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Dynamiques des intégrations régionales et prospective des territoires dans la mondiali

Dynamiques des intégrations régionales et prospective des territoires dans la mondiali

Sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, deuxième Rencontre internationale de Dakhla les 21 et 22 novembre

Driss Guerraoui

 Et cerise sur le gâteau, les ateliers d'animation et les séances d'initiation aux sports nautiques et des visites sur le terrain dans toute la région avaient connu beaucoup de succès.

Dakhla ne manque pas d’atouts, comme en témoigne le dernier livre qui vient d’enrichir la collection «Histoire et sociétés du Maroc saharien» de l’Agence du Sud intitulé «La baie de Dakhla. Itinérance enchantée entre mer et désert», de l’auteur Leila Slimani (Editions Malika) qui raconte le paradis des surfeurs devenu, selon Ahmed Hajji, directeur de l’Agence du Sud, une destination célèbre pour son sport de glisse, mais aussi pour son festival… Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz nous offrent quant à eux de très belles photos du site, de sa lagune, de ses plages sauvages, de sa faune et sa flore des plus riches au monde et racontent aussi l’histoire des us et coutumes des habitants, leur artisanat. Dakhla a été, faut-il le rappeler, classée 26e destination touristique du monde en 2012 par «le New York Times» !

C’est dans cette très belle ville que se tiendra la deuxième Rencontre internationale de Dakhla le 21 et 22 novembre sur le thème «Dynamiques des intégrations régionales et prospective des territoires dans la mondialisation, expériences internationales comparées». Placée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, la rencontre est organisée par l'Association d'études et de recherches pour le développement (AERED), l'Association internationale francophone d'intelligence économique (AIFIE) et l'Université Sorbonne nouvelle Paris III (ICEE), en partenariat avec le Groupe de l'Office chérifien des phosphates et l'Agence pour la promotion et le développement des provinces et préfectures du Sud du Royaume du Maroc.

Selon le communiqué, cette manifestation connaîtra la participation de décideurs, d'institutions régionales et internationales, ainsi que d'éminents chercheurs et spécialistes des questions d'intégration régionale et de prospective des territoires représentant les cinq continents et qui plancheront sur «La mondialisation en crise et l'émergence de nouveaux acteurs», «Les nouvelles formes de régulation internationale des crises», «Les intégrations régionales revisitées à la lumière de la nouvelle donne mondiale (UE, ASEAN, Mercosur, NAFTA, Cédéao, UMA, CCG)». Est prévue également une remise du Prix du partenariat université-entreprise dans sa troisième édition, et la signature d'une convention pour la création de l'Université ouverte de Dakhla.


Table ronde Avec les membres du Comité international d’organisation de la deuxième Rencontre internationale de Dakhla : Driss Guerraoui, Xavier Richet et Philippe Clerc

«Défis et enjeux de la nouvelle dynamique des territoires»

Le matin : L’Association d’études et de recherches pour le développement (AERED), l’Association internationale francophone d’intelligence économique (AIFIE) et l’Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 (ICEE) organisent sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Dakhla, jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2013, la deuxième Rencontre internationale de Dakhla sur le thème «Dynamiques des intégrations régionales et prospective des territoires dans la mondialisation, expériences internationales comparées», pourquoi une telle thématique ?

Driss Guerraoui : Il y a au moins trois raisons qui justifient le choix de cette thématique. La première réside dans le fait que la mondialisation en crise est en train de produire des impacts inédits sur la hiérarchisation des espaces économiques régionaux, les flux des échanges des marchandises et les mouvements des capitaux, et ce, sur un fond d’émergence de la Chine, du Brésil, l‘Inde, de l’Indonésie, de la Turquie, du Mexique et de la Russie, devenus de nouveaux acteurs    majeurs de cette nouvelle hiérarchisation. Tout cela se passe dans une situation de panne, pour ne pas dire de recul de l’Europe, de perte par les États-Unis de leur place de première puissance mondiale, de fragilisation des économies et des sociétés du sud de la Méditerranée, du fait la crise régionale et internationale en cours, et surtout du fait de ce qu’il est communément appelé le «Printemps arabe».

