l’année sont tout aussi bonnes même durant le mois de ramadan. En 2018, la ville a enregistré une hausse de 10% en termes d’arrivées et de 15% pour les nuitées. Les clignotants étaient au vert pour l’ensemble des marchés émetteurs, mais les plus importantes hausses ont été constatées sur les marchés espagnol et allemand, avec respectivement 49% et 15%. Pour Hamid Bentahar, Marrakech aurait fait beaucoup plus sur le marché allemand si les moyens de promotion étaient plus importants. «C’est frustrant d’ailleurs de voir nos performances sur le marché allemand aussi ridicules étant donné la proximité de ce pays, sa taille (2e après la Chine), et la qualité de nos prestations». D’autant plus que sur le plan aérien, on se bouscule au portillon. Si Marrakech performe ces trois dernières années, c’est grâce à un effort soutenu de la part de ses acteurs pour la qualité du produit, pour l’embellissement de ses artères… et surtout au renforcement de l’aérien avec l’injection de 50 vols supplémentaires en 2018 et 26 nouveaux vols au départ de 13 pays européens sont programmés pour 2019. Quand on sait que l’aérien est le nerf de la guerre, l’ouverture de nouvelles dessertes permet de développer davantage la destination. Aujourd’hui, l’aéroport Marrakech-Ménara accueille près de 496 vols par semaine qui relient la ville à tous les aéroports mondiaux. Les professionnels du tourisme espèrent 130 vols de plus.

Le 24 avril 2019

Source web : huffpostmaghreb

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