Tourisme Les recettes en souffrance

Tourisme Les recettes en souffrance

Elles reculent de 6,8% à fin juin
La situation du secteur inquiète Boussaid

Le marché français demeure sensible à la situation sécuritaire dans la région. Les réservations des TO français plongent. Road show, éductours…la tutelle met le paquet sur la communication pour renverser la tendance

Ce n’est pas un scoop: la conjoncture touristique est mauvaise. Mais lorsque c’est le ministre des Finances, Mohamed Boussaid, qui en fait écho devant la Commission des Finances, au Parlement, la situation prend des relents de crise. Devant l’organe parlementaire, le ministre – qui a lui-même eu à gérer ce portefeuille – a effectivement abordé la difficile situation conjoncturelle du secteur, notamment sur le segment de l’attractivité aux arrivées étrangères. Une polémique, opposant professionnels et institutionnels, en l’occurrence, a très vite pris forme autour de cette intervention. Le département des Finances n’a pourtant pas eu tort. A fin juin, les recettes voyages  ont plongé de 6,8% pour s’établir à quelque 24,3 milliards de  DH, contre 26,1 milliards de DH une année auparavant. Une situation qui risque de ne pas être sans effets sur la croissance prévisionnelle du secteur touristique. Elle s’accompagne d’une baisse constante des arrivées. Les chiffres de juillet ne sont pas encore arrêtés mais les six premiers mois de l’année donnent déjà une idée significative sur ce point. L’année 2015 ne sera certes pas la meilleure pour la destination. De janvier à mai déjà, «nous avons enregistré, globalement, une baisse de 1,1%», expliquait Abderrafie Zouiten, le directeur de l’Office national marocain du tourisme (ONMT).

Evidemment, la baisse des arrivées en provenance de la France, premier marché émetteur pour la destination marocaine, est parmi les facteurs de cette contre-performance. Les flux en provenance de l’Hexagone se sont contractés de «-7% au terme des six premiers mois de l’année, en comparaison avec la même période en 2014 », selon les dernières actualisations de l’ONMT. Ce chiffre est de -4% rien que pour le mois de mai. Chez les voyagistes français du Syndicat des entreprises du tour operating (SETO), en l’occurrence, le trend est beaucoup plus alarmant. Dans son baromètre semestriel, l’organisme professionnel (novembre 2014 à mai 2015), constate que le Royaume, une des destinations star des TO français, a perdu plus de 30% de sa clientèle sur une variation annuelle. Mais auprès de l’ONMT, il n’y a pas de quoi paniquer sur ces chiffres. «La part des opérateurs dans le global des arrivées françaises pour le Maroc ne dépasse pas 10%. L’activité via les Tours opérateurs est passée de 525.000 clients en 2005 à 265.000 clients en 2014», explique le patron de l’ONMT. Le responsable vient d’ailleurs de conduire une importante délégation à Paris pour rencontrer les voyagistes français et relancer la destination Maroc auprès de leur clientèle.

Ce n’est pas uniquement sur les recettes et les arrivées que la pression se situe. Le tourisme n’est même plus parmi les zones d’investissement privilégiées du Royaume. «L’analyse de la structure des IDE montre un basculement vers les activités industrielles, au détriment des activités traditionnellement dominantes comme l’immobilier et le tourisme, indique-t-on dans la dernière note de conjoncture de la Direction des études et prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances. Rien d’étonnant si l’on sait que plus 40% des 18 milliards de DH d’encours en crédits bancaires octroyés au tourisme, sont en souffrance. Ce chiffre est 2,5 fois supérieur à celui des autres secteurs d’activité. Le secteur pèse ainsi près de 20% des crédits en difficulté.

 Le tourisme interne en palliatif

A défaut de briller en attractivité sur les marchés étrangers, la destination Maroc mise sur le tourisme interne pour compenser la baisse des arrivées internationales. Le ministère du Tourisme vient de rendre public le schéma de régionalisation des vacances qui vise, entre autres objectifs, à augmenter le volume de l’activité touristique interne (arrivées et nuitées) de 3 à 5% par an entre 2016 et 2020. Ce plan devrait aussi atténuer la forte saisonnalité de ce segment, avec un gain de 30 jours d’activité touristique.

Côté chiffres, le tourisme interne a représenté 27% des nuitées dans les établissements d’hébergement classés en 2014, pour un chiffre d’affaires d’environ 30 milliards de DH. Le segment pèse 186 millions de nuitées dans l’hébergement marchand et non marchand.

Le 06 août 2015
SOURCE WEB Par  L’économiste

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