Calendrier de reprise touristique aux calendes grecques !
À quoi bon se donner la peine de dévoiler un plan de relance du tourisme national, fut-il ambitieux, si le gouvernement ne révèle pas en même temps un calendrier de reprise du secteur ? Quelle utilité pour l’ONMT d’être en ordre de bataille sous la houlette de son entreprenant directeur général si la ministre de tutelle, qui ne donne pas l’impression d’être concernée, n’offre pas dans la foulée la visibilité nécessaire aux opérateurs dévastés par plus d’une année de crise sanitaire ? Force est de reconnaître que la feuille de route de Adil El Fakir, visant à remettre le Maroc au cœur des envies d’évasion et de découverte, risque dans ces conditions de se transformer en nouvelle déroute pour tous ceux qui attendent de pied ferme une relance de leur activité, au point mort depuis mars 2020.
Résultat : L’espoir du sauvetage de la saison estivale 2021 s’évanouit déjà entre restrictions de déplacement et absence de communication gouvernementale. C’est le même scénario, fait d’attentisme et de brouillard, ayant prévalu au sortir du confinement général en juillet 2020, qui continue à sévir jusqu’à ce jour, au grand malheur des professionnels qui ont du mal à voir le bout du tunnel. Le tourisme s’accommodant mal d’incertitude, il a besoin d’échéancier clair et de décisions concrètes pour être en confiance et inciter les TO à programmer de nouveau la destination Maroc. Comment envisager l’été avec optimisme alors que depuis fin mars 2021, le Maroc, craignant la vague du variant anglais qui s’est abattu sur l’Europe, a entrepris de suspendre de nouveau ses liaisons aériennes avec plus de 30 pays dont certains sont ses principaux marchés émetteurs comme la France et l’Espagne ?
C’est connu, un voyage ça se programme à l’avance et les touristes optent pour les destinations qui se sont mises en position de les accueillir dans le sourire et la souplesse. Alors que beaucoup de pays exigent des voyageurs qu’ils se fassent tester négatifs au Covid-19 avant d’entrer sur leurs territoires, le Royaume a choisi une solution radicale: La fermeture de son espace aérien. Donc pas de touristes. Hôtels vides. Zéro recettes. Farniente à domicile et assistanat à 2.000 DH ! Ce qui signifie l’aggravation au-delà du supportable de la crise du tourisme national dont les effets d’entraînement considérables ont mué en conséquences sociales terribles pour sa main d’œuvre et ses cadres…
Comment envisager l’été avec optimisme alors que depuis fin mars 2021, le Maroc, craignant la vague du variant anglais qui s’est abattu sur l’Europe, a entrepris de suspendre de nouveau ses liaisons aériennes avec plus de 30 pays dont certains sont ses principaux marchés émetteurs comme la France et l’Espagne ?
Les pays qui veulent réellement relancer leur secteur touristique ont pris le taureau par les cornes. C’est le cas de l’UE où un projet de « certificat vert numérique » devant être mis en place en juin prochain a été présenté le 17 mars 2021 par la Commission européenne. Dans de nombreux pays, le passeport vaccinal a été élevé au rang de nouveau sésame pour espérer voyager librement d'ici quelques mois. Au Maroc, on a décidé de ne pas décider tout de suite ! Les opérateurs touristiques pouvant encore se permettre le luxe d’attendre le retour hypothétique des jours heureux !
Le cabinet Al Othmani a montré une capacité remarquable à anticiper la peur du virus qui l’empêche en vérité de regarder au-delà de la courbe quotidienne des contaminations au covid et de se projeter dans l’avenir. Son incapacité à gérer intelligemment le risque sanitaire sans compromettre l’activité économique, ce gouvernement montre qu’il est assurément un mauvais élève, incapable qu’il est de justifier des décisions absurdes comme le couvre-feu de 20 heures jusqu’à 6 heures du matin, la fermeture des restaurants et des cafés ou l’interdiction des tarawih. Ce qui laisse croire que le virus ne circule qu’entre le coucher du soleil et la levée du jour, et non pendant la journée malgré ses bousculades dans les marchés et les supermarchés, sa promiscuité dans les bus et le tram… Or, force est de constater que la peur du Covid est disproportionnée par rapport à la situation épidémiologique nationale dont les indicateurs sont depuis plusieurs mois globalement rassurants.
La souche bienveillante de « Covid national » a fait éviter jusqu’ici au pays le désastre sanitaire français ou italien qui a mis sous pression les services de réanimation. Sans oublier les acquis engrangés grâce à la campagne de vaccination qui a permis, malgré son ralentissement en raison de la raréfaction des doses, de protéger les sujets à risque.
Dans leur rapport à la crise sanitaire, les pouvoirs publics agissent comme si le virus faisait des ravages dans le pays et que ce dernier, sans que cela soit étayé par des preuves scientifiques, était toujours à la merci d’une prochaine vague violente. Un climat de psychose politique qui tranche avec la sérénité de la population qui vit comme si le Covid n’existait pas. Il faut peut-être que les citoyens rassurent le gouvernement. Quel paradoxe !
Le 28/04/2021
Source web Par : le canard libere
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jeudi 29 avril 2021
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