La deuxième raison réside dans le fait qu’à un moment où l’on parle de démondialisation et de retour des spécialisations vers les pays d’origine consécutivement à la crise des dettes souveraines, la montée de nouvelles puissances émergentes est en train de refaçonner la carte des échanges en approfondissant les différences des taux de croissance entre régions, entre pays développés et pays émergents, avec comme conséquence l’aggravation des déséquilibres des balances commerciales, des balances de paiement et une pression sur le cours des monnaies, déstabilisant ainsi la répartition du pouvoir économique et politique dans toutes les régions du monde.

La troisième raison, enfin réside dans le fait que la montée des pays émergents, sans nécessairement conduire à la création de zones commerciales spécifiques, est en passe de contribuer à la formation de zones d’attractivité particulières, tout en créant de nouvelles formes originales de dépendance et d’interdépendance. Et c’est exactement ce qui semble marquer les relations, entre autres, entre la Méditerranée, l’Afrique et la Chine.

De telles évolutions incitent à repenser en des termes nouveaux les dynamiques actuelles des intégrations régionales, et ce, à partir d’une prospective des territoires que la mondialisation en crise et la recomposition des alliances géostratégiques et géoéconomiques dans le monde imposent. En quoi cette nouvelle dynamique des intégrations régionales incite-t-elle à s’engager dans une telle perspective ?

Xavier Richet : Cette nouvelle dynamique est même devenue une exigence pour l’ensemble des composantes du système de l’économie mondiale. Car la croissance dans de nombreux pays ces dix dernières années a été supportée et facilitée, outre les accords commerciaux, principalement par la constitution de sous-ensembles régionaux intégrés, à vocation purement commerciale (ALENA, ASEAN, Mercosur, CCG, Cédéao...) et politique (Union européenne).
Avec l’ouverture des économies (accords de libre-échange), la dérèglementation des marchés financiers, la circulation et l’accès à l’information, l’investissement directement étranger (1/3 du PIB mondial) a alimenté ce processus, en même temps qu’il a eu un rôle structurant indéniable. Il a contribué à créer de nouvelles zones de spécialisation, comme il a nourri, via le transfert de technologies et l’appropriation des savoir-faire, l’émergence de firmes multinationales du Sud qui montent aujourd’hui à l’assaut des marchés, notamment développés.

La délocalisation de firmes et l’investissement vers et dans des régions à bas coûts ont transformé la chaîne internationale de valeur. L’Europe centrale et orientale est ainsi devenue une base arrière des grandes industries des pays de l’UE-15, notamment de l’Allemagne. De réceptrice, la Chine devient aujourd’hui une émettrice d’IDE dans le Sud-Est asiatique en investissant au Vietnam, en Malaisie. Elle se projette sur les marchés du Nord où elle cherche à prendre des parts de marchés et à contrôler des entreprises. D’autres pays et régions aspirent à recevoir des IDE et à s’intégrer régionalement dans la chaîne de valeur, comme c’est le cas du Maroc avec des investissements massifs réalisés par les grands groupes nationaux et multinationaux dans la zone nord du pays.

La crise financière n’a-t-elle pas freiné ce processus ?

