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Table ronde autour des Festivals au Maroc Le ministère de la Culture accueille les acteurs du secteur

Table ronde autour des Festivals au Maroc  Le ministère de la Culture accueille les acteurs du secteur

Festival national des Arts populaires, l'un des plus anciens et des plus prestigieux au Maroc.

À travers cette table ronde, le ministère de la Culture a l’intention de mettre en place un guide de bonnes pratiques pour l’organisation des festivals selon des indicateurs fiables et performants adaptés aux nouvelles exigences de la scène culturelle et répondant aux principes de la bonne gouvernance. En évoquant la cartographie des festivals du ministère de la Culture (qui sont au nombre de 24), l’allocution du ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi, lue par le secrétaire général, Mohamed Lotfi Mrini, a mis l'accent sur la faiblesse du contenu de certains événements, l’organisation simultanée de plusieurs d’entre eux, ainsi que sur le déséquilibre de leur répartition.Dans le but de redorer le blason de ces festivals, le ministère entend élaborer un nouveau modèle de gestion et de programmation. D’où la sollicitation d’acteurs culturels professionnels, dont les événements connaissent un rayonnement national et international, notamment les festivals des Musiques sacrées, Timitar d’Agadir, puis L’Boulvard de Casablanca, afin de tirer profit de leurs expériences respectives. Ce dernier ayant constitué une bouffée d’oxygène pour tous les jeunes qui n’avaient pas un espace pour s’exprimer. Mais, comment ces festivals ont-ils pu arriver à cette notoriété ? Faouzi Skali a été on ne peut plus clair là-dessus en expliquant qu’«un festival doit avoir un concept, une âme et un objectif, c’est-à-dire une stratégie et une politique culturelle, puis une liberté d’exercice. Il y a le cumul des années et des expériences qui joue, aussi, un rôle dans la promotion de l’événement». Adil Saâdani le rejoint dans sa réflexion, tout en ajoutant qu’il faut d’abord savoir pourquoi on organise une manifestation.«Il faut avoir une culture d’évaluation sur l’événement et ce qu’on veut obtenir à travers sa réalisation. Est-ce un événement d'une portée culturelle, touristique, de développement ou pour donner une image positive sur le Maroc ?» Il a été aussi catégorique quant à l’ouverture d’un chantier de formation pour les jeunes, afin de ne plus avoir recours aux étrangers dans nos festivals. «Nous devons assurer des formations à nos jeunes dans les domaines artistique, technique, administratif et communicatif. Les festivals professionnels et le ministère de la Culture doivent constituer une niche pour ces jeunes. Ce qui participera à créer des emplois pour eux». Les festivals du ministère peuvent en bénéficier en premier lieu, vu les contraintes qu’ils rencontrent dans l’organisation, en l’absence d’une équipe permanente travaillant toute l’année sur la programmation et la promotion de ces manifestations. Sachant que nombre d’entre elles, comme l’ont souligné Jaouad Mestari et Azzedine Karra, drainent un grand public local. Mais, n’arrivent pas à avoir le rayonnement souhaité. D’où l’importance de cette rencontre où la réflexion et l’échange avec les autres acteurs culturels pourront développer une nouvelle approche dans la gestion et la programmation de ces festivals.


Questions à : Brahim El Mazned Spécialiste des événements d’ordre culturel et artistique et directeur artistique de Timitar

«Il faut lancer plusieurs chantiers de formation»

Quelle est, d’après vous, la portée de cette rencontre des directeurs des festivals ?
Réunir deux types d’acteurs culturels est une très bonne chose qui peut se développer à l’avenir. Cette première rencontre nous a permis d’échanger les idées, les expériences et notre façon de faire. Ce qui peut aider à faire évoluer l’organisation de ces manifestations au Maroc et à avoir un agenda clair, car souvent, il y a des dates qui se chevauchent. Comme il est essentiel aujourd’hui d’installer d’autres rendez-vous culturels, sachant que les artistes ont du mal à vivre avec le piratage. Donc, leur seul refuge, ce sont ces manifestations artistiques.

Que proposez-vous pour gagner du temps et tirer plus profit de ces rencontres ?
Cette fois-ci, nous avons surtout fait connaissance à travers nos événements. Dorénavant, il faut lancer plusieurs chantiers pour accompagner les jeunes managers culturels, les futurs directeurs des festivals et d’autres acteurs de la culture. Car ce domaine évolue d’une manière rapide. Il est donc essentiel que la formation soit au cœur de l’événementiel, surtout le travail sur le territoire pour explorer des zones où il ne se passe pas grand-chose, avec l’implication effective des politiques, notamment les collectivités. Il y a un certain nombre de régions où rien ne se passe : cela se répercute sur leurs artistes et leurs populations. La culture doit être notre préoccupation fondamentale, parce que c’est un vecteur économique majeur. On a tout à gagner à favoriser l’épanouissement du citoyen, la créativité, l’engouement populaire et à créer les ressources financières pour les artistes.

Que retenez-vous de cette journée ?

J’ai vu à quel point le ministère était attaché au patrimoine immatériel et aux traditions populaires du Maroc qui ont besoin d’avoir des rendez-vous annuels. Ce sont des choses positives. J’ai découvert aussi le festival des Arts de la rue à Fès. Mais je pense qu’il faut absolument tabler sur la formation. Ces gens qui travaillent sur ces festivals sont certainement passionnés, mais ont besoin d’être encadrés. Le monde de l’événementiel a évolué d’une façon importante, il faut suivre le mouvement, et l’implication politique est nécessaire pour accompagner la gestion culturelle du ministère.

Questions à : Faouzi Skali Anthropologue, spécialiste des sciences des religions et directeur du Festival des Musiques sacrées du monde

«La culture, c’est tout un marché de métiers très rentable»

Dans quelle mesure cette initiative du ministère de la Culture pourra-t-elle être bénéfique pour nos festivals ?

C’est une bonne chose d’avoir pensé à réaliser cette rencontre à temps pour pouvoir en tirer profit dans les prochaines éditions. Tout le monde sent aujourd’hui que ce cumul d’expériences, que ce soient celles du ministère ou des autres acteurs culturels, doit développer un vrai produit pour renouveler la création au Maroc et lui donner une portée innovatrice.

Nous savons tous qu’à une certaine époque, il y a eu un foisonnement de créations à tous les niveaux : musical, théâtral, plastique… Donc, les festivals doivent travailler dans sens, c’est-à-dire ne pas se limiter à offrir des spectacles, mais aussi contribuer à la création de nouveaux produits, à travers des œuvres culturelles collectives. C’est ça l’objectif. Que le Maroc ait une vraie politique culturelle. Rien ne peut mieux marquer le positionnement d’un pays, son image, le lien social entre ses différents membres que la présence de l’impact culturel.

Quels résultats peut-on en obtenir immédiatement ?

Je crois que le fait d’organiser une journée d’étude pour les festivals et de réunir tous ces gens-là d’une manière bien réfléchie, puis de continuer à faire ces rencontres sur le long terme ne peut qu’être fructueux et permettra des échanges et des discussions fécondes pour tous. Par exemple, nous, en tant que festival, nous cherchons des jeunes formés dans le théâtre, la technique, la scénographie, la régie…

Le ministère peut nous en fournir par le biais de l’Isadac.

La culture, c’est tout un marché de métiers qui est très rentable. Il faut seulement faire les choses d’une manière professionnelle. Ceci sans parler des répercussions sur la société.
Car un festival, s’il est professionnel, fait travailler les gens durant toute l’année. Ce sont des débouchés que nous assurons tout en offrant de la bonne culture.

Quel est le secret du rayonnement d’un festival ?

Un festival pour qu’il ait un rayonnement, il faut qu’il apporte une force.
Et la force, ça se travaille, ça se réfléchit, à travers une programmation très forte et une équipe de spécialistes.
Le défi culturel joue un rôle important dans le développement d’une société.

31 décembre 2013 –SOURCE WEB Par Ouafaâ Bennani, LE MATIN

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