Najia Ounassar : “Nous tenons à tirer la sonnette d’alarme sur l’urgence à sauver les structures et les emplois”
Présidente de l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA).
Dans cet entretien, Najia Ounassar, présidente de l’Association de l’industrie hôtelière revient sur la situation du tourisme à la destination Agadir, notamment l’impact du contexte actuel de la pandémie sur le tourisme, le manque de visibilité, le faible taux d’occupation enregistré et l’appui au secteur.
Au moment où les professionnels s’attendaient à une reprise touristique, le contexte pandémique actuel a chamboulé la situation. Comment qualifiez-vous cette saison d’été ?
Les chiffres de la pandémie étaient au vert et de réels assouplissements sur les restrictions sanitaires ont été instaurés juste avant la saison estivale avec, entre autres, l’ouverture des frontières, le 15 juin 2021. De plus, une grande campagne de communication a été lancée par l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en faveur du tourisme interne, alors que des mesures ont été mises en place pour faciliter le retour des Marocains résidents à l’étranger (MRE). Parallèlement, et malgré les difficultés financières des hôtels, ils se sont mobilisés pour rouvrir leurs établissements et renforcer les mesures sanitaires à l’intérieur de leurs structures d’hébergement. Certes, on s’attendait à une reprise touristique du moins avec le tourisme interne, loin bien sûr de ce qu’elle était avant la pandémie mais tout de même avec un bon début, mais malheureusement, la reprise tant attendue ne s’est pas déclenchée.
Après l’instauration des récentes mesures sanitaires, est-ce que les professionnels disposent de visibilité par rapport à la situation actuelle ?
L’instauration des récentes mesures sanitaires est compréhensible car le nombre des contaminations a rapidement flambé mettant en danger la santé et la vie des citoyens. Dans ce sens, nous comprenons la mise en place de ses mesures et nous les respectons bien évidemment, car nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de nos clients et nos employés. Actuellement, personne ne dispose réellement d’une visibilité sur ce contexte de pandémie. La seule visibilité dont nous disposons aujourd’hui, c’est que le tourisme ne reprendra pas de sitôt même si au Maroc tout est mis en œuvre pour accélérer la vaccination. Au niveau mondial, on parle d’une reprise totale du tourisme en 2025 voir en 2026, cela donne une idée sur le long chemin à parcourir.
La Covid-19 a ramené le tourisme à Agadir 40 ans en arrière. Pour la seconde année consécutive, quelles sont les retombées de cette situation sur le secteur ?
Au niveau d’Agadir nous avons perdu presque 1/3 de notre capacité litière avec 3.000 lits fermés définitivement et près de 6.000 lits qui sont toujours fermés à aujourd’hui et c’est autant en perte d’emplois. Sans oublier les grandes difficultés financières chez les professionnels, toutes filières confondues avec des charges qui s’accumulent depuis 16 mois. Pour vous donner une idée sur le taux d’occupation du mois de juillet, la destination Agadir n’a enregistré que 30%. Bien évidemment, c’est loin d’être suffisant pour amortir le choc de la pandémie sur le secteur. De surcroît, les dégâts risquent malheureusement de s’amplifier pour cette 2e année de pandémie. C’est pourquoi, nous tenons à tirer la sonnette d’alarme sur l’urgence à sauver les structures et les emplois qui sont actuellement à l’agonie, toutes filières confondues, bien que nous croyions toujours à la reprise du tourisme. Toutefois, l’activité reprendra petit à petit, peut-être à partir du 2e semestre 2022, mais le secteur devra impérativement être accompagné et soutenu par le gouvernement pour tenir jusque-là.
À votre avis, quelles sont les mesures qu’il faut apporter à la chaîne de valeurs qui est actuellement sinistrée ?
L’urgence est la reconduction de l’indemnité forfaitaire de la CNSS de 2.000 DH, pour sauver les emplois. Pour sauver les structures et les accompagner pour se préparer à la reprise, il faut prévoir des moratoires pour les taxes locales et notamment la taxe professionnelle, le rééchelonnement de la dette bancaire ainsi que celui des charges sociales. Ce sont des mesures urgentes à mettre en place car il en va de la survie du secteur.
Qu’en est-il de la situation des flux internationaux surtout avec la programmation de la base aérienne de Ryanair ?
Les flux internationaux n’échappent pas aux aléas de la pandémie, fermeture et ouverture des frontières, restrictions de voyage, mesures sanitaires avec des confinements à l’arrivée… Nous fondons beaucoup d’espoir sur cette base aérienne pour le tourisme de notre région et son lancement a été fait dans le cadre de la reprise cet été. Nous espérons une amélioration de la situation sanitaire rapidement au niveau mondial pour que Ryanair continue à opérationnaliser sa programmation.
Le 11/08/2021
Source web Par : leseco
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lundi 16 août 2021
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