Philippe Clerc : La récente crise financière internationale, si elle n’a pas freiné le processus de mondialisation, fait apparaître un certain nombre de questions. Elle conduit aussi à s’interroger sur son futur et à réfléchir à des politiques pouvant en contrecarrer les effets les plus négatifs. Parmi les questions, on mentionnera l’idée d’un retour au protectionnisme sélectif, dont les dirigeants de certains pays se font les avocats (États-Unis, France) à l’encontre de stratégies commerciales agressives et mercantilistes de la Chine. Le protectionnisme, à lui seul, ne saurait résorber les menaces supposées de la montée en puissance des pays émergents. D’autres politiques sont également envisagées, articulant ouverture et spécialisation en s’appuyant sur les compétences et l’attractivité des territoires, d’une part, et en s’agrégeant à des politiques d’intégration régionales, de l’autre. L’actualité de ces tendances est renforcée avec le déclin des anciennes grandes puissances face aux émergents, avec la «panne» de l’Europe pour stimuler la croissance et progresser dans l’intégration régionale et l’élargissement, avec les initiatives de partenariats initiées par les États-Unis en direction des pays de l’Asie-Pacifique, en vue de contrôler la montée en puissance de la Chine, avec l’éruption et l’exigence démocratique des pays arabes qui conduisent à s’interroger sur le futur modèle de développement de cette région. À ce sujet, le Maroc fait figure de leader régional futur dans le cadre de la grande Zone euro-africaine en cours de construction.

Dans ce cadre, quel va être l’apport de cette deuxième Rencontre internationale de Dakhla ? 

Driss Guerraoui : Les travaux de cette deuxième Rencontre internationale de Dakhla tenteront d’apporter un éclairage sur trois dimensions essentielles de cette problématique, correspondant à trois interrogations auxquels les éminents experts, chercheurs et responsables qui y ont été conviés essayeront de répondre :

  • Quel est l’état actuel de la mondialisation après la crise, en termes de croissance, de flux des échanges, d’investissements et de spécialisations ? Les mesures prises par les instances internationales et régionales et les pays membres du groupe G20 peuvent-elles contribuer à instaurer une nouvelle régulation du système de l’économie mondiale, stabiliser la croissance et encadrer le système financier international ?
  • Quels sont l’état et l’avenir des intégrations régionales au niveau mondial, leurs dynamiques et leurs impacts sur le développement de spécialisations régionales et internationales ? À la lumière de cette évaluation, quelles sont les évolutions que les grands ensembles régionaux qui structurent le système de l’économie mondiale sont appelés à connaitre ?
  • Quels sont les impacts présents et futurs des nouveaux espaces concurrentiels sur les économies en développement, notamment du Sud, en particulier sur les effets de proximité et d’attractivité pour les territoires et espaces économiques proches des nouveaux pôles régionaux de croissance et de développement ?

Une mention spéciale sera réservée à la situation des intégrations régionales en Afrique, notamment à la place et au  rôle futurs que le Maroc est appelé à jouer, à partir de ses provinces du Sud, dans le cadre de la Grande Zone euro-africaine et atlantique en cours de construction. À ce niveau, un éclairage particulier sera donné à cette dimension géostratégique et géoéconomique d’avenir pour le continent africain, et ce, sur la base de la présentation du Nouveau Modèle marocain de développement préconisé pour ses Provinces du Sud.

Biographies

  • Philippe Clerc est chargé de mission au Commissariat général du Plan (1992 à 1995) et, à ce titre, Rapporteur général du célèbre groupe de travail présidé par Henri Martre «Intelligence économique et stratégie des entreprises». De 1995 à 1996, il fut chef de la mission compétitivité et sécurité économique au secrétariat général de la Défense nationale (SGDN) et secrétaire du Comité pour la compétitivité et la sécurité économique (CCSE). De 1996 à 1997, il fut Chargé de mission auprès du préfet de la région de Basse-Normandie pour la mise en place du dispositif régional d'intelligence économique. Il est aujourd'hui directeur de l'intelligence économique et des TIC de l'Assemblée des Chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI).
  • Xavier Richet est économiste. Il a fait des études d'économie à l'Université Panthéon-Sorbonne (1967-1971), puis à l'Université Paris X Nanterre où il a soutenu sa thèse de doctorat d'État ès sciences économiques, 1980, intitulée «Régulation dans la planification décentralisée. Un essai sur le nouveau mécanisme économique en Hongrie». Depuis 2002, Xavier Richet est professeur à l'Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, où il occupe, depuis 2004, la chaire Jean Monnet d'économie européenne. Il est rattaché au CEMAFI pour ses activités de recherche qui portent sur les systèmes économiques comparés, la transition post-socialiste, l'intégration et l'élargissement de l'Union européenne et l'économie chinoise. Il est l'auteur d'une «Économie de l'entreprise» (Hachette, 1994-2006, 3e édition), traduite en plusieurs langues.
  • Driss Guerraoui est lauréat de l’Université Lumières Lyon 2 (France) dans laquelle il a obtenu, en 1982, un doctorat d’État en sciences économiques. Avant sa nomination par Sa Majesté le Roi
  • Mohammed VI en tant que secrétaire général du Conseil économique et social, en février 2011, il occupait, depuis mars 1998, le poste de conseiller du Premier ministre, chargé des questions sociales sous les gouvernements de Maître Abderehman El Youssoufi, Monsieur Driss Jetou et Maître Abass El Fassi. Son parcours dans l’enseignement supérieur est riche de plusieurs activités professorales et de recherches, notamment à l'Université Mohammed V de Rabat-Agdal dans laquelle il exerce actuellement, mais aussi à l’Université de Fès (1982-1998), à l'École centrale de Lyon (1980-1982), à l'Institut national des sciences appliquées de Lyon (1980-1982), à l'Université Lumière Lyon 2 (1978-1982) et en tant que professeur invité auprès de plusieurs universités étrangères.
  • Ancien membre du secrétariat général du Conseil national de la jeunesse et de l'avenir (1991-1998), Monsieur Guerraoui est actuellement membre du conseil d’administration du Conseil international d’action sociale-président de la région MENA, membre fondateur et vice-président de l’Association marocaine d’intelligence économique et vice-président de l’Association internationale francophone de l’intelligence économique. Driss Guerraoui est auteur de nombreux ouvrages, notamment de «Agriculture et développement au Maroc» (Editions Publisud, 1985), «les Paysans, quel avenir ?» (Éditions maghrébines, 1986), «Enjeux agricoles» (éditions le Fennec, 1991, avec N. Akesbi), «l'Économie maro-caine, mutations et enjeux» (Éditions maghrébines, 1996, en arabe), «le Maroc et l’avenir, réflexion sur l’économie et la société» (éditions Toubkal, 1999, en arabe), «Initiation pratique à la recherche» (1991, en arabe et en français), les «Grands défis économiques de la Méditerranée» (version italienne, Jaka book, 1998, version espagnole, CIDOB, 1999 et version française, Edisud, 2000), «l’Intelligence économique, problèmes et interrogations» (2005, en arabe), «l’Image de l’Espagne au Maroc, enquête et témoignages» (L’Harmattan, 2005, avec N. Affaya), «le Maroc des jeunes» (L’Harmattan, 2006, avec N. Affaya), «l’Afrique vue par les jeunes» (L’Harmattan 2007, avec N. Affaya) et «l’Élite économique marocaine» (L’Harmattan, 2009, avec N. Affaya).

 18 novembre 2013 –

SOURCE WEB web par Par Farida Moha, LE MATIN

Tags : «Histoire et sociétés du Maroc saharien» de l’Agence du Sud intitulé «La baie de Dakhla. Itinérance enchantée entre mer et désert», de l’auteur Leila Slimani (Editions Malika)- Ahmed Hajji, directeur de l’Agence du Sud- Dakhla a été, faut-il le rappeler, classée 26e destination touristique du monde en 2012 par «le New York Times»- Dynamiques des intégrations régionales et prospective des territoires dans la mondialisation, expériences internationales comparées-l'Association d'études et de recherches pour le développement (AERED)- l'Association internationale francophone d'intelligence économique (AIFIE)- l'Université Sorbonne nouvelle Paris III (ICEE)- partenariat avec le Groupe de l'Office chérifien des phosphates-l'Agence pour la promotion et le développement des provinces et préfectures du Sud du Royaume du Maroc- Les intégrations régionales revisitées à la lumière de la nouvelle donne mondiale (UE, ASEAN, Mercosur, NAFTA, Cédéao, UMA, CCG)- Driss Guerraoui - Xavier Richet