Programme de développement régional Touristique (P D R T)

Programme de développement régional Touristique (P D R T)

Un projet ambitieux

La « renaissance » des actions cohérentes, coordonnées du Conseil Régional du Tourisme de Guelmim - Es Smara a sonné comme un détonateur, pour la région et ses cinq provinces, réveillé les esprits, encouragé les initiatives. Le CRT de Guelmim – Es Smara, s’est attelé à concevoir une feuille de route, à partir d’un état des lieux, des définitions nationale et régionales, verticales comme horizontales, ébauche de ce que sera le futur Programme de Développement Régional Touristique de la Région (P D R T). Cette feuille de route devait identifier les projets et mettre en avant les nombreux points forts de la région et les leviers à actionner pour conduire une politique touristique à court, moyen et long termes et faire en sorte que le tourisme joue le rôle d’entraînement économique pour toute une région. Aujourd’hui, on peut dire que ce PDRT est pratiquement finalisé : il a reçu l’aval de l’ensemble des élus locaux et l’approbation du Wali de la Région, des gouverneurs des provinces. Il ne reste plus qu’à le faire approuver par le ministère du Tourisme et les autres départements concernés.

Le principe retenu par ce programme repose pour l’essentiel sur le principe qu’ « il ne faut pas regarder seulement vers la mer et tourner le dos au désert ». Les projets de « Plage Blanche » pour

Guelmim, « Oued Chbika » pour Tan Tan, « Alliances » pour Foum Oued Dràa et El Ouatia sont, certes, de grandes réalisations, projets structurants, mais, et encore plus du fait de la crise actuelle, la politique touristique qui doit être conduite dans cette région, ne doit pas se limiter à ce « Waterfront » qui sans aucun doute sera l’un des catalyseurs du développement de la région, et l’une de ces facettes. Ce développement ne peut s’exclure du contexte de l’arrière pays et se priver ainsi des synergies potentielles qu’il recèle pour favoriser l’arrivée de nouveaux investisseurs vers cette destination dont ils ignoraient l’existence. Valoriser les potentiels naturels de la région, créer des emplois et réaliser un équilibre régional en matière de développement touristique et économique de l’ensemble des Provinces de la Région, voila le principal objectif et ce conformément aux grands axes de la politique d'aménagement du territoire. Tels sont les objectifs parmi d'autres retenu par l'Accord Cadre et l’Accord d'Application obtenu auprès des élus du Conseil de la Région par le CRT.

Le PDRT de Guelmim –Es Smara s’inscrit dans cette vision et cette dynamique par laquelle le développement touristique, à hauteur de (40% pour conserver un équilibre fiable) entraînera et provoquera les investissements de structuration, d’accompagnement nécessaires à un développement économique équilibré, intégré et socialement assimilé pour cette région Sud. Le PDRT prévoit que, dans le cadre de ce programme, des villes nouvelles pourraient sortir de terre, afin de répondre aux normes d’aménagement du territoire.

 A cette fin il convient de se focaliser sur les produits à retombées locales, l'objectif étant l’identification d’un ensemble de niches qui possèdent leur originalité, une identité particulière bien définie, et la réhabilitation, la valorisation optimales de leurs richesses naturelles, culturelles et civilisationnelles à des fins touristiques.

Ainsi, le C R T est il en phase actuelle de recenser les sites touristiques, culturels, architecturaux, archéologiques, et les potentiels humains de chaque province. A ce jour 36 sites ont été recensés, l’objectif étant d’arriver à plus d’une centaine fin 2009, et 200 à 300 pour 2012.

Les travaux, démarches et plans actions du CRT ont permis de programmer le recensement de ces sites, mais aussi et surtout de réaliser la pose d’une signalétique pour guider les pas des visiteurs qui partiront à leur découverte. La Crise étant là, interrogateur le C R T, pose la problématique de la prise en compte de grands projets en parallèle à ceux retenus par le PDRT :

-c’est ainsi que dans le cadre de l’intégration de cette nouvelle région, nouvel outil touristique Marocain, et afin de se démarquer et construire un tourisme nouveau d’attrait aussi bien national, qu’international, que le CRT souhaite en synergies avec les autorités concernées, identifier un nouvel axe de tourisme Oasien formant équilibre au tourisme balnéaire et créant une véritable vocation à sa région dans les traditions ancestrales des routes des Oasis et des déserts. En serpentant de Guelmim, Tata à Figuig, à travers les oasis autour des desquels viendront se loger des gîtes, maisons d’hôtes et auberges, mais aussi l’immobilier résidentiel et touristique intégré. La création d’une ceinture verte tout le long de cet axe des chaînes Bani et Atlas, viendrait prolonger l’équilibre éco social apporté par ce développement. Cette opération s’inscrirait également dans le cadre d’une action nationale environnementale à mener en parallèle à la réalisation des hôtels et structures d’accueil permettant ainsi de re dynamiser une zone qui représente l’équivalent de 8 millions d’ha en unités carbone.  Un programme de 4,5 milliards d’euros Reste trois grands problèmes à surmonter, celui de l’électricité celui de l’eau et surtout celui de la formation. Problèmes tout à fait surmontables, du moins si l’on en croit les responsables du CRT. Pour la production de l’énergie, vent et soleil étant présents à profusion, doivent être envisagées les constructions de parcs éoliens et d’immenses stations solaires.

En concordance avec les nouvelles dispositions et textes mis en place à l’échelon national, l’avantage de la formule, serait de permettre de fournir de l’électricité à la région, et pourquoi pas pour la région d’avoir l’ambition d’en vendre une grande partie à des pays tiers. Concernant l’eau, denrée plutôt rare, la solution se trouve dans la désalinisation de l’eau de mer et des nappes fossiles, avec les mêmes types de sources de production d’énergie.

Pour tenir compte du particularisme de cette région, une technopole spécialisée aux problématiques des pays arides et semi arides est envisagée, ainsi qu’un ensemble d’instituts identitaires à la région.

Le CRT a-t-il les moyens des ambitions de son PDRT ?. Il l’a fait valider par les élus qui partagent cette volonté de développement éco social avec plans d’actions annuel et quinquennal qui permettront de réaliser le suivi et le soutien à ces actions. Ce grand programme qui s’étalerait sur la période 2008-2020 représente un coût estimé à 4,5 milliards d’euros, dont 40% sont touristiques et 60% pour les réalisations structurantes et conséquentes à cette volonté de développement. Mais il ne s’agit pas d’un investissement sans retour puisqu’une partie sera compensée par la vente de l’énergie, l’autre par les recettes générées par le tourisme, par le développement éco - social.

Partant du principe que les Iles Canaries reçoivent annuellement 14 millions de touristes, qu’elles se trouvent à

proximité de cette région et à 30 minutes d’avion des oasis, on peut raisonnablement imaginer et supposer en capter 1

million si les produits de niche revalorisés ont l’authentique originalité du « jamais vu nulle part ailleurs ».

Enfin, il y a la partie artisanale, génératrice de profits sociaux : 1 million de visiteurs par an représente au bas mot 5 millions d’objets. Ici se pose le problème de la formation puisqu’il faudra former des artisans, ceci sous-entendant la formation de formateurs en gardant en mémoire que nous sommes dans une région nomade qui tient jalousement à sa propre culture mais en transmet de moins en moins les authentiques savoir faire.

Pour résoudre cette problématique, la formation doit être menée sur place et s’opérer dans des écoles in situ, harmonieusement réparties entre les provinces de la région.

« Passer de l’idée à l’exécution, faire partager les idées et les construire », tel a été jusqu’à ce jour le mot d’ordre qui préside aux destinées du CRT. N’oublions pas que, dans cette région, le tourisme est balbutiant. Aussi, l’action première aura été de faire prendre conscience aux élus, aux notables, à la population locale de l’intérêt de ces grands projets, qui génèrent des formations, des emplois et représentent donc un devenir pour leurs enfants  d’une part,

- que les succès et réalités de ces effets de développement ne seront possibles que si toute la région s’y retrouve entièrement identifiée, d’autre part.

Pour le CRT, il ne s’agit pas seulement des grands projets, mais aussi de gros enjeux et de grands défis. La partie est tout à fait « jouable » et rien ne s’y oppose, du moment que le Conseil de la Région et donc les élus, les autorités, y ont totalement souscrit.

SOURCE : WEB