Dans quel pays sera construite la plus importante gigafactory de production d’hydrogène vert au monde ?
Des milliers d’éoliennes et des centaines d’hectares de panneaux solaires seront bientôt érigés dans les steppes désertiques du Kazakhstan, en Asie centrale. L’investisseur allemand Svevind et la Société Nationale d’Investissement du Kazakhstan y développent un projet faramineux de production d’énergie éolienne et solaire de 45 gigawatts (GW). L’électricité produite alimentera une usine d’hydrogène d’une capacité de 30 GW, laquelle produira annuellement 3 millions de tonnes d’hydrogène. Dans le monde, c’est le projet le plus gigantesque connu à ce jour.
Dans le sous-sol du Kazakhstan gisent des ressources minières mirobolantes. Le pays est le premier exportateur d’uranium, avec 33% de la production mondiale. Mais il dispose également de très importantes réserves de manganèse, de fer, de chrome et de charbon. Il est aussi le premier producteur mondial de potassium et il détient 3 % des réserves mondiales de pétrole. Les revenus de ses exportations de brut couvrent 55% du budget de l’Etat. Le projet d’exploitation du gisement du Kachagan, le plus grand champ pétrolier découvert au monde depuis trente ans, est actuellement le plus ambitieux projet industriel du monde avec un budget de 150 milliards de dollars !
Que faire avec la manne financière que rapportent ces ressources ? Le gouvernement a d’abord eu la sagesse de rembourser en l’an 2000 toute sa dette au Fonds Monétaire International (FMI), sept ans avant l’échéance.
Et aujourd’hui, les autorités kazakhes misent sur les énergies renouvelables. Quelle bonne idée, n’est-ce pas ? L’espace ne manque pas, en effet, dans ces immenses steppes battues par les vents et baignées de soleil. « La promotion de projets à faible émission de carbone est conforme à la stratégie de développement du Kazakhstan et aux engagements pris dans le cadre d’accords internationaux », a déclaré Meirzhan Yussupov, président de la Société Nationale d’Investissement du Kazakhstan (Kazakh Invest).
Il y a quelques jours, l’investisseur allemand Svevind Energy a signé un protocole d’accord avec Kazakh Invest en vue de développer ensemble un giga projet de production d’hydrogène vert, d’une capacité de 30 GW. Il devrait produire 3 millions de tonnes d’hydrogène par an. L’électricité sera fournie par des parcs éoliens et des champs photovoltaïques d’une puissance totale de 45 GW, érigés dans les steppes de l’ouest et du centre du pays. Rendez-vous compte : c’est l’équivalent de la puissance nominale d’une quarantaine de réacteurs nucléaires. Svevind pense qu’une telle montée en gamme est indispensable pour rendre l’hydrogène vert compétitif par rapport à sa fabrication par les énergies fossiles.
Gigantisme
Le gigantisme de l’opération apparaît encore plus clairement dans la comparaison avec d’autres projets d’hydrogène vert en cours de développement. NortH2, le projet éolien offshore que Shell et Eneco prévoient de construire dans la Mer du Nord au large da la Hollande pour alimenter une gigafactory de production d’hydrogène de 10 GW, est au moins trois fois plus « modique ». Le plus ambitieux projet d’hydrogène connu à ce jour, celui de l’Asian Renewable Energy Hub, dans l’ouest de l’Australie, ne vise « que » 14 gigawatts. C’est deux fois moins que les prétentions de Svevind et du Kazakhstan.
Et si l’on considère uniquement les capacités actuellement en service, la plus grande usine de production d’hydrogène est celle qu’Air Liquide a inaugurée en janvier de cette année au Québec. La puissance de son électrolyseur est de 20 MW. Faites-le calcul en sachant qu’un gigawatt égal 1000 MW : le projet de gigafactory kazakhe est donc… 1500 fois plus ambitieux. Enorme !
Exportation
Trois millions de tonnes d’hydrogène vert par an ! Le Kazakhstan n’a que faire d’une telle quantité. Le pays compte l’exporter vers les marchés lucratifs d’Europe et d’Asie. Une partie sera tout de même utilisée localement pour produire de l’acier, de l’aluminium et de l’ammoniac « carbon free ».
Sachez toutefois que les partenaires n’en sont encore qu’aux premiers balbutiements d’un simple protocole d’accord. Ils n’estiment que la phase de développement, comprenant la planification, le financement, les études et l’engineering s’étalera sur 5 ans. Ensuite la construction des parcs éoliens et solaires et de la gigafactory durera 5 années de plus. Il faudra donc attendre encore au moins 10 avant que le Kazakhstan n’exporte ses premières molécules d’hydrogène vert.
Le 3 Août 2021
Source web Par : revolution-energetique
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vendredi 6 août 2021
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