AUTO ENTREPRENEURS MAMOUN BOUHDOUD DONNE DES GAGES

AUTO ENTREPRENEURS MAMOUN BOUHDOUD DONNE DES GAGES

 UN CHANTIER PRIORITAIRE POUR LE MINISTRE
BARID AL MAGHRIB MOBILISERA LA FORCE DE SON RÉSEAU
DÉCRETS D’APPLICATION: «J’AI LA VOLONTÉ D’ALLER VITE»

Mamoun Bouhdoud, ministre délégué chargé des Petites entreprises et de l’Intégration du secteur informel: «Je le dis donc de manière claire: ce projet est celui du gouvernement Marocain, il est porté par l’exécutif»
- L’Economiste: Comment comptez-vous accompagner le déploiement du dispositif d’auto-entrepreneurs?
- Mamoun Bouhdoud: Ce statut a été conçu autour d’un principe fondamental: la simplicité.  Au niveau stratégique, l’ANPME dirigera le comité national des auto-entrepreneurs. De manière opérationnelle, Barid Al Maghrib met à disposition des auto-entrepreneurs la force de son réseau et son maillage territorial pour assurer la proximité à travers un guichet unique qui sera mis en place dans les agences. En bref, l’auto-entrepreneur ira muni de sa CIN à la Poste la plus proche et obtiendra son identifiant unique. Le reste sera entièrement dématérialisé. J’insiste sur le fait que ce partenariat est avec Barid Al Maghrib et non avec Barid Bank comme j’ai pu le lire dans certains médias. L’auto-entrepreneur peut ouvrir un compte dans la banque qu’il souhaite. Ce sera la libre concurrence entre les banques pour capter cette nouvelle cible.
- Avez-vous intégré le risque de distorsion de la concurrence  vis-à-vis d’entreprises qui seraient soumises à des régimes fiscal et/ou social différents de celui de l’auto-entrepreneuriat?
- C’est justement parce qu’il y avait un vide juridique que nous avons créé ce statut. Si ces entrepreneurs pouvaient s’inscrire dans un autre régime attractif, il l’aurait déjà fait. De plus, les seuils ont été pensés de manière à ne pas empiéter sur les autres régimes. Quant à parler de distorsion fiscale, l’effet attendu est tout à fait inverse puisque nous procédons de facto à un élargissement de l’assiette en incluant des centaines de milliers d’unités unipersonnelles.
- Quel agenda pour les décrets d’application ?
- J’ai la volonté d’aller vite car nous n’avons plus de temps à perdre. Les décrets arriveront dans la foulée. J’ai la conviction que le premier auto-entrepreneur s’inscrira en 2015.
- Le  véritable enjeu n’est pas tellement de créer des entreprises mais plutôt des entreprises pérennes et solides. Quelles garanties apportez-vous contre le risque «d’auto-entrepreneuriat précaire»?
- Pour avoir une entreprise solide, il faut des entrepreneurs solides qui n’ont pas peur de prendre des risques et n’ont pas la hantise de l’échec. Or notre pays, comme vous le savez, refuse aux entrepreneurs l’échec, alors que les Etats-Unis, par exemple, valorisent les expériences ratées car ils estiment que la courbe d’expérience augmente de manière exponentielle.
Ce statut offre justement la possibilité de tenter l’aventure et d’échouer sans complexe, sans risques, et sans opprobre. Le domicile de l’auto-entrepreneur est, dans tous les cas, insaisissable. Si l’initiative est un échec, il suffit de demander une simple radiation du registre national des auto-entrepreneurs. Au Maroc, fermer une entreprise est un véritable parcours du combattant. Ces auto-entrepreneurs seront la pépinière, l’antichambre des entreprises pérennes de demain. Les meilleures auront vocation à grandir et devenir des PME.
- Plusieurs parties vous disputent la paternité du projet.
. c’est loin de rassurer sur les impératifs de transversalité qu’exigerait pareil  dossier?
- «La défaite est orpheline, la victoire a mille pères». J’ai vu comme vous nombre de professionnels de la récupération reprendre à leur compte la paternité de ce projet juste après l’adoption en plénière. Certains d’entre eux ont assisté à un ou deux comités de pilotage mais leur apport se limite à cela. Pire, d’autres acteurs ont même contribué à ralentir le projet en intervenant de manière désordonnée dans les médias alors même que nous discutions des points sensibles avec les partenaires sociaux ou d’autres parties prenantes. Je le dis donc de manière claire: ce projet est celui du gouvernement marocain, il est porté par l’exécutif. Je tiens à ce titre à rendre hommage aux équipes  de l’ANPME et du ministère de l’Industrie qui ont fait un travail remarquable cette année. Ils ont rendu ce projet possible aujourd’hui et fait que ce ne soit pas un véhicule d’autopromotion, mais un outil pour les auto-entrepreneurs.
- Vous avez  introduit un régime fiscal pour l’auto-entrepreneur dans la loi de Finances 2014.  Le projet de statut a franchi  la Chambre des représentants un an après seulement. Certains attribuent cette réforme en deux temps à des batailles de territoire entre ministères…
- C’est justement pour ne pas perdre une année que l’on a réglé les aspects fiscaux dans la loi de Finances 2014. Il n’y a aucune bataille de territoire, mais il y a parfois des divergences d’opinion et c’est sain pour faire avancer le débat. C’est tout le gouvernement qui porte ce projet, et ses utilisations sont transverses, par exemple au niveau de l’artisanat. C’est un projet de rupture, une véritable révolution silencieuse et  je mettrais toute mon énergie à en faire un succès.
9 Décembre 2014
SOURCE WEB PAR M. B. L’ECONOMISTE